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Couverture spéciale de la révolte en Syrie - Révolte

Les Frères musulmans syriens accepteraient une « intervention » turque

La répression meurtrière se poursuit en dépit d’un ultimatum arabe ; les appels au départ d’Assad se multiplient.

Le leader en exil des Frères musulmans syriens, Mohammad Riad Shakfa, a affirmé hier à Istanbul que les Syriens seraient prêts à accepter une « intervention » turque en Syrie pour protéger la population des violences commises par le régime de Damas. « Le peuple syrien acceptera une intervention (en Syrie) venant de Turquie, plutôt que de l’Occident, s’il s’agit de protéger les civils », a ainsi déclaré M. Shakfa lors d’une conférence de presse, en réponse à une question sur les moyens pour la communauté internationale de soutenir l’opposition syrienne. « Nous pouvons avoir besoin de demander davantage de la Turquie car c’est un voisin », a-t-il également dit, sans s’étendre sur la nature de l’intervention que la confrérie pourrait considérer comme acceptable.
Le quotidien progouvernemental Sabah a rapporté hier que le Conseil national syrien (CNS), regroupant l’opposition syrienne dont les Frères musulmans, avait demandé à la Turquie qu’elle établisse une zone d’interdiction de vol le long de sa frontière, côté syrien, pour protéger la population syrienne. Interrogé sur ces allégations, Mohammad Farouk Tayfour, responsable politique des Frères musulmans et membre du CNS, a refusé de s’exprimer, indiquant seulement avoir discuté avec plusieurs gouvernements de « tous les moyens possibles » pour arrêter les violences. Les Frères musulmans sont en principe hostiles à une intervention étrangère armée en Syrie, a rappelé M. Tayfour. Mais « si une intervention étrangère a lieu, ce sera la faute de ce régime. (...) À partir de ce point, toute la responsabilité retombera sur le régime dictatorial de la Syrie », a-t-il poursuivi.
M. Shakfa a appelé la communauté internationale à accentuer l’isolement du régime de Damas en rappelant ses diplomates. Interrogé sur l’attaque mercredi par des militaires dissidents, « l’Armée syrienne libre », d’un centre des services secrets syriens, M. Shakfa a refusé de désavouer cette action. « Nous avons toujours dit que la révolution doit être civile et pas militaire et nous nous y tenons, mais cette attaque avait pour but de protéger la population », a déclaré le leader, qualifiant les militaires dissidents « d’hommes d’honneur ».
Sur le terrain, le régime syrien a persisté hier dans la répression meurtrière de la contestation populaire, malgré l’ultimatum de la Ligue arabe qui lui a donné jusqu’à samedi pour cesser les violences sous peine de sanctions économiques. En outre, le pouvoir à Damas n’a pas encore réagi aux injonctions arabes. Le ministre marocain des Affaires étrangères, Taib Fassi Fihri, a pour sa part déclaré espérer une réponse favorable et rapide de la Syrie à une proposition d’envoyer 500 observateurs d’associations arabes des droits de l’homme, de médias et d’observateurs militaires pour s’assurer de la sécurité des civils dans les zones sensibles.
Les opérations de ratissage, les perquisitions et la traque de militants par les troupes du régime ont fait huit morts dont deux enfants, selon l’Observatoire syrien de défense des droits de l’homme (OSDH) et les Comités locaux de coordination (LCC), un groupe qui chapeaute les contestataires. Ces nouvelles victimes sont tombées à Idleb, Homs et Deir ez-Zor. À Idleb également, des militaires dissidents ont lancé des roquettes RPG sur un siège de la jeunesse du Baas, où étaient réunis des membres de la sécurité, a précisé l’OSDH sans faire état de victimes. Des dizaines de personnes ont été arrêtées dans de nombreuses villes, selon les militants. Par ailleurs, neuf activistes arrêtés il y a quatre mois ont été déférés devant la justice et accusés de tentative de renversement du régime et d’appel à des manifestations, a déclaré leur avocat. Et, comme chaque semaine, les opposants au régime ont appelé à une nouvelle journée de manifestations aujourd’hui, intitulée « Vendredi de l’expulsion des ambassadeurs », en référence aux responsables du gouvernement qu’ils qualifient « d’ambassadeurs du crime » et au fait que des partisans de M. Assad ont multiplié les violences contre des ambassades ces derniers jours.
Parallèlement, Rifaat el-Assad, l’oncle de Bachar, a déclaré hier sur l’antenne de LCI que ce dernier doit quitter rapidement le pouvoir pour éviter à la Syrie de sombrer dans la guerre civile, mais doit être autorisé à rester dans son pays parce qu’il n’est pas responsable des troubles. « C’est une condition nécessaire », a-t-il déclaré. Cet appel a été relayé par la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, qui s’exprimait depuis Moscou et a estimé qu’il était « temps pour le président Assad de démissionner ». Elle a invité le chef de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, à participer à la prochaine réunion ministérielle de l’UE – le 1er décembre – pour coordonner les pressions sur la Syrie, l’UE ayant déjà imposé une série de sanctions économiques contre Damas. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a, lui, reproché à la communauté internationale de ne pas s’élever assez fermement contre la répression. « Il semble que la Syrie ne soit pas suivie par la communauté mondiale avec l’attention et la sensibilité qu’elle mérite parce qu’elle n’est pas suffisamment riche en ressources énergétiques », a déclaré M. Erdogan.
Enfin, le chef radical chiite irakien Moqtada Sadr a fait part hier de sa solidarité avec la cause des « révolutionnaires » syriens, tout en saluant l’opposition du président Assad aux États-Unis et à Israël et appelant à son maintien au pouvoir.

 

(Sources : agences et rédaction)

Le leader en exil des Frères musulmans syriens, Mohammad Riad Shakfa, a affirmé hier à Istanbul que les Syriens seraient prêts à accepter une « intervention » turque en Syrie pour protéger la population des violences commises par le régime de Damas. « Le peuple syrien acceptera une intervention (en Syrie) venant de Turquie, plutôt que de l’Occident, s’il s’agit de protéger les civils », a ainsi déclaré M. Shakfa lors d’une conférence de presse, en réponse à une question sur les moyens pour la communauté internationale de soutenir l’opposition syrienne. « Nous pouvons avoir besoin de demander davantage de la Turquie car c’est un voisin », a-t-il également dit, sans s’étendre sur la nature de l’intervention que la confrérie pourrait considérer comme acceptable.Le quotidien progouvernemental...