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À La Une - Damas

L'opposition syrienne crée un conseil militaire

Pour la première fois en 8 mois de crise, les services secrets pris pour cible par "l'Armée syrienne libre" à quelques heures d'une réunion de la Ligue arabe.

Le colonel dissident Riad el-Assad. Photo Reuters

L'"Armée syrienne libre", force d’opposition armée fondée par le colonel déserteur, Riad el-Assad, a annoncé mercredi la création d'un conseil militaire provisoire pour faire tomber le régime du président Bachar el-Assad.
L'ASL annonce dans un communiqué "la création par l'Armée syrienne libre d'un conseil militaire provisoire pour répondre aux nécessités de la phase actuelle et de la révolution syrienne". Le conseil est dirigé par le Assad, qui s'est réfugié en Turquie et qui avait annoncé en juillet la création de l'ASL, ajoute le texte. Le conseil comprend en outre quatre colonels, trois lieutenants-colonels et un commandant.
Il aura pour mission de veiller à la mise en œuvre des "objectifs de l'Armée, soit faire chuter le régime actuel, protéger les biens publics et privés et empêcher l'anarchie dès la chute du régime ainsi que tout acte de vengeance", selon le communiqué.

Chargé des opérations militaires et du maintien de la sécurité, ce conseil militaire œuvrera également à équiper, organiser, armer et entraîner l'ASL et prendra ses décisions à la majorité des deux tiers.
Le conseil, selon le communiqué, envisage d'instaurer une cour militaire pour la révolution qui aura pour tâche de juger les membres du régime impliqués dans des meurtres et des agressions contre la population ou des sabotages de biens publics ou privés notamment.

 

Peu avant cette annonce, l'ASL a mené une attaque contre un centre des services secrets syriens, près de Damas, une première en huit mois de contestation contre le régime.
"L'Armée libre a frappé avec des roquettes et des grenades RPG le quartier général des services de renseignements aériens situé à l'entrée de Damas", ont expliqué dans un communiqué les Comités locaux de coordination (LCC), une organisation de l'opposition qui coordonne les manifestations sur le terrain contre le régime syrien. Les militants, qui ont joint au texte un plan de l'attaque, ont indiqué que les prisonniers détenus par les services secrets "allaient bien", mais que leur opération n'avait pas permis leur libération.


"Des explosions ont secoué Zamalke, Hamouriya, Douma, Harasta (des localités près de Damas) et nous avons des informations confirmées qu'un centre des services de renseignements à Harasta a été frappé", a rapporté de son côté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), basé en Grande-Bretagne.
Aucune information sur d'éventuelles victimes, tant du côté des services secrets que des déserteurs, n'était disponible dans l'immédiat.

 

Les défections et les affrontements entre soldats de l’armée régulière et déserteurs se sont multipliés ces dernières semaines dans le pays, où la répression de la contestation a fait plus de 3.500 morts, selon l'ONU.
Lundi, 34 soldats et 12 soldats insoumis ont ainsi péri dans la province de Deraa (sud) lors d'affrontements armés, selon l'OSDH.


Par ailleurs, les forces de sécurité syriennes ont tué, mercredi, quatre personnes -trois soldats rebelles et un civil- dans la localité de Keferzita dans la province de Hama (centre), selon l'OSDH. Dans la capitale, "trois explosions ont secoué le quartier de Barzeh", suivies de "tirs nourris", qui se poursuivaient dans la matinée, selon la même source.


L'attaque contre le centre des services secrets est survenue à quelques heures d'une réunion, à Rabat, de la Ligue arabe pour entériner la décision de suspendre Damas des travaux de l'organisation. Cette décision a été approuvée le 12 novembre par 18 des 22 membres de la Ligue, qui a également menacé de sanctions le régime de Assad faute d'avoir appliqué un plan arabe prévoyant la fin des violences, la libération des manifestants et le retrait des forces armées des villes. Une réunion à laquelle la Syrie ne va pas participer, a annoncé, mardi soir, le ministère syrien des Affaires étrangères.

 

"Le régime syrien va payer très cher ce qu'il a fait", a déclaré, par ailleurs, le ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu à l'ouverture du Forum de coopération turco-arabe qui s'est ouvert à Rabat.
Le ministre commentait devant les journalistes la répression menée depuis six mois en Syrie par le régime du président Assad, avant de retrouver les chefs de la diplomatie de la Ligue arabe.

 

"Il faut tout faire pour arrêter l'effusion de sang qui se poursuit en Syrie", a déclaré à son tour le secrétaire général de Ligue arabe, Nabil Al-Arabi, avant la réunion de crise à Rabat. M. Arabi a également indiqué devant la presse qu'il espérait beaucoup "la réussite des efforts" arabes pour envoyer en Syrie des observateurs pour s'assurer de la protection des populations civiles.

 

 

Mardi, dans un apparent geste de bonne volonté à la veille de la réunion de la Ligue, "1.180 détenus, impliqués dans les événements en Syrie et qui n'ont pas de sang sur les mains, ont été libérés" par le régime, a annoncé la télévision publique. Un acte qui "ne correspond en rien aux attentes de la communauté internationale", a déclaré mercredi le ministère français des Affaires étrangères, rappelant que ce pays compte des dizaines de milliers de prisonniers politiques.


Les Etats-Unis ont dit souhaiter que la réunion de la Ligue arabe adresse "un message énergique à Assad, qui est qu'il doit permettre la tenue d'une transition démocratique et mettre fin à la violence contre son peuple". "Nous continuons de voir grandir le concert des pressions internationales contre Assad", s'est félicité un porte-parole du département d'Etat, Mark Toner, en saluant les sanctions décidées par la Turquie contre le régime syrien.


Ankara a, de son côté, décidé mardi d'arrêter sa coopération avec Damas dans le domaine de l'exploration de pétrole et indiqué qu'elle pourrait aussi réviser ses livraisons d'électricité. « Nous ne nous attendons plus à ce que l’administration d’Assad fasse preuve d’un leadership honnête, persuasif, brave et déterminé », a également déclaré le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.


Alors que roi Abdallah II de Jordanie avait appelé lundi M. Assad à "quitter le pouvoir", devenant le premier dirigeant arabe à lancer un tel appel, il a été relayé mardi par l'ex-ambassadeur d'Arabie saoudite aux Etats-Unis, le prince saoudien Turki el-Fayçal, pour qui le départ du président Assad paraît "inévitable".


De son côté, l'Union européenne a étendu ses sanctions contre Damas à 18 personnes et a décidé de geler des prêts européens.


Affichant la volonté de "surmonter la crise", "sans intervention militaire extérieure", une délégation du Conseil national syrien, qui regroupe la plupart des courants de l'opposition, a demandé mardi à la Russie d'être plus sévère avec le régime du président Assad, lors d'entretiens à Moscou avec le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, dont le pays refuse de soutenir des sanctions contre Damas.

 

Sur le plan diplomatique, le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, effectuera une visite en Turquie jeudi et vendredi afin d'évoquer avec les dirigeants turcs la crise syrienne et les questions régionales, a rapporté mercredi l'agence turque Anatolie. M. Juppé doit s'entretenir jeudi à Istanbul avec le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan puis se rendra à Ankara où il rencontrera vendredi son homologue Ahmet Davutoglu et sera reçu par le chef de l'Etat Abdullah Gül, précise l'agence.

L'"Armée syrienne libre", force d’opposition armée fondée par le colonel déserteur, Riad el-Assad, a annoncé mercredi la création d'un conseil militaire provisoire pour faire tomber le régime du président Bachar el-Assad.L'ASL annonce dans un communiqué "la création par l'Armée syrienne libre d'un conseil militaire provisoire pour répondre aux nécessités de la phase actuelle et de la révolution syrienne". Le conseil est dirigé par le Assad, qui s'est réfugié en Turquie et qui avait annoncé en juillet la création de l'ASL, ajoute le texte. Le conseil comprend en outre quatre colonels, trois lieutenants-colonels et un commandant.Il aura pour mission de veiller à la mise en œuvre des "objectifs de l'Armée, soit faire chuter le régime actuel, protéger les biens publics et privés et empêcher l'anarchie dès la...
commentaires (1)

- - Attendez-vous à une riposte dure , et n'allez pas crier qu'ils massacrent des femmes et des enfants !! Je dis cela en tant qu'observateur " neutre " dans ce conflit qui compte les coups d'ici et de là .. Tout ça n'est pas réjouissant , les Syriens doivent se réveiller , ne doivent pas se laisser manipuler , comme nous l'avons été ! avant qu'il ne soit trop tard .

JABBOUR André

05 h 10, le 16 novembre 2011

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Commentaires (1)

  • - - Attendez-vous à une riposte dure , et n'allez pas crier qu'ils massacrent des femmes et des enfants !! Je dis cela en tant qu'observateur " neutre " dans ce conflit qui compte les coups d'ici et de là .. Tout ça n'est pas réjouissant , les Syriens doivent se réveiller , ne doivent pas se laisser manipuler , comme nous l'avons été ! avant qu'il ne soit trop tard .

    JABBOUR André

    05 h 10, le 16 novembre 2011

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