« La Ligue arabe va bientôt annoncer une date pour la tenue d’une conférence qui réunira la plupart des organisations de l’opposition syrienne afin de discuter des moyens et des délais nécessaires pour progresser vers une période de transition », a dit Abdel Basset Sedah, membre du bureau exécutif du Conseil national syrien (CNS), principale structure de l’opposition. Nabil al-Arabi, secrétaire général de la Ligue, « a demandé lundi à une délégation du Conseil national syrien d’exposer dans un document sa vision pour la Syrie via une période de transition », a pour sa part déclaré un responsable de la Ligue ayant requis l’anonymat. Une requête similaire a été adressée à d’autres groupes d’opposants, a-t-il ajouté.
La Ligue arabe, dont les ministres des Affaires étrangères doivent à nouveau se réunir aujourd’hui au Maroc à Rabat, s’est cependant abstenue de prôner ouvertement un départ de M. Assad ou une intervention militaire étrangère identique à celle menée en Libye. La suspension décidée par la Ligue constitue toutefois un sérieux revers pour M. Assad, qui, dans la lignée de son père Hafez, a toujours pris soin de se présenter comme un champion du panarabisme. Damas a tenté de reprendre la main en réclamant la tenue d’un sommet extraordinaire de la Ligue. Mais cette requête a peu de chances d’aboutir. Les influentes monarchies du Golfe ont d’ores et déjà jugé un tel sommet « sans intérêt ».
Les pressions de la Ligue arabe s’ajoutent aux sanctions déjà adoptées par les États-Unis et l’Union européenne. Les efforts entrepris à l’ONU par les États-Unis et leurs alliés européens pour faire condamner la Syrie se heurtent jusqu’à présent à l’opposition de la Chine et de la Russie, échaudées par le précédent libyen. Reçu à Moscou, Bourhan Ghalioun, le président du CNS, a exhorté la Russie à se joindre aux appels en faveur d’un retrait de M. Assad, alors que le gouvernement russe venait de l’inviter au dialogue avec le pouvoir. « Les progrès sur la voie de négociations pacifiques (...) devraient débuter par une initiative déterminante, par une mesure symbolique forte, ils devraient débuter par un appel de la communauté internationale et des pays arabes, mais aussi de la Russie, demandant au président Assad de démissionner afin que la Syrie bascule dans une nouvelle ère », a dit M. Ghalioun.
De leur côté, les États-Unis ont dit souhaiter que la Ligue arabe adresse un message fort au régime syrien. « Nous continuons de voir grandir le concert des pressions internationales contre le président Assad », s’est félicité Mark Toner, porte-parole du département d’État. « Nous souhaitons voir la Ligue arabe envoyer demain (aujourd’hui) un message énergique à Assad, qui est qu’il doit permettre la tenue d’une transition démocratique et mettre fin à la violence contre son peuple », a lancé M. Toner.
(Source : agences)


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