Rechercher
Rechercher

Couverture spéciale de la révolte en Syrie - Répression

L’étau se resserre encore plus autour d’Assad

L’organisation panarabe veut envoyer 500 observateurs en Syrie, alors que la répression a fait une quarantaine de morts hier.

Les autorités syriennes ont vivement réagi à la décision de la Ligue arabe de suspendre la Syrie de ses travaux, deux jours avant une nouvelle réunion arabe au Maroc, affirmant être victime d’un « complot ». « La décision de la Ligue arabe (...) représente un pas dangereux », a déclaré le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Moallem. La Syrie « paie le prix de ses positions fermes », mais elle « ne fléchira pas et sortira plus forte », a-t-il ajouté, assurant que « les complots ourdis contre la Syrie échoueront ». Il a en outre estimé que son pays se « dirige(ait) vers la fin de la crise ». Interrogé sur un éventuel établissement d’une zone tampon à la frontière avec la Turquie, revendiqué par des opposants, il a souligné que « la Syrie est un pays souverain et défendra chaque pouce de son territoire ». « J’exclus que la Turquie prenne cette mesure », a-t-il ajouté. M. Moallem a aussi exclu l’éventualité d’une intervention étrangère en Syrie, se félicitant de l’appui de la Russie et de la Chine.
Samedi, la Ligue arabe avait suspendu la participation à ses réunions de la Syrie et l’a menacée de sanctions, un camouflet sévère pour Damas. Cette décision intervient près de deux semaines après l’acceptation « sans réserves » par Damas d’un plan de sortie de crise proposé par la Ligue, qui n’a pas été suivi d’effets. Une nouvelle réunion extraordinaire est d’ailleurs prévue demain à Rabat pour faire le point sur la mise en œuvre du plan de sortie de crise pour la Syrie décidé le 2 novembre et prévoyant notamment le retrait des forces armées des villes en proie à la contestation et la libération des manifestants arrêtés.
Par ailleurs, la Ligue arabe étudie à présent un « mécanisme de protection des civils » et a convenu de l’envoi de 500 membres d’organisations arabes des droits de l’homme, de médias et des observateurs militaires dans le pays, selon un responsable de l’organisation panarabe. Parallèlement, des responsables de la Ligue arabe, dont le secrétaire général de la Ligue, Nabil el-Arabi, se sont entretenus hier avec des associations de défense des droits de l’homme pour débattre des moyens d’assurer la protection des populations civiles syriennes.
Justifiant l’abstention de l’Irak lors du vote suspendant la participation de la Syrie à la Ligue arabe, le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, a souligné que ce qui se passait chez son voisin avait un impact direct sur son pays : « Notre attitude n’était pas facile. La Syrie est un pays frère, (...) elle a accueilli des centaines de milliers de nos ressortissants quand notre pays traversait une période difficile », a-t-il déclaré. L’Iran a en revanche critiqué hier la décision de la Ligue arabe en affirmant que cette décision va « compliquer » la recherche d’une solution pacifique à la crise syrienne. Pour sa part, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a jugé hier « incorrecte » la décision de la Ligue arabe. « Il y a quelqu’un qui fait tout pour que les Syriens ne parviennent pas à un accord entre eux », a-t-il souligné. La Chine a exhorté de son côté la Syrie à mettre en œuvre le plan de sortie de crise de la Ligue, tout en se gardant de soutenir d’éventuelles sanctions contre Damas.
Parallèlement, les États-Unis se sont félicités hier d’un « renforcement du consensus contre Assad et les agissements du régime » syrien, après les décisions de la Ligue arabe et de l’Union européenne de renforcer ses sanctions envers Damas. En outre, des élus américains ont réclamé une enquête sur du matériel de censure issu de compagnies américaines qui serait utilisé par le régime syrien pour bloquer les activités en ligne de ses opposants réprimés depuis le mois de mars, a-t-on appris hier au Congrès.
Sur le terrain, au moins 40 civils ont été tués hier par les tirs des forces de sécurité à travers le pays, selon les comités locaux de coordination. L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) a annoncé la mort de 16 civils dans la région de Deraa, alors qu’au moins 19 membres de l’armée régulière et des forces de sécurité ont été tués par des militaires dissidents présumés lors d’affrontements.

 

L’UE renforce ses  sanctions et exhorte l’ONU à réagir



L’Union européenne a renforcé encore hier ses sanctions contre la Syrie et demandé à l’ONU d’aider les civils, victimes de la répression, accentuant ainsi la pression sur le régime de Bachar el-Assad au moment où il est suspendu par la Ligue arabe. Dans un communiqué, les ministres européens des Affaires étrangères réunis à Bruxelles ont justifié leur décision « au vu de la gravité de la situation en Syrie ». Le chef de la diplomatie française Alain Juppé a de son côté dénoncé « l’entêtement sanguinaire du régime de Damas » qui sombre dans la « paranoïa ».
Dans le détail, l’UE a étendu ses sanctions contre le régime syrien à 18 personnes supplémentaires, essentiellement des militaires, visées désormais par des gels d’avoirs en Europe et des interdictions de voyager sur le continent. Elle a aussi décidé de geler des prêts européens dans le pays en raison de la poursuite de la répression. Cela concerne des crédits de la Banque européenne d’investissement (BEI) ainsi qu’une assistance technique prévue dans ce domaine. L’UE avait déjà sanctionné au cours des derniers mois 56 personnes et gelé les avoirs de 19 organisations ou entreprises soupçonnées de soutenir le pouvoir en place. L’Europe avait également décrété un embargo sur les armes à l’encontre du pays, interdit l’importation de produits pétroliers, banni tous les investissements et prêts dans de nouveaux projets pétroliers en Syrie et enfin mis un terme à la fourniture de billets de banque à la Banque centrale.
Les nouvelles mesures surviennent peu après la décision de la Ligue arabe – saluée par l’UE comme un signe de « l’isolement croissant » de Damas – de suspendre la Syrie de ses instances à compter du 16 novembre pour ne pas avoir mis en œuvre un plan d’apaisement qu’elle avait mis au point. La Ligue arabe avait aussi commencé à étudier « la mise en place d’un mécanisme pour protéger les civils en Syrie ».
De son côté, le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, a estimé « qu’une possibilité pour protéger les civils serait d’envoyer des observateurs, peut-être une mission humanitaire de l’ONU ». Un problème se pose toutefois : à ce jour la Russie, alliée de longue date de la Syrie, s’oppose, de même que la Chine, à toute résolution au Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la répression dans le pays. La chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton, a dans l’immédiat exclu elle aussi à ce stade une intervention militaire comme celle qui s’est déroulée en Libye. « Je ne pense pas que cela prenne la même direction, qu’on soit dans la même situation », a-t-elle dit.

 

 

(Sources : agences et rédaction)

Les autorités syriennes ont vivement réagi à la décision de la Ligue arabe de suspendre la Syrie de ses travaux, deux jours avant une nouvelle réunion arabe au Maroc, affirmant être victime d’un « complot ». « La décision de la Ligue arabe (...) représente un pas dangereux », a déclaré le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Moallem. La Syrie « paie le prix de ses positions fermes », mais elle « ne fléchira pas et sortira plus forte », a-t-il ajouté, assurant que « les complots ourdis contre la Syrie échoueront ». Il a en outre estimé que son pays se « dirige(ait) vers la fin de la crise ». Interrogé sur un éventuel établissement d’une zone tampon à la frontière avec la Turquie, revendiqué par des opposants, il a souligné que « la Syrie est un pays souverain et défendra...