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Couverture spéciale de la révolte en Syrie - Révolte

Damas tergiverse dans le sang, encore et encore

Nouvelle réunion mercredi à Rabat à l’appel de Damas ; 26 morts pour la seule journée d’hier.
La Syrie a appelé hier à « la tenue d’un sommet arabe urgent pour remédier à la crise » qui secoue le pays depuis mars « et à ses conséquences négatives sur la conjoncture arabe », a annoncé la télévision publique syrienne hier, au lendemain de la décision de la Ligue arabe de suspendre la participation de Damas à ses travaux, à compter de mercredi, jusqu’à ce qu’elle honore son engagement d’appliquer le plan arabe de sortie de crise. « La Syrie, qui a accepté le 2 novembre ce plan, y voit toujours un cadre adéquat pour remédier à la crise, loin de toute ingérence étrangère », selon le communiqué officiel de Damas qui avait dénoncé la décision de la Ligue arabe.
Le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères Amar Belani a affirmé à cet égard qu’une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe sur la Syrie se tiendra le 16 novembre à Rabat. Pour M. Belani, « si les ministres estiment que le gouvernement syrien n’a pas commencé à mettre en œuvre le plan arabe, ils constateront formellement une carence et appliqueront le gel de la présence syrienne au sein de la Ligue arabe ». Auparavant, devant la presse, le ministre algérien des Affaires étrangères Mourad Medelci avait évoqué la possibilité de reconsidérer la suspension de la Syrie si Damas se conformait au plan arabe. « La suspension de la Syrie est temporaire et nous pourrons la lever le plus rapidement possible. Pourquoi pas avant le 16 de ce mois ? » avait-il déclaré, en présence de son homologue égyptien Mohammad Kamel Amer.
Damas a également invité les pays arabes à envoyer des ministres en Syrie pour s’enquérir de la situation sur le terrain et superviser l’application du plan de sortie de crise proposé par la Ligue arabe. La Syrie « accueille favorablement une visite d’un comité ministériel arabe avant le 16 novembre », date à laquelle la décision de la Ligue arabe doit entrer en vigueur. Cette délégation « serait accompagnée d’observateurs, d’experts civils et militaires, et de médias arabes afin de s’informer directement de ce qui se passe sur le terrain et de superviser, en coordination avec le gouvernement syrien, l’application du plan arabe ».
Enfin, la Syrie a demandé au secrétaire général de la Ligue arabe Nabil el-Arabi d’« agir rapidement pour appliquer ces propositions ». Le secrétaire de la Ligue, en visite à Tripoli, avait déclaré, plus tôt dans la journée, que l’organisation panarabe étudiait désormais « la mise en place d’un mécanisme pour protéger les civils en Syrie », sans donner plus de précisions.

La satisfaction du CNS
L’opposition syrienne a salué, quant à elle, comme « un pas » vers la démocratie la décision samedi de la Ligue arabe, une démarche qui a provoqué la colère des partisans du président Bachar el-Assad. « Les décisions prises par les ministres arabes sont une accusation claire du régime syrien qui commet des assassinats et des destructions », a indiqué le Conseil national syrien dans un communiqué, ajoutant que « les sacrifices du peuple syrien face au régime sanguinaire (...) ont fait que la position arabe change en faveur de la révolution ». Le CNS s’est également dit « prêt à négocier la transition de la Syrie (vers la démocratie) dans le cadre de la Ligue arabe, d’une manière à ce que Bachar el-Assad remette le pouvoir à un gouvernement démocratique représentatif du peuple syrien, qui ne comprendra aucun élément du régime dont les mains ont été tachées de sang ». Enfin, le CNS « tend la main à toutes les forces politiques et personnalités nationales qui hésitent encore à prendre parti, afin de (...) relever les défis et agir ensemble pour accomplir le changement démocratique ».
Dans ce même contexte, près de 80 opposants (venus de 15 pays dont d’Allemagne, la Roumanie, l’Espagne, la Russie, la Suisse, la Grèce ou l’Autriche) se sont réunis à Vienne sous le parrainage de la Fédération des Syriens vivant à l’étranger et en présence de trois membres du CNS, Mahmoud Kilani, Bader Jamous et Abdelbaser Saida, a précisé le porte-parole de la Fédération, Amer Khatib, représentant de la diaspora syrienne en Autriche, qui en a profité pour appeler les leaders arabes « à rester aux côtés du peuple syrien, dont le seul représentant légal reste le CNS », a-t-il martelé.
Signalons qu’hier en soirée, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a salué la décision « forte et courageuse » de la Ligue.

L’appel d’Ankara
« L’attitude du gouvernement syrien (...) montre qu’il est nécessaire que la communauté internationale réagisse d’une même voix concernant les graves développements en Syrie », a déclaré de son côté le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué, ajoutant que la Turquie soutenait la décision de la Ligue arabe. « Le gouvernement syrien devrait tirer la leçon du message de la Ligue arabe et cesser de commettre des violences contre son peuple », a précisé le ministère. Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, devait par ailleurs rencontrer des représentants du Conseil national syrien.
En revanche, l’Irak a jugé inacceptable la décision de la Ligue arabe, accusant l’organisation panarabe de n’avoir rien fait de semblable lors des troubles à Bahreïn et au Yémen.
Par ailleurs, des dizaines de milliers de fidèles du président syrien se sont rassemblés hier matin dans le centre de Damas pour dénoncer la décision arabe, aux cris de « Le peuple veut Bachar el-Assad ». La télévision publique a diffusé des images d’une autre manifestation pro-Assad sur la place des Omeyyades à Damas, ainsi que de plusieurs rassemblements à Alep, Lattaquié et d’autres villes du pays.
D’après les comités de coordination, les fonctionnaires et la population ont été obligés de participer à ces manifestations pro-Assad.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), des militants prodémocratie ont tenté d’organiser des contre-manifestations, mais ils ont essuyé les tirs des forces de sécurité, qui ont fait neuf morts à Hama et un autre à Deir ez-Zor où des bombardements lourds ont été entendus à Qouriyé, privé d’électricité. En outre, les forces de l’ordre ont tué encore quatre civils hier, trois à Homs, haut lieu de la contestation, et un autre dans la région d’Idleb, tandis que des dissidents présumés ont tué deux agents de sécurité à Homs, selon l’OSDH qui précise par ailleurs qu’une charge a explosé près d’un barrage de l’armée syrienne à Abdita, se trouvant près d’une école.
Au total, les comités de coordination ont dénombré 23 morts pour la seule journée d’hier, tandis que la chaîne de télévison al-Arabiya relevait le bilan à 26.
(Sources : agences et rédaction)
La Syrie a appelé hier à « la tenue d’un sommet arabe urgent pour remédier à la crise » qui secoue le pays depuis mars « et à ses conséquences négatives sur la conjoncture arabe », a annoncé la télévision publique syrienne hier, au lendemain de la décision de la Ligue arabe de suspendre la participation de Damas à ses travaux, à compter de mercredi, jusqu’à ce qu’elle honore son engagement d’appliquer le plan arabe de sortie de crise. « La Syrie, qui a accepté le 2 novembre ce plan, y voit toujours un cadre adéquat pour remédier à la crise, loin de toute ingérence étrangère », selon le communiqué officiel de Damas qui avait dénoncé la décision de la Ligue arabe.Le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères Amar Belani a affirmé à cet égard qu’une réunion...