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À La Une - Crise

Abdallah II appelle Assad à quitter le pouvoir

La suspension de Damas est "un pas dangereux", avertit Mouallem; la Ligue veut envoyer 500 observateurs en Syrie.

"Si Bachar (al-Assad) avait à coeur l'intérêt de son pays, il devrait démissionner", a déclaré le roi jordanien, Abdallah II. Photo AFP

Le roi Abdallah II de Jordanie a été lundi le premier dirigeant arabe à appeler le président syrien Bachar al-Assad, confronté à une révolte populaire depuis la mi-mars, à "quitter le pouvoir", dans une interview à la BBC. "Si j'étais à sa place, je quitterais le pouvoir (...) Je quitterais le pouvoir et je m'assurerais que mon successeur soit capable de changer le statu quo que nous constatons", a-t-il dit.

"Si Bachar (al-Assad) avait à coeur l'intérêt de son pays, il devrait démissionner, mais il devrait aussi créer les conditions nécessaires pour une nouvelle phase de la vie politique syrienne", a ajouté le roi de Jordanie, pays voisin de la Syrie.

 

"Ceux qui ne sont pas en paix au Moyen-Orient avec leur peuple et ne peuvent les satisfaire partiront", avait déclaré, un peu plus tôt, le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu.

 

Des propos qui s’ajoutent à la décision, samedi, de la Ligue arabe de suspendre la participation de la Syrie à ses réunions, en raison du refus du régime d'appliquer comme promis le plan arabe de sortie de crise. Le plan arabe prévoit l'arrêt des violences, la libération des détenus, le retrait des forces armées des villes et la libre circulation de la presse dans le pays. Cette suspension, qui doit prendre effet mercredi, a été votée par 18 des 22 pays membres de la Ligue. L'Irak s'est abstenu, le Liban, la Syrie et le Yémen se sont opposés.

Par ailleurs, des responsables de la Ligue arabe se sont entretenus lundi avec des associations de défense des droits de l'homme pour débattre "des moyens de protéger les civils de l'étreinte de l'armée syrienne", a apporté un responsable de la Ligue. A l'issue de cette réunion, la Ligue a convenu de l'envoi de 500 membres d'organisations arabes des droits de l'Homme, de média et des observateurs militaires en Syrie, a annoncé un responsable de l'organisation panarabe.

 

Aujourd’hui, Damas a vivement dénoncé la décision de la Ligue arabe.

"La décision de la Ligue arabe de suspendre la Syrie (...) représente un pas dangereux", a indiqué le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem, lors d’une conférence de presse. Damas "paie le prix de ses positions fermes", a-t-il poursuivi, ajoutant que la Syrie "ne fléchira pas et sortira plus forte". "Les complots ourdis contre la Syrie échoueront", a-t-il martelé.

"La crise en Syrie ne s'amplifie pas, au contraire nous nous dirigeons vers la fin de la crise, a encore assuré M. Mouallem. Le programme des réformes est devenu clair, mais nous sommes en retard en ce qui concerne le dialogue (avec l'opposition) et nous essayons d'y remédier".

 

 

"Nous nous dirigeons vers la fin de la crise", a assuré,

aujourd'hui, le ministre syrien des Affaires étrangères. Photo AFP

 

Le ministre syrien a en outre exclu l'éventualité d'une intervention étrangère en Syrie. "La Syrie n'est pas la Libye. Le scénario libyen ne se répétera pas, ce qui se passe en Syrie est différent de ce qui s'était passé en Libye, et le peuple syrien ne doit pas s'inquiéter", a-t-il estimé. "Je suis sûr que la Russie veut jouer un rôle efficace dans le dialogue qui va se tenir (entre le pouvoir syrien et les opposants) et ceci est une chose positive", a-t-il poursuivi. "Les positions de la Russie et de la Chine que nous remercions ne changeront pas car nous sommes en coordination et en consultations avec eux", a-t-il insisté.

 

De fait, contre la décision de la Ligue arabe, Damas bénéficie, encore, du soutien de Moscou. "Nous considérons que la suspension de la Syrie en tant que membre de la Ligue arabe est incorrecte. Ceux qui ont pris cette décision ont perdu une véritable opportunité de rendre la situation plus transparente", a déclaré aujourd’hui lundi, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, ont rapporté les agences russes. "Il y a quelqu'un qui fait tout pour que les Syriens ne parviennent pas à un accord entre eux", a-t-il ajouté, sans apporter plus de précisions.

M. Lavrov a par ailleurs ajouté que des représentants du Conseil national syrien, qui représente l'opposition, doivent se rendre à Moscou mardi 15 novembre.

Depuis le début de la crise en Syrie, Moscou s'oppose à toute résolution au Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression, insistant sur la nécessité du dialogue et faisant porter une part de la responsabilité des violences à l'opposition. Une position que partage Pékin, membre permanent du Conseil de sécurité, qui a opposé le 4 octobre son veto à un projet de résolution de pays occidentaux qui menaçait le régime syrien de "mesures ciblées" pour la sanglante répression.

 

"Une nouvelle fois la Chine exhorte le gouvernement syrien et toutes les parties concernées à cesser la violence, à lancer un processus politique global et équilibré et à redoubler d'efforts pour appliquer l'initiative de la Ligue arabe", a déclaré lundi le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Weimin. La Chine est fournisseur de premier plan de la Syrie dans le secteur militaire.

 

 

L'Union européenne a, de son côté, décidé aujourd'hui d'étendre ses sanctions contre le régime syrien à 18 personnes, essentiellement des militaires, et de geler des prêts européens dans le pays en raison de la poursuite de la répression. L'UE avait déjà pris de telles mesures à l'encontre de 56 personnes en Syrie jugées responsables de la répression des manifestations de contestataires du régime. Elle a aussi gelé les avoirs de 19 organisations ou entreprises soupçonnées de soutenir le pouvoir en place à Damas, y compris la Commercial Bank of Syria.

 

A son arrivée lundi à Bruxelles, le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a plaidé en faveur d'un durcissement des sanctions contre le régime de Bachar al-Assad. "Il est très important que nous envisagions des mesures additionnelles afin d'accroître la pression contre le régime d'Assad", a-t-il dit.

Au total, l'Europe a déjà adopté sept séries de sanctions contre Damas, notamment un embargo sur les armes et les livraisons de pétrole.

Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a, pour sa part, appelé lundi à trouver un moyen de "protéger davantage" les populations civiles en Syrie face à "l'entêtement sanguinaire du régime de Damas" contre les contestataires. "Aujourd'hui le moment est venu de voir comment nous pouvons protéger davantage les populations", a-t-il déclaré à Bruxelles, rejoignant ainsi l'initiative de la Ligue arabe qui a prévu d'étudier un "mécanisme de protection des civils".

 

Selon l'ONU, la répression du mouvement de contestation populaire en Syrie a fait plus de 3.500 morts en huit mois.

 

 

 

La Syrie est un pays frère, a déclaré aujourd’hui le ministre

irakien des affaires Etrangères, Hoshyar Zebari. Ali al Saadi/AFP

 

 

Côté arabe, le ministre irakien des affaires Etrangères, Hoshyar Zebari, a justifié lundi l'abstention de son pays lors du vote suspendant la participation de la Syrie à la Ligue arabe, en soulignant que ce qui se passait chez son voisin avait un impact direct sur l'Irak. "Notre attitude n'était pas facile. La Syrie est un pays frère, important dans la région, et avec lequel nous entretenons des relations spéciales car il a accueilli des centaines de milliers de nos ressortissants quand notre pays traversaient une période difficile", a-t-il déclaré en conférence de presse. Il faisait allusion à la guerre confessionnelle de 2006 et 2007, qui a poussé beaucoup d'Irakiens vers l'exil.

 

L'Iran a également critiqué la décision de la Ligue arabe, en affirmant que cette décision va "compliquer" la recherche d'une solution pacifique à la crise syrienne. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast a demandé aux 22 membres de la Ligue de "ne pas suivre une politique de deux poids et deux mesures" au détriment de la Syrie, et "d'empêcher toute intervention étrangère" dans ce pays, sans être plus explicite.

 

 

Alliée économique et politique de la Syrie avant les troubles dans ce pays, la Turquie a vivement condamné la répression contre les opposants au président Bachar al-Assad, et le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a annoncé qu'il avait coupé les ponts avec le régime de Damas. Ankara a aussi évacué de Syrie les familles de ses diplomates et ses personnels non essentiels.

 

 

Pendant ce temps, seize civils et au moins 19 membres des forces du régime ont péri dans la région de Deraa, dans le sud de la Syrie, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Selon cette ONG, basée en Grande-Bretagne, les civils ont été tués par des tirs des forces de sécurité, alors que les membres de l'armée régulière et des forces de sécurité ont été abattus par des déserteurs présumés lors d'affrontements.

Deux autres civils ont péri "lors d'échanges de tirs et de pilonnage aux mitrailleuses lourdes à Jobar" dans la ville assiégée de Homs (centre), selon cette ONG.

Le roi Abdallah II de Jordanie a été lundi le premier dirigeant arabe à appeler le président syrien Bachar al-Assad, confronté à une révolte populaire depuis la mi-mars, à "quitter le pouvoir", dans une interview à la BBC. "Si j'étais à sa place, je quitterais le pouvoir (...) Je quitterais le pouvoir et je m'assurerais que mon successeur soit capable de changer le statu quo que nous constatons", a-t-il dit.
"Si Bachar (al-Assad) avait à coeur l'intérêt de son pays, il devrait démissionner, mais il devrait aussi créer les conditions nécessaires pour une nouvelle phase de la vie politique syrienne", a ajouté le roi de Jordanie, pays voisin de la Syrie.
 
"Ceux qui ne sont pas en paix au Moyen-Orient avec leur peuple et ne peuvent les satisfaire partiront", avait déclaré, un peu plus tôt, le chef de la diplomatie...
commentaires (4)

Comment appelle-t-on déjà un frère qui devient ami de celui qui a tué ton père et qui est ton pire ennemi?? Il est actuellement le seul ami officiel des sio après la chute du pseudo Pharaon... quoi de plus normal que ce soit lui le premier qui ouvre le feu "à balle Réelle" et en parfait Anglais, sur le sommet du refus de la soumission et de la résistance arabe? et puis... faut bien qu'il lâche un peu de leste aux islamistes, amis des bandes armées en Syrie, qui donnent depuis un certain temps des coups de béliers sur le portail doré de son palais royal.

Ali Farhat

03 h 44, le 15 novembre 2011

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Commentaires (4)

  • Comment appelle-t-on déjà un frère qui devient ami de celui qui a tué ton père et qui est ton pire ennemi?? Il est actuellement le seul ami officiel des sio après la chute du pseudo Pharaon... quoi de plus normal que ce soit lui le premier qui ouvre le feu "à balle Réelle" et en parfait Anglais, sur le sommet du refus de la soumission et de la résistance arabe? et puis... faut bien qu'il lâche un peu de leste aux islamistes, amis des bandes armées en Syrie, qui donnent depuis un certain temps des coups de béliers sur le portail doré de son palais royal.

    Ali Farhat

    03 h 44, le 15 novembre 2011

  • - - Puisque le titre de l'article a changé , je voudrai dire à ceux qui ont leurs palais en verre , de faire attention à ce qu'ils disent ! une chose est certaine , c'est que son père n'aurait jamais dit une chose pareille , ni le président à qui son Altesse Royale s'adresse ! au contraire , il serait le premier à lui venir en aide , contre un coup d'état qu'ils n'arrivent pas encore à réussir , pour installer leur régime Salafiste .

    JABBOUR André

    09 h 55, le 14 novembre 2011

  • - - Très grande conférence de presse , d'un très grand ministre des affaires étrangères , monsieur Walid Al Moallem . Il a eu des réponses justes et convaincantes , à toutes les questions qui lui ont été posées , surtout à celles piégées d'entre elles , qui ont ridiculisés les personnes qui les posaient , publiquement , et face aux caméras de TV du monde entier .. et à travers eux , leurs patrons et commanditaires bien connus avec , et grâce à leurs pétrodollars .

    JABBOUR André

    07 h 27, le 14 novembre 2011

  • Toujours la même rengaine: Lorsqu'un régime est en faillite et aux abois, il sort ses épouvantails et recourt aux menaces de toutes sortes. On veut nous faire avaler que 3500 morts -qualifiés ICI (il se reconnaîtra) , sans vergogne, de chiens enragés, est un dommage collatéral nécessaire pour contrer un "infâme complot ourdi et orchestré par l'Occident" à l'encontre d'un "noble régime, fer de lance de la moumana3a" .

    Paul-René Safa

    07 h 16, le 14 novembre 2011

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