L’accord signé porte sur le contrôle des frontières entre la Géorgie et les territoires séparatistes d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie, dont l’indépendance a été reconnue par Moscou après la guerre éclair qui l’a opposé à Tbilissi en août 2008.
Ce compromis « constitue un tremplin pour l’accession de la Russie à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui devrait intervenir sous peu », indique la Suisse, qui a joué un rôle de médiation, dans un communiqué publié à l’issue de la signature.
« C’est une victoire pour la Géorgie », a déclaré à l’AFP l’ambassadeur de la Géorgie auprès de l’ONU à Genève, Zurab Tchiaberashvili, en ajoutant que pour son pays « il était très important que toutes les marchandises entrant en Géorgie soient soumises à un mécanisme de contrôle ».
L’accord prévoit notamment qu’une entreprise privée indépendante contrôlera l’entrée et la sortie des biens commerciaux dans cette région.
La présidente de la Confédération suisse, Micheline Calmy-Rey, qui est aussi ministre des Affaires étrangères, s’est rendue fin octobre 2011 en Russie et en Géorgie pour des entretiens avec les dirigeants de ces deux pays afin de débloquer la situation, ouvrant la voie au compromis signé hier. Ce document donne aussi à la Suisse un rôle de médiation en cas de « difficultés survenant dans la mise en œuvre de l’accord ».
À cause de ce litige frontalier, la Géorgie, membre de l’OMC depuis 2000, bloquait l’adhésion de son puissant voisin russe.
L’adhésion à l’OMC, qui compte actuellement 153 membres, est un long processus qui se fait par consensus avec les autres États membres, et il suffit qu’il y ait un litige avec un État pour bloquer le parcours.
Concrètement, d’ici à la conférence ministérielle de l’OMC en décembre, la demande d’adhésion de la Russie doit encore passer devant une instance de l’OMC, le groupe de travail chargé du dossier russe.
Ce groupe de travail, qui compte 62 membres, doit se réunir aujourd’hui à Genève et devrait adopter formellement la demande russe, un épais document de 700 pages.
Ce document, qui contient tous les engagements de la Russie concernant les biens et services et l’ouverture de son marché, sera ensuite transmis à la conférence ministérielle de l’OMC, prévue du 15 au 17 décembre à Genève, pour adoption définitive par les pays membres de l’organisation.
La Russie a déposé sa candidature à l’OMC il y a 18 ans, en juin 1993, et la première réunion du groupe de travail a eu lieu en juillet 1995.
Après adoption de l’accord par l’OMC, le Parlement russe devra encore le ratifier pour qu’il puisse entrer en vigueur l’année prochaine.
En devenant membre de l’OMC, la Russie ouvrira ipso facto son économie aux autres pays membres qui vont avoir accès à son marché et concurrencer les industries locales.
Cette entrée est considérée comme le plus grand pas vers la libéralisation du commerce mondial depuis l’arrivée de la Chine à l’OMC il y a dix ans, qui avait donné un coup d’accélérateur aux échanges internationaux.
(Source : AFP)


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