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À La Une - Italie

Berlusconi déplore avoir manqué de pouvoir... comme Mussolini

Emporté par la crise de l'euro, le Cavaliere assure qu'il ne se représentera pas en cas d'élections anticipées.

Il est arrivé une chose hallucinante, à laquelle j'ai du mal à croire, j'ai été trahi par ceux que j'ai portés dans mon coeur toute ma vie", a déclaré aujourd'hui Silvio Berlusconi à la Stampa. Alberto Pizzoli/AFP

Silvio Berlusconi déplore mercredi avoir manqué de pouvoir à la tête du gouvernement italien, citant l'ex-dictateur fasciste Benito Mussolini qui regrettait lui aussi de ne pouvoir faire que des "recommandations". "Je suis fatigué de ne pas réussir à dicter la ligne et de ne pas pouvoir faire la politique que je voudrais. Je me sens plus puissant comme libre citoyen que comme président du Conseil", affirme-t-il dans une interview à La Stampa publiée aujourd'hui mercredi.

 

Mardi soir, la présidence de la République italienne a annoncé la démission de M. Berlusconi, après qu'il eut remporté un vote test à la Chambre des députés, mais perdu la majorité absolue. Cette démission interviendra après l'adoption par le Parlement des mesures économiques promises à l'Union européenne, c'est-à-dire avant la fin novembre.

 

"Je lis un livre sur les lettres de Mussolini à (sa maîtresse) Claretta, et lui, à un certain moment dit: +Mais tu ne comprends pas que je ne compte pour rien, je peux faire seulement des recommandations+. Voilà, je me sens dans la même situation", explique le Cavaliere, 75 ans.

Interrogé par le directeur du journal Mario Calabresi sur les différences avec la dictature fasciste, le président du Conseil répond : "Bien sûr, je ne suis pas un dictateur, même si vous l'avez écrit pendant des années. Mais je veux dire que ce sont les pères de notre constitution, qui, justement par peur que l'histoire se répète, ont affaibli excessivement l'exécutif".

 

Le chef du gouvernement italien déclare également qu'il ne se représentera pas en cas d'élections anticipées. "Je ne me représenterai pas, et même, je me sens libéré", affirme le Cavaliere, ajoutant qu'il souhaite remettre le flambeau à son dauphin, Angelino Alfano à qui il a déjà confié les rênes de son parti comme secrétaire général du Peuple de la Liberté (PDL, centre-droit). "Maintenant c'est l'heure d'Alfano, ce sera lui notre candidat, il est vraiment bon, plus qu'on ne pourrait le penser et son leadership a été accepté par tous", explique-t-il.

 

"Avant, nous devons donner des réponses immédiates aux marchés. Nous ne pouvons plus attendre pour approuver les mesures décidées, je me suis engagé auprès de l'Europe et avant de partir, je veux tenir ma promesse", explique-t-il.

L'Italie, troisième économie de la zone euro, subit actuellement les foudres des investisseurs, notamment sur le marché obligataire où le pays doit payer une fortune pour emprunter. Le lourd endettement du pays et sa politique jugée trop laxiste font craindre que le pays connaisse le sort de la Grèce. Une éventuelle contagion de la crise de la dette à l'Italie mettrait à genoux l'ensemble de la zone euro.

 

Aujourd’hui, le taux à 10 ans italien a atteint un nouveau record à 6,86% en milieu de matinée, malgré l'annonce de la démission de Berlusconi appelée de ses voeux par les marchés et qui était censée redonner de la crédibilité à l'Italie sur le marché de la dette. Dans la foulée, la Bourse de Milan, qui avait ouvert en hausse mercredi, a brusquement inversé la tendance en milieu de matinée et cédait près de 3%.

 

Sur le plan personnel, Berlusconi ne cache pas son amertume sur "les traîtres" de son parti qui se sont abstenus lors du vote de mardi, aux côtés de l'opposition. "Il est arrivé une chose hallucinante, à laquelle j'ai du mal à croire, j'ai été trahi par ceux que j'ai portés dans mon coeur toute ma vie, dit-il citant l'un des députés, dont la fille est sa filleule, ou une autre qu'il rebaptise Iscariote (surnom de Judas dans les Evangiles) comme Judas.

 

Qu'envisage-t-il de faire à l'avenir? " : Je ferai le père fondateur de mon parti et peut-être que je me remettrai à faire le président du Milan" AC, le club de foot qu'il préside. "Mes enfants seront très heureux si je quitte la politique, ils espèrent ainsi se réveiller le matin sans devoir lire dans les journaux du monde entier des attaques contre moi, et puis ils savent que je suis fatigué".

 

Silvio Berlusconi déplore mercredi avoir manqué de pouvoir à la tête du gouvernement italien, citant l'ex-dictateur fasciste Benito Mussolini qui regrettait lui aussi de ne pouvoir faire que des "recommandations". "Je suis fatigué de ne pas réussir à dicter la ligne et de ne pas pouvoir faire la politique que je voudrais. Je me sens plus puissant comme libre citoyen que comme président du Conseil", affirme-t-il dans une interview à La Stampa publiée aujourd'hui mercredi.
 
Mardi soir, la présidence de la République italienne a annoncé la démission de M. Berlusconi, après qu'il eut remporté un vote test à la Chambre des députés, mais perdu la majorité absolue. Cette démission interviendra après l'adoption par le Parlement des mesures économiques promises à l'Union européenne, c'est-à-dire avant la fin...
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