Sur cette photo distribuée par l'agence officielle SANA, des soldats syriens portant les cercueils de leur camarades tués, selon les autorités, lors de combats contre les militants anti-régime. HP/AFP
Les ministres arabes des Affaires étrangères tiendront le 12 novembre une réunion sur la Syrie, le régime de Bachar al-Assad ayant failli à ses engagements de cesser la répression contre le mouvement de contestation, selon un communiqué officiel de la Ligue arabe dimanche. Selon le texte, la réunion au Caire a été décidée "en raison de la poursuite de la violence, le gouvernement syrien n'ayant pas respecté ses engagements à appliquer le plan arabe pour une sortie de crise dans le pays". Un comité ministériel chargé du dossier syrien et qui a négocié avec la délégation syrienne l'accord il y a une semaine, doit tenir au préalable une réunion vendredi, a précisé le communiqué.
Samedi, le chef de la Ligue arabe Nabil al-Arabi avait déjà appelé le régime Assad à appliquer "immédiatement" son plan prévenant d'une "catastrophe" si les violences continuaient.
Les opposants syriens avaient pour leur part rejeté tout dialogue avec le pouvoir à Damas en l'accusant de chercher à "gagner du temps".
Le plan arabe prévoit un arrêt total des violences, la libération des personnes arrêtées lors de la répression, le retrait de l'armée des villes et la libre circulation des observateurs et médias internationaux, avant l'ouverture d'un dialogue entre le régime et l'opposition.
Le régime syrien a donné mercredi son accord à ce plan négocié à Doha. Samedi, après la mise en garde de Nabil al-Arabi, le régime syrien avait annoncé la libération de plus de 550 personnes arrêtées dans le cadre de la contestation. Mais ses forces ont néanmoins continué à réprimer la révolte sans précédent qui secoue le pays, faisant plus de 60 morts depuis ce jour-là, selon des ONG syriennes.
Aujourd'hui, dix civils ont encore été tués par les forces de l'ordre, au premier jour de la fête musulmane de l'Aïd Al-Adha, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Sur ces dix victimes, huit civils ont tués à Homs (centre), notamment à Baba Amro, pilonné depuis plusieurs jours, a précisé l'OSDH dans un communiqué.
Malgré les opérations militaires en cours depuis plusieurs semaines à Homs, un haut lieu de la révolte contre le président Bachar al-Assad, des manifestations ont eu lieu dans la plupart des quartiers de la ville, selon la même source.
Les deux autres civils ont péri sous les balles des forces de sécurité dans les villes de Hama et d'Idleb, dans le nord du pays.
Les forces armées et de sécurité sont également intervenues à Zamalka et Irbine, dans la province de Damas, ont ajouté les Comités de coordination locaux (LCC), qui chapeautent les manifestations en Syrie.
Dans de nombreuses villes du pays, la prière de l'Aïd Al-Adha (fête du sacrifice) a été suivie par des défilés parfois massifs pour soutenir Homs et appeler à la chute du régime, selon l'OSDH et les LCC. Les forces de sécurité ont dispersé à coups de gaz lacrymogène et en tirant en l'air une manifestation à Damas dans le quartier de Kafar Soussé. Cinq manifestants ont été blessés et plus de soixante dix personnes ont été arrêtées, dont trente manifestants, dans ce quartier, a rapporté l'OSDH.
D'autre part, les détenus de conscience ont entamé dimanche une grève de la faim dans les prisons syriennes "pour protester contre le régime qui n'a pas tenu ses promesses mensongères de les libérer", selon l'OSDH.
Le président Assad, lui, a assisté à la prière de l'Aïd Al-Adha dimanche matin à la Mosquée al-Nour de Raqqa dans le nord de la Syrie, a rapporté la radio officielle syrienne.
Rendant hommage au peuple, "véritable défenseur de la patrie", lors d'une rencontre avec des notables, il a affirmé: "Nous n'avons pas d'autre choix que de remporter toute bataille visant notre souveraineté et notre indépendance nationale", selon l'agence officielle Sana.
De son côté, le ministre de l'Intérieur Mohammad Chaar a demandé aux officiers "d'être vigilants et parfaitement préparés pour faire face aux défis et empêcher toute tentative de porter atteinte à la sécurité" de la part de "groupes terroristes armés soutenus par des forces extérieures qui veulent le mal à la Syrie".
Samedi, le chef de la Ligue arabe Nabil al-Arabi avait déjà appelé le régime Assad à appliquer "immédiatement" son plan...



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Tasso a raison....
08 h 54, le 08 novembre 2011