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À La Une - L’Éditorial De Issa Goraieb

Feuille de fausse route

Répression impitoyablement meurtrière, une fois de plus hier en Syrie : comme on pouvait le prévoir, c’est un test des plus concluants qu’aura constitué ce premier vendredi de contestation suivant le ralliement sans réserves du régime Assad au plan de sortie de crise préparé par la Ligue arabe.

Il faut dire que le pouvoir baassiste, passé maître dans l’art de renier ses engagements, n’aura pas eu trop de mal à contourner la vague feuille de route que venait de lui assigner, au terme de laborieuses discussions, l’organisation panarabe. Dénuée de toute borne kilométrique était en effet cette route supposée conduire à un règlement d’une sanglante crise vieille déjà de près de huit mois. Tenu de cesser toute violence, le régime a beau jeu de prétendre qu’il ne fait que riposter aux agressions de bandes terroristes armées. Entreprendrait-il même de retirer son armée des villes, comme il y est invité, que ses polices, milices et escadrons de tontons macoutes, resteraient parfaitement capables d’accomplir leur œuvre de mort. Et surtout, aucun délai précis, pas plus qu’un quelconque lieu, n’est fixé pour la mise en application du plan arabe en quatre points.

Pourquoi tant de flou, alors que les États arabes savent mieux que personne à quel retors partenaire ils ont affaire ? Les potentats en place, rescapés jusqu’à nouvel ordre du printemps arabe, redouteraient-ils donc de créer un précédent susceptible un jour de se retourner contre eux ? Toujours est-il qu’en faisant mine de jouer le jeu de la médiation arabe, les autorités de Damas espèrent, de toute évidence, faire d’une pierre deux coups : gagner du temps ; mais aussi placer la balle dans le camp d’une opposition qui demeure passablement divisée, notamment sur la question de savoir s’il convient de négocier des réformes avec le régime ou de poursuivre la lutte jusqu’à la chute de ce dernier.

Mais en se jouant aussi ostensiblement des souhaits de la Ligue tout en décuplant de brutalité, le régime risque fort gros sur deux autres tableaux. Il pousse ainsi au jusqu’auboutisme une contestation pacifique au départ mais consciente toutefois des représailles qui l’attendent malgré les promesses d’amnistie et qui, estimant qu’elle n’a plus rien à perdre, en vient graduellement à la contestation armée. Une fois consommée la faillite de l’arabisation, c’est en outre l’internationalisation de la crise syrienne qui pourrait finir par s’imposer aux esprits : perspective que préfiguraient déjà les sanctions occidentales contre le clan des Assad, et que paraissent conforter le durcissement turc et l’impatience croissante de la Chine à l’égard de Damas.

Traque le menteur jusqu’aux portes de sa maison, recommande savoureusement un dicton bien de chez nous. En somme, c’est bien ce qu’ont fait, c’est tout ce qu’ont fait, les émissaires de la Ligue.

Issa GORAIEB

igor@lorient-lejour.com.lb

Répression impitoyablement meurtrière, une fois de plus hier en Syrie : comme on pouvait le prévoir, c’est un test des plus concluants qu’aura constitué ce premier vendredi de contestation suivant le ralliement sans réserves du régime Assad au plan de sortie de crise préparé par la Ligue arabe.Il faut dire que le pouvoir baassiste, passé maître dans l’art de renier ses engagements, n’aura pas eu trop de mal à contourner la vague feuille de route que venait de lui assigner, au terme de laborieuses discussions, l’organisation panarabe. Dénuée de toute borne kilométrique était en effet cette route supposée conduire à un règlement d’une sanglante crise vieille déjà de près de huit mois. Tenu de cesser toute violence, le régime a beau jeu de prétendre qu’il ne fait que riposter aux agressions de bandes...
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HABEL IL KIZIB ASSIR. C'est écrit dans le ciel ! Anastase Tsiris

Anastase Tsiris

13 h 53, le 07 novembre 2011

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  • HABEL IL KIZIB ASSIR. C'est écrit dans le ciel ! Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    13 h 53, le 07 novembre 2011

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