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À La Une - L'olj - Junior

Don d’organes, et la vie continue

Ils sont environ 4.000 personnes à avoir signé «la carte de donneur» pour faciliter la greffe de leurs organes après leur mort. Bel espoir pour le don d’organes au Liban, dont l’expansion est toutefois semée d’embûches.

1992 : Première transplantation de rein. 1998: Première transplantation de cœur. 2010 : 62 greffes de la cornée. Depuis la création de la NOOTDT* en 1999, le don d’organes au Liban connaît un heureux essor : formation dans les hôpitaux du corps médical, intervention dans les écoles pour la « promotion» du don d’organes auprès des élèves, signature il y a deux ans d’une convention avec les Espagnols (experts dans ce domaine), en vue de structurer le système libanais et de recueillir un plus grand nombre de greffes par an. En somme, les efforts du comité national portent leurs fruits, mais le combat continue.

 

Des vies après la mort

Il suffit d’un « oui » de la part du donneur pour rendre la vie à six personnes malades qui seront greffées de ses organes. Car la mort n’est plus une fin, si l’on envisage le don d’organes, mais une renaissance pour tous ceux qui sont en attente d’une greffe pour rester en vie et guérir d’une maladie. C’est un signe d’altruisme, soutenu par toutes les religions. « C’était pour nous un challenge de réussir à implanter le don d’organes au Liban, affirme Mme Farida Younane, coordinatrice nationale de la NOOTDT, parce que nous sommes un pays multiconfessionnel et régi par la politique. Or, la greffe d’organes est le seul acte qui unit les Libanais : un donneur peut-être chrétien ou druze, et le receveur musulman. Nous avons relevé le défi, mais les mentalités doivent encore évoluer puisqu’on est tous exposés au risque d’être un jour en besoin d’une greffe. »

 

Entraves à la vie

Obtenir le consentement des familles, malgré l’existence de la carte signée par le donneur est une difficulté qui freine le processus du don d’organes. L’absence de financement parfois, l’ignorance de la position des religions envers cet acte, le manque d’éveil à ce sujet dans les programmes scolaires ou les cursus universitaires, surtout ceux spécialisés en médecine, affaiblissent les chances d’augmenter le nombre de donneurs. « Par ailleurs, la plus grave entrave à l’application du système réside dans le manque de collaboration d’un grand nombre de médecins dans les hôpitaux, souligne Mme Younane. Or ce sont eux qui peuvent conseiller cette démarche à leurs patients. Car la mission d’un médecin ne s’achève pas à la mort de son patient. S’il propose à la famille du défunt l’option du don d’organes, la mort de ce dernier pourrait être le début d’un traitement pour d’autres patients qui seront greffés. En revanche, son silence pourrait condamner de nombreuses vies à mort. »

 

 

 


Témoignage

« Je ne savais rien du don d’organes jusqu’au jour où une campagne à ce sujet effectuée sur le campus de l’université m’a poussée à m’informer pour en savoir plus. J’ai alors signé la carte de donation. Nous avons toujours tendance à considérer la mort comme une mauvaise nouvelle, une fin. Désormais, je sais que ma mort dessinera un sourire et donnera de l’espoir à tous ceux qui recevront mes organes. »

 


À toi d’agir !

Envie de sauver des vies en donnant tes organes après la mort, pour qu’ils soient greffés à des malades ?

Il faut le dire à tes proches si tu tiens à ce que ton choix soit respecté. Si tu as moins de 18 ans, discutes-en avec ta famille qui prendra elle-même la décision. Si tu as 18 ans ou plus, signe la « donor card » disponible auprès de NOOTDT-Lb sur son site Web : www.nootdt.org » ou en écrivant à l’adresse suivante : card@www.nootdt.org. Tu peux également la retirer de leurs bureaux à Hazmieh.

 

Tu peux également agir, en promouvant le don d’organes par les moyens suivants :

• Renseigne-toi sur le sujet et parles-en avec ta famille, tes amis, tes professeurs.

• Organise en classe des rencontres sur ce thème avec des spécialistes en la matière.

• Tiens compagnie à de jeunes patients de 17 à 20 ans, en attente d’une greffe, la NOOTDT peut te mettre en contact avec eux: ta présence à leur côté pourrait leur être très utile.

 

 

 



Questions à Mme Farida Younane, coordinatrice nationale du don d’organes

 

Qu’est-ce que le don d’organes ?

Le don d’organes est une décision qu’une personne (appelée «donneur») prend de son vivant ou que sa famille prend après son décès pour permettre la transplantation d’un ou de plusieurs de ses organes à une ou plusieurs personnes qui en ont médicalement besoin pour continuer à vivre normalement.

 

Que peut-on donner ?

Le besoin des personnes qui reçoivent le don peut être classé selon sa gravité: certaines souffrent de l’insuffisance chronique d’un organe vital comme le cœur, les poumons, le foie, le pancréas ou les reins ; d’autres souffrent de l’absence d’un organe ou tissu, essentiel pour améliorer leur qualité de vie. C’est le cas notamment du don de cornée pour un aveugle, du don de peau pour un brûlé grave, du don de valves pour des personnes souffrant de problèmes cardiaques.

 

Qui peut donner ses organes ?

Toute personne est un donneur potentiel à partir de l’âge de 4 ans à condition de réunir les critères médicaux nécessaires. Le « donneur » peut, de son vivant, donner un organe, tissu qui ne lui est pas vital à condition toutefois de satisfaire aux conditions légales et éthiques requises.

En revanche, seul le désir de procéder au don et les bonnes conditions médicales pour le transplant régissent le don après le décès du donneur.

 

Quand décider de bénéficier d’un don ?

On a recours au don d’organes lorsque, du point de vue médical, c’est la seule solution pour la survie du patient ou pour améliorer sa qualité de vie.

 

Comment faire ?

Les conditions préalables : la loi libanaise permet le don par un donneur vivant ou un donneur décédé, le don devant être gratuit et inconditionné.

Le donneur vivant doit être un membre de la famille. Ce don ne doit en aucun cas nuire à sa santé à court ou à long terme.

La loi libanaise sanctionne, par ailleurs, les vendeurs d’organes et de tissus.

Pour le donneur décédé, elle exige l’accord écrit de la famille, même si le donneur avait rempli et signé, de son vivant, une carte de donation.

 

Les conditions pratiques pour s’inscrire comme « donneur potentiel »

1. Remplir une carte de donation.

2. Informer ses proches de sa décision d’être un donneur potentiel après sa mort. Car pour sauver des vies, il faut l’avoir dit !

 

 

* NOOTDT est le comité national pour le don et la greffe d’organes au Liban. Cette association à but non lucratif dépend du ministère de la Santé et de l’Ordre des médecins.

 

 

Retrouvez cette enquête, mais aussi le dossier « Du nouveau sur Facebook » ou encore un reportage sur les cuisines d'un fast food, dans le numéro de novembre de notre supplément Junior, actuellement dans les kiosques.

 

 

 

 

 

1992 : Première transplantation de rein. 1998: Première transplantation de cœur. 2010 : 62 greffes de la cornée. Depuis la création de la NOOTDT* en 1999, le don d’organes au Liban connaît un heureux essor : formation dans les hôpitaux du corps médical, intervention dans les écoles pour la « promotion» du don d’organes auprès des élèves, signature il y a deux ans d’une convention avec les Espagnols (experts dans ce domaine), en vue de structurer le système libanais et de recueillir un plus grand nombre de greffes par an. En somme, les efforts du comité national portent leurs fruits, mais le combat continue.
 
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