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Économie - G20

Minisommet de crise à Cannes sur la Grèce

Papandréou a été convoqué par les dirigeants de l’UE et du FMI.

Un minisommet de crise sur la Grèce pour ramener le calme à la veille du G20 s’est ouvert hier à Cannes en France, où les Européens laissent désormais planer, pour la première fois, le spectre d’une sortie d’Athènes de la zone euro.
Le président français Nicolas Sarkozy a accueilli en fin d’après-midi au Palais des festivals, sur la Croisette, la chancelière allemande Angela Merkel, les principaux dirigeants de l’UE et la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde. « Nous avons pris il y a une semaine des décisions à 17 » États membres de la zone euro, « nous n’acceptons pas que quelqu’un se dissocie de cette décision », a déclaré Jean-Claude Juncker, le patron de l’Eurogroupe, à l’issue de cette première réunion organisée à la hâte après l’annonce d’un référendum controversé en Grèce sur le plan de sauvetage européen.
Et pour enfoncer le clou, les Européens ont aussi laissé entendre qu’ils ne seraient pas en mesure, avant le référendum grec, de verser comme promis à la Grèce l’aide financière dont elle a pourtant un besoin pressant pour éviter la faillite dans les semaines qui viennent.
Le Premier ministre grec Georges Papandréou, convoqué pour s’expliquer, est ensuite arrivé pour une seconde réunion. Athènes a ébranlé l’Europe ainsi que les marchés financiers en annonçant lundi, à la surprise générale, sa décision de soumettre à un référendum à hauts risques le plan européen d’allègement de la dette grecque et d’endiguement de la crise de la zone euro. Après leur chute libre de la veille, les places boursières européennes ont un peu rebondi hier, mais restaient sous le choc.
La décision grecque a bouleversé toute la stratégie du groupe des vingt principaux pays riches et émergents (G20) dont les chefs d’État et de gouvernement se réuniront aujourd’hui et demain sur la Côte d’Azur. Leur ambition initiale était d’éviter au monde de replonger dans le marasme économique.
Les Européens doivent se retrouver à nouveau ce matin, avec les dirigeants italien et espagnol, pour coordonner leur position avant le sommet du G20. Ils comptaient y présenter à leurs partenaires leur plan de sortie de crise adopté la semaine dernière à Bruxelles, dont le but était aussi de rétablir la confiance et de rassurer les États-Unis et les pays émergents, inquiets de voir les problèmes européens stopper la croissance mondiale. Mais la mise en œuvre de ce plan est désormais menacée par un « non » au référendum grec.
Christine Lagarde a toutefois appelé les Européens à appliquer avec « détermination » leur plan. « Si référendum il doit y avoir, il faut que les termes de ce référendum soient clairs : entre la solidarité européenne qui est offerte en contrepartie d’efforts et le choix de la faillite nationale, il faut choisir », a lancé le Premier ministre François Fillon.
C’est la première fois qu’une sortie d’un État de l’Union monétaire assortie de sa banqueroute, solution jusqu’ici totalement taboue, est aussi explicitement envisagée.
Lançant un « appel urgent et vibrant en faveur de l’unité nationale » en Grèce, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a aussi prévenu que les conséquences d’un rejet du plan « seraient imprévisibles », surtout pour les plus vulnérables. Au contraire, a assuré Georges Papandréou, le référendum fournira un « message clair » sur l’appartenance de la Grèce à l’euro.
L’autre exigence des partenaires d’Athènes porte sur la date du référendum. Le mois de janvier a été évoqué à Athènes. Selon un responsable européen, le référendum « doit pouvoir se faire avant Noël ». D’ici là, les Européens espèrent que le Parlement grec adoptera le plan de sauvetage, sans attendre le référendum.
Premier pays en ligne de mire des marchés en cas de contagion de la crise grecque, l’Italie mettait hier soir la dernière main à de nouvelles mesures anticrise, lors d’un Conseil des ministres extraordinaire juste à temps avant le début du G20.
Notons que l’urgence grecque chamboule tous les efforts de la présidence française du G20 pour obtenir, de la part des grandes puissances émergentes, une participation claire à l’effort contre les risques de nouvelle récession et une contribution financière au fonds de secours de la zone euro. Ces derniers, Chine en tête, demandaient aux Européens de ramener le calme sur les marchés avant de se prononcer. « Si j’étais chinois, je dirai on en reparle après le référendum grec », soupire un membre d’une délégation internationale.
Une source proche de la présidence française du G20 a toutefois assuré que Pékin abordait le sommet « avec un esprit très ouvert », malgré le problème grec. Le président chinois Hu Jintao, qui a dîné hier soir avec Nicolas Sarkozy, lors d’une pause du minisommet sur la Grèce, a redit qu’il souhaitait « sincèrement la stabilité de la zone euro et de l’euro ».

(Source : AFP)
Un minisommet de crise sur la Grèce pour ramener le calme à la veille du G20 s’est ouvert hier à Cannes en France, où les Européens laissent désormais planer, pour la première fois, le spectre d’une sortie d’Athènes de la zone euro.Le président français Nicolas Sarkozy a accueilli en fin d’après-midi au Palais des festivals, sur la Croisette, la chancelière allemande Angela Merkel, les principaux dirigeants de l’UE et la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde. « Nous avons pris il y a une semaine des décisions à 17 » États membres de la zone euro, « nous n’acceptons pas que quelqu’un se dissocie de cette décision », a déclaré Jean-Claude Juncker, le patron de l’Eurogroupe, à l’issue de cette première réunion organisée à la hâte après l’annonce...
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