– Supposons maintenant que le régime qui tient les rênes en Syrie décide, sous la pression internationale, l’arrêt des violences et s’oriente, parallèlement, vers un vibrant appel au calme dans le pays, je pense néanmoins que pour le président Bachar el-
Assad, qui s’est déconsidéré aux yeux de son peuple, il sera vraisemblablement très difficile de regagner la confiance de l’opinion malgré tous les efforts qu’il pourrait déployer en ce sens.
– S’il parvient encore, vaille que vaille, à se maintenir au pouvoir, il le doit, d’une part, au climat de terreur qui s’est généralisé et, d’autre part, à la «bienveillance» dont il jouit encore auprès de certains États inconditionnels comme la Chine et la Russie qui bloquent toute condamnation à l’ONU.
Mais tout cela pour combien de temps encore?
– Déjà la Turquie, qui jusqu’ici était un allié fidèle de la Syrie, prend ses distances avec la politique du tout répressif conduite par son voisin.
– En outre, des manifestations populaires de nature pacifique se déroulent chaque jour un peu plus dans les pays occidentaux ajoutant au discrédit d’Assad aux yeux du monde.
– Mais surtout, il semble qu’une véritable opposition, certes balbutiante, sorte officiellement des limbes en tant que parti démocratique opposé à la ligne politique officielle et que ce Conseil national syrien soit sur le point de se doter d’organes de direction solides, structurés et pérennes.
Quelles seraient alors les perspectives d’évolution à moyen terme de la situation?
– La machine à gagner les futures élections générales prévues pour début 2012 (à moins qu’elles se tiennent de façon anticipée) va, selon toute vraisemblance, propulser l’opposition au firmament de sa notoriété et Assad n’aura plus alors d’autre porte de sortie honorable que de battre en retraite et laisser sa place. On voit mal en effet comment les choses pourraient évoluer différemment tant les massacres et les exactions de toute nature perpétrés par les séides du pouvoir en place vont avoir comme effet de discréditer davantage encore le chef de l’État aux yeux de la population syrienne.
C’est la raison qui m’amène à dire que, à moins d’un véritable miracle, les jours d’Assad me paraissent maintenant comptés.


Antoine Ged, votre analyse est basée sur la réalité des choses. La Syrie court irrémédiablement vers l'inconnu à pas de géant. Salutations amicales. Anastase Tsiris
14 h 08, le 01 novembre 2011