Photo rtflash.fr
Les conséquences psychopathologiques et sociales de l’épilepsie, la prise en charge des patients, le traitement chirurgical de la maladie... autant de sujets au centre d’une journée scientifique consacrée à l’épilepsie, organisée récemment par la faculté de médecine de l’Université Saint-Joseph.
Les spécialistes réunis à cette occasion ont exposé les différents types et traitements de l’épilepsie de l’enfant et de l’adulte. Ils ont ainsi souligné que les médicaments servent à contrôler les symptômes de la maladie, sans pour autant être curatifs. Seule la chirurgie l’est. Celle-ci est pratiquée chez les patients qui ne répondent plus au traitement médical, soit chez environ 30 % des patients.
Les conférenciers se sont également penchés sur l’aspect psychique et social de la maladie. Ils ont ainsi mis l’accent sur l’inaccessibilité au traitement dans certaines régions du monde, où environ la moitié des patients – voire 90 % des patients dans certains pays – ne sont pas bien pris en charge.
À l’ordre du jour de cette journée, également la relation entre l’épilepsie et le trouble mental, notamment la dépression (une étude pilote faite à l’Hôtel-Dieu montre que 27 % des patients souffrent de déprime), la marginalisation des épileptiques, basée sur une étude menée sur 145 personnes. Cette étude a mis l’accent sur les idées reçues et les préjugés concernant la maladie, et les conséquences de cette attitude chez les patients, ainsi que le traitement chirurgical de l’épilepsie. Une session a de même été consacrée à la conduite des véhicules et l’épilepsie.
Cellules souches : la science progresse
Pour la première fois, une équipe franco-britannique a montré, au terme d’une authentique prouesse technologique, la possibilité d’utiliser des cellules dites pluripotentes dans le cadre d’une thérapie génique. Les chercheurs sont ainsi parvenus à traiter des souris atteintes d’un type particulier d’insuffisance hépatique, rapporte l’agence Destination santé.
Ce travail a été réalisé par des chercheurs du Sanger Institute et de l’Université de Cambridge au Royaume-Uni, en collaboration avec une équipe française de l’institut Pasteur et de l’Inserm.
Dans un premier temps, les scientifiques ont prélevé des cellules cutanées de patients souffrant d’une maladie génétique rare du foie. Celles-ci ont été mises en culture in vitro et ainsi transformées en cellules souches pluripotentes induites. Autrement dit, capables d’être « reprogrammées » en n’importe quel autre type de cellule, des cellules hépatiques dans le cas d’espèces.
Une fois cette reprogrammation effectuée, les chercheurs sont ensuite parvenus à ôter des cellules la mutation responsable de la maladie pour en faire des cellules totalement « saines ». La dernière partie de leur travail a consisté à tester les nouvelles cellules hépatiques humaines sur un modèle animal de la maladie. Leur travail a montré, d’une part, le caractère totalement fonctionnel de ces cultures cellulaires et leur capacité à s’intégrer dans le tissu existant et, d’autre part, qu’elles contribuaient à régénérer le tissu hépatique des souris traitées ! « Ces travaux pionniers renforcent ainsi les espoirs des communautés scientifiques et médicales dans le recours aux cellules pluripotentes induites à des fins thérapeutiques chez l’homme », concluent l’Inserm et l’institut Pasteur.
La stimulation ovarienne accroît le risque de tumeurs « frontières »
La stimulation hormonale chez les femmes souffrant de problèmes de fertilité accroît le risque de tumeurs frontières (à faible potentiel de malignité) des ovaires, selon une étude publiée dans Human Reproduction, journal de la Société européenne de reproduction.
L’équipe du Pr Flora Van Leeuwen, de l’Institut néerlandais du cancer à Amsterdam, a analysé les données concernant plus de 25 000 femmes diagnostiquées infertiles aux Pays-Bas entre 1980 et 1995. Parmi elles, 19 146 avaient reçu au moins un traitement de stimulation ovarienne, contre 6 006 n’en ayant pas reçu.
Cette étude, rapportée par l’AFP, est la première à introduire une comparaison avec un groupe de femmes n’ayant pas reçu de traitement hormonal pour stimuler la production d’ovocytes. « Cela est particulièrement important parce que la difficulté à concevoir un enfant ou le fait de n’avoir jamais eu de grossesse sont connus comme des facteurs augmentant le risque de malignités ovariennes », ont souligné ses auteurs.
Parmi les quelque 25 000 femmes étudiées, ils ont trouvé 77 malignités ovariennes, alors que le risque de développer ce type de tumeurs est très faible en population générale. Après ajustement de différents facteurs (nombre d’enfants, cause de l’infertilité...), les chercheurs ont montré un risque doublé de malignités ovariennes chez les femmes ayant reçu une stimulation ovarienne par rapport au groupe non traité.
« De façon surprenante, parmi les 61 femmes ayant présenté des malignités ovariennes dans le groupe ayant subi une stimulation hormonale, 31 avaient un cancer frontière et 30 un cancer invasif. Soit une proportion anormalement élevée de tumeurs frontières », a indiqué le Pr Van Leeuwen.
Les tumeurs frontières ovariennes ont un faible potentiel de malignité et sont rarement fatales, mais requièrent un traitement chirurgical.
Les chercheurs n’ont pas observé de lien entre l’augmentation du risque de malignité ovarienne et le nombre de cycles de traitement hormonal, mais comptent poursuivre leurs travaux sur cette voie.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef