Le citoyen, et plus spécifiquement le salarié, ne peut qu’applaudir à la décision du Conseil d’État. Même si elle retarde quelque peu les réajustements de salaires qu’il n’en peut plus d’attendre vu l’envolée des prix. Même s’il peine à boucler son mois et qu’il se sent pris à la gorge par un quotidien de plus en plus difficile.
Car il a été profondément déçu, le Libanais, par la décision du cabinet. Qu’il travaille dans le secteur privé ou dans la fonction publique. Qu’il soit employé, enseignant ou qu’il exerce une profession libérale. Qu’il soit sympathisant du 14 Mars ou fervent défenseur du 8 Mars. Qu’il appartienne à la catégorie des petits salariés ou que son salaire soit supérieur à 1 800 000 LL.
Déçu parce qu’il espérait, le citoyen, que cette fois serait la bonne. Autrement dit, que le gouvernement plancherait avec sérieux et professionnalisme sur ses endémiques problèmes salariaux. Que ce gouvernement travaillerait sur un plan de réajustement de tous les salaires, et non seulement des bas salaires, en collaboration avec les instances patronales et syndicales, et proportionnellement au coût de la vie. Sans oublier les allocations familiales, les indemnités de transports et évidemment les aides à la scolarité. Dans l’attente, bien entendu, de réformer l’école publique. Mais ça, c’est une autre histoire.
Déçu aussi, le citoyen, parce qu’il aspirait à un salaire minimum analysé en profondeur et révisé de manière à lui permettre, ainsi qu’à chaque salarié, de manger à sa faim. Que peut-on faire aujourd’hui au Liban avec 500 000 LL par mois et même avec 700 000 ? Nos chers ministres ont-ils pris la peine de se poser la question ? Alors qu’ils savent pertinemment qu’il est quasiment impossible aujourd’hui pour un couple de smicards de se payer un logement et de fonder une famille.
Déçu enfin, le citoyen, parce qu’il aurait souhaité, dans le cadre d’un plan plus global et à long terme, que les autorités envisagent à son intention une meilleure couverture sociale, englobant la santé, les allocations chômage et la retraite. Des services qu’il serait prêt à financer, s’ils s’avèrent performants, bien entendu.
Mais il délire, le citoyen. C’est à peine si les autorités se pencheront sur son salaire mensuel. Et encore !


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