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Liban - Le Commentaire

La révision de Taëf, c’est la boîte de Pandore...

Des cadres s’imaginent qu’une remise sur la table de la Constitution issue de Taëf redorerait le lustre de la composante chrétienne du pays. En redonnant au chef de l’État certaines de ses anciennes prérogatives. Ils oublient que cela ouvrirait en grand le débat sur la parité, afin qu’elle ne soit plus égale, mais que les musulmans obtiennent deux parts contre une seule aux chrétiens. De même, il serait de nouveau réclamé de faire jouer la règle du nombre, entendre de la supériorité numérique confessionnelle, dans la répartition des sièges tant au Parlement qu’au gouvernement. Certains avaient soulevé une telle revendication lors même de la conférence de Taëf. Mais il avait été décidé alors de ne pas braquer les chrétiens, de les rassurer, en leur garantissant la parité égale. Et en leur promettant qu’il en resterait toujours ainsi quelle que pourrait être l’évolution démographique. Cela pour rester dans l’esprit de la coexistence nationale, et de l’unité des rangs, nécessaires dans un pays composite que des disparités déséquilibreraient. On soulignait dès lors que, réglementairement, la décision arrêtée ne pourrait être modifiée que par un vote des deux tiers des membres composant l’Assemblée nationale.
Il faut cependant relever que la parité parlementaire effective n’a jamais eu cours depuis Taëf. Dans ce sens qu’un bon tiers de représentants chrétiens sont avant tout de fidèles vassaux de chefs de listes musulmans. Bkerké a toujours pointé du doigt ce déficit. Il faut donc une nouvelle loi électorale qui corrige la trajectoire, pour que chaque confession soit pleinement représentée. Il faut de même que ce code produise un pouvoir fondé su des bases saines, équanimes, équilibrées, afin que nul ne se sente discriminé. Condition préparatoire pour l’édification ultérieure d’un État vraiment civil au nom du vieux principe « la religion appartient à Dieu et la nation à tous ses fils. »
En ce qui concerne la récupération de quelques-unes des anciennes prérogatives du chef de l’État, il faut rappeler qu’en pratique, il en était beaucoup qu’il s’abstenait d’appliquer. Car cela aurait provoqué de graves scissions politiques et confessionnelles. Ainsi, il n’a jamais usé de son droit de nommer un gouvernement à sa seule guise, sans consulter personne, et de nommer parmi ses membres un Premier ministre, un primus inter pares, un commis principal en somme.
Le président procédait donc à des consultations parlementaires, quoi qu’elles ne fussent pas impératives comme aujourd’hui. Puis il désignait un chef de gouvernement qui, à son tour, consultait les députés. Et ensuite, les deux hommes composaient ensemble le cabinet. Étant entendu que la configuration se faisait surtout au gré du chef de l’État, car c’est lui qui, à l’époque, contrôlait la majorité parlementaire. À une ou deux exceptions près, en cas de changement subit de régime, comme en 1952.
Toujours est-il, répétons-le, qu’une application stricte de la règle sur le papier aurait soulevé le mécontentement de la composante musulmane du pays qui se serait sentie opprimée. Déjà, comme cela était, il y avait une contestation permanente au nom de la participation. L’on pouvait de la sorte entendre une notabilité aussi débonnaire que le président Sami Solh, pourtant solide allié du président Camille Chamoun, relever que le chef de gouvernement n’était à tout prendre qu’un bachekateb, un clerc de notaire, chez le président de la République.
Taëf a donc décidé que les consultations parlementaires du chef de l’État deviendraient impératives. C’est-à-dire qu’il n’aurait plus qu’à compter les avis donnés, pour désigner obligatoirement comme Premier ministre la personnalité qui aurait recueilli le plus de suffrages.
Mais, comme le souligne l’ancien vice-président de la Chambre Michel Maalouli, le président de la République dispose toujours de trois armes. D’abord, il peut faire pression sur les députés lors de leur audition, pour qu’ils désignent l’homme qu’il faut. Pour défendre la Constitution, l’indépendance et la souveraineté du Liban, dont le président est le garant, en vertu du serment d’investiture.
Ensuite, il peut refuser de signer le décret mettant en place une nouvelle équipe ministérielle, proposée par le Premier ministre désigné, s’il considère qu’elle souffre d’un défaut organique pouvant nuire gravement au pays.
Enfin, il peut adresser au Parlement, ainsi qu’au peuple, une missive solennelle, un message mettant tout le monde en garde contre la gravité d’une formation ministérielle inadéquate.
Le président Michel Sleiman réalise pour sa part que certaines parties qui réclament la révision de Taëf ont de bien pernicieux objectifs en vue. Il n’est pas loin de partager l’avis qu’avant de retoucher le pacte, il faut commencer par en compléter l’application. Afin de savoir quelles sont au juste les failles à combler et les zones d’ombre à éclaircir. Il répète donc qu’il existe dans la Constitution des défauts à corriger, notamment pour ce qui a trait aux prérogatives présidentielles.
Des cadres s’imaginent qu’une remise sur la table de la Constitution issue de Taëf redorerait le lustre de la composante chrétienne du pays. En redonnant au chef de l’État certaines de ses anciennes prérogatives. Ils oublient que cela ouvrirait en grand le débat sur la parité, afin qu’elle ne soit plus égale, mais que les musulmans obtiennent deux parts contre une seule aux chrétiens. De même, il serait de nouveau réclamé de faire jouer la règle du nombre, entendre de la supériorité numérique confessionnelle, dans la répartition des sièges tant au Parlement qu’au gouvernement. Certains avaient soulevé une telle revendication lors même de la conférence de Taëf. Mais il avait été décidé alors de ne pas braquer les chrétiens, de les rassurer, en leur garantissant la parité égale. Et en leur promettant...
commentaires (9)

Taef est un ensemble d'accords politiques et non pas une Sainte Bible ou un Coran! S'il y aura consensus sur certaines modifications qui s'imposent, il faudra les faire car un des principes de m'importe quelle forme de démocratie...et nous jouissant d'une d'entre elles, c'est l'adaptation des ses règles aux nouveaux changement et à ses besoins. Je pense que la démocratie c'est quelque vers lequel on tend mais pas quelque chose qu'on atteint pas car aucune société ne peut restée figée!... d'où cette nécessité.

Ali Farhat

17 h 41, le 28 octobre 2011

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Commentaires (9)

  • Taef est un ensemble d'accords politiques et non pas une Sainte Bible ou un Coran! S'il y aura consensus sur certaines modifications qui s'imposent, il faudra les faire car un des principes de m'importe quelle forme de démocratie...et nous jouissant d'une d'entre elles, c'est l'adaptation des ses règles aux nouveaux changement et à ses besoins. Je pense que la démocratie c'est quelque vers lequel on tend mais pas quelque chose qu'on atteint pas car aucune société ne peut restée figée!... d'où cette nécessité.

    Ali Farhat

    17 h 41, le 28 octobre 2011

  • Et pourtant, André Jabbour, j'étais au début et jusqu'en 2005 un grand admirateur du GMA. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    11 h 18, le 27 octobre 2011

  • Cher André Jabbour, la majorité obtenue dans les élections fut le résultat du grand apport de voix non chrétiennes. Lorsque les chrétiens éliront leurs représentants, un jour, et je sais que vous demandez la même chose, alors et seulement alors on pourrait parler de leader chrétien à majorité chrétienne. Je crois que vous n'étiez pas au Liban durant la guerre civile. GMA, par instructions syriennes, attaqua les FL. Quand il eut fini il fut attaqué par les syriens à son tour. Qu'est-ce que c'est, sinon la division des Chrétiens ? Et, je ne veux pas répéter ce qui est connu. Chacun a son avis. Certains avis partisan, d'autres avis car ils ont vécu les évènements. Vous gardez votre avis. Je garde le mien. L'important est de réunir tous les Chrétiens en une force capable de discuter à tout possible nouveau Taëf et de s'imposer. Je crois que tous deux nous le voulons. Vous avant moi, j'en suis sûr. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    11 h 07, le 27 octobre 2011

  • - - Cher Anastase Tsiris , Je n'ai jamais voulu vous contredire dans vos réactions concernant GMA , ni le discuter avec vous , puisque votre idée fixe , est bien fixe et fixée , donc rien à faire , et c'est votre droit . Mais je ne peux pas vous laisser dire "continuellement " ICI , que c'est la faute de GMA , si les Chrétiens sont divisés , ou bien , si un jour , ils leur arrivaient malheur !!! Avec quelle logique peut-on accusé celui qui est à la tête du plus grand bloc et parti Chrétien du pays , et à la tête du plus grand bloc de ministres au gouvernement , de diviser les Chrétiens , qui l'ont amené là où il se trouve , à deux reprises consécutives , depuis son retour au pays de son exil " forcé " ?? Et comment pouvez-vous dire qu'il doit coopérer avec le Patriarche , puisqu'ils sont dans le même fossé , pour ne pas dire maquis politique , face aux autres éparpillés ici et là avec leurs attaques journalières contre Bkérké et son chef .!? Depuis quand , et dans quelle démocratie , une majorité forte et structurée , doit suivre une minorité éparpillée sans chef ou avec plusieurs chefs qui dépendent d'un autre qui n'a rien à voir avec notre cuisine intérieure (...) . merci de votre attention , et tâchons de rester dans le réel et non , dans l'imaginaire et le rêve , qui ne mènent nulle part .

    JABBOUR André

    10 h 06, le 27 octobre 2011

  • S'il y aurait un nouveau Taëf, ce serait un Taëf bicéphale. Sunnites et Chiites s'y emploiraient à qui obtiendrait plus de prérogatives. Quand aux Chrétiens, deux moitiés, inféodés aux deux autres parties, " FRATET 3MLÉ " ils n'obtiendraient que ce que les deux grands négociateurs leurs concèderaient. Si les Chrétiens ne s'unissent pas, bien avant, pour former une troisième force, afin que tout futur Taëf, s'il y en aurait, soit Tricéphale, au lieu de bicépale, 3WDOU BI SALAMITKON, Chrétiens du Liban. Le crime incomberait, en premier lieu, au GMA qui a divisé, pour la seconde fois, les Chrétiens du Liban, par ses aspirations et ses illusoires rêves personnels, et les a monté les uns contre les autres. Les autres leaders Chrétiens s'en sont pas moins responsables pour s'être pris dans le jeu et l'avoir attisé. Les Chrétiens, tous les Chrétiens, un jour, vous maudiraient GMA à jamais. J'espère qu'il se réveille à temps, qu'il abandonne ses stupides rêves illusoires, et qu'il travaille, avec le Patriarche, et avec tous les autres leaders Chrétiens, pour unir la famille Chrétienne, sans plus de retard. Sinon, les Chrétiens seraient dispersés aux quatre coins du monde, par les caprices et les irresponsabilités d'un seul homme. Comme la responsabilité, l'initiative aussi lui incombe. Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    08 h 28, le 27 octobre 2011

  • C'est çà...Taëf 1,2,3.....sans compter le Caiore,Doha...à qaund un Beyrouth 1.Et de toute façon,il n'ya qu'une seule solution pour sortir de ce merdier...revenir à notre constitution d'origine,rétablir le Pacte National entièrement,redonner au chef de l'Etat toutes ses prérogatives,et en finir avec la doctrine Chéhab mal comprise en ce qui concerne l'Armée...je sais,je sais,y'a qu'à,faut qu'on...je sais....mais est ce si bête que çà?

    GEDEON Christian

    06 h 51, le 27 octobre 2011

  • Les prérogatives présidentielles du président de la république doivent être corrigées au plus tôt vu que ce monstre Taëf a créé deux blocs confessionnels politiques l’ un sunnite l ’autre chiite et toutes les autres confessions y compris les chrétiens contraints à un suivisme entre ces deux blocs en l’ absence de prérogatives sérieuses de la première instance . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    05 h 19, le 27 octobre 2011

  • Nous ne savons plus combien de boites de Pandore nos responsables/irresponsables Élus vont nous ouvrir. Nous irons de surprises en surprises. Il ne reste à ce beau pays, si vraiment la volonté est de le garder uni, que l'échappatoire des Cantons à la Suisse. Le pays restera uni. Sinon, la désintégration en petits Etats et entités, non viables, serait la catastrophe pour tous. Car, que se partager d'un si petit pays ? Mais, si on va vers cette logique, que Dieu nous en garde, l'Etat du Hezbollah est déjà prêt et un fait. Il reste à définir les autres. Pour sauver ce pays et le garder uni, il n'y a que le Dialogue ! l'Entente ! et l'Unité ! Nos responsables/irresponsables Élus pourront-ils relever ces défis ? Anastase Tsiris

    Anastase Tsiris

    02 h 58, le 27 octobre 2011

  • - - La partie en question dans votre article , qui risque de réclamer un Taef à trois au lieu de 2 , selon vous , et aujourd'hui celle qui insiste le plus à l'unité du pays et se prononce ouvertement la dessus en veillant sur cette union sacrée , contrairement à d'autres , qui ne rêvent que de la partition du pays ! Or , si cette revendication venait à voir le jour , celle de réclamer plus de pouvoir et de faire du nouveau Taef , un triangle au lieu de la parité , cela ouvrirait la voie à l'officialisation du partage des territoires , puisqu'ils le sont ! et de la partition de notre pays , le Liban . Taef ne pourra plus survivre et on le sait , inutile de parler de boîte de pandore , le président de la République ne pourra plus rester sans prérogatives , avec des députés et des ministres qui ont du pouvoir plus que lui . D'ailleurs les trois leaders Chrétiens Maronites concernés sont d'accord là dessus , à savoir , Le Patriarche Maronite , le Président de la République , et GMA , cela vous montre le sérieux de cette revendication qui ne restera pas sans suite , maintenant que l'empêcheur et sa troupe , sont HS pour de bon .

    JABBOUR André

    01 h 02, le 27 octobre 2011

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