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À La Une - Souvenirs Souvenirs

Condi, Lahoud et la douche...

Les mémoires de l’ancienne chef de la diplomatie US seront publiés la semaine prochaine.

Une photo d’archives de Mme Rice serrant la main d’Emile Lahoud. Getty Images/

Condoleezza Rice dit tout. Et nombreux sont ceux à en prendre pour leur grade dans "No Higher Honor" (Pas de plus grand honneur), son nouveau livre qui doit paraître le 1er novembre aux Etats-Unis.

 

L'ancienne secrétaire d'Etat américaine sous l’Administration de George W. Bush, confie notamment ses impressions après avoir rencontré certains dirigeants arabes. Selon elle, le président soudanais Omar al-Béchir "avait l’air d’un drogué", et l’ancien raïs égyptien Hosni Moubarak rejetait catégoriquement les appels aux réformes. "Les Egyptiens veulent un homme fort, ils n’aiment pas les ingérences étrangères", lui aurait-il dit.

 

En ce qui concerne le Liban, Condi s’attarde sur l’ancien président Emile Lahoud. Et ça fait mal, puisqu’elle explique avoir senti "le besoin de prendre une douche après (lui) avoir serré la main », au cours d’une de ses visites à Beyrouth.

 

Emile Lahoud fait toutefois pale figure à côté de Mouammar Kadhafi. L’on sait que le "Guide" libyen vouait une admiration particulière à Condi. Après la chute de Tripoli, des journalistes avaient mis la main sur un album rassemblant des photos de celle qu’il avait surnommé "sa princesse africaine".

Une admiration qui n’a pas échappé à Rice.

"Kadhafi avait une fascination assez étrange à mon endroit, demandant à des visiteurs pourquoi sa 'princesse africaine' ne lui rendait pas visite", écrit l'ancienne diplomate d'extraction afro-américaine. Rice, qui avait rencontré le bouillant colonel en septembre 2008 lors d’une visite à Tripoli, explique qu'elle avait été avertie avant l'entretien de ne pas s'offusquer du comportement "dément" du "Guide" de, mais ses appréhensions ont rapidement été justifiées. "Il s'est soudain arrêté de parler et s'est mis à rouler la tête d'avant en arrière. 'Dites au président Bush d'arrêter de parler d'une solution à deux Etats pour Israël et la Palestine. Il faut un seul Etat, l'Israëltine', aboya-t-il", raconte Mme Rice. "Il n'a pas dû apprécier ce que j'ai dit après ça. D'un coup de colère, il a mis deux interprètes à la porte. Tout va bien, me suis-je dit, c'est ça Kadhafi...", ajoute l'ancienne ministre.

 

Kadhafi avec celle qu'il appelait "sa princesse

africaine". Photo AFP

 

Le dictateur avait ensuite invité Mme Rice à dîner dans sa cuisine privée et lui avait offert un album de photos la représentant avec des dirigeants mondiaux, le tout avec en fond sonore "Une fleur noire à la Maison Blanche", un morceau écrit spécialement pour elle par un compositeur libyen. "C'était bizarre, mais au moins ça n'avait rien de torride", souligne "Condi", comme pour rassurer ses lecteurs.

Les Etats-Unis avaient à l'époque aidé à réintégrer Tripoli dans le concert des nations, le pays ayant accepté de se débarrasser de ses armes de destruction massive.

"Je suis ressortie de cette visite en réalisant à quel point Kadhafi vivait dans sa bulle", confie Mme Rice : "Je me demandais s'il comprenait vraiment ce qui se passait autour de lui. Et j'étais très contente que nous l'ayons dépossédé de ses armes de destruction massive. Là, dans son bunker, il n'aurait sûrement jamais hésité à s'en servir en dernier recours".

 

 

Dans "No Higher Honor", Mme Rice égratigne également ses collègues et confie avoir menacé de quitter son poste de conseillère à la sécurité nationale de George W. Bush en raison de désaccords avec le vice-président Dick Cheney et d'autres responsables de l'administration sur le sort des détenus soupçonnés d'activités terroristes, l'Irak post-Saddam Hussein et le rôle que les Etats-Unis devaient y jouer.

En novembre 2001, écrit-elle dans ses mémoires, elle s'était plainte au président Bush après avoir appris que celui-ci avait publié, sans l'avoir consultée, un décret préparé par le conseiller de la Maison Blanche Alberto Gonzales autorisant les tribunaux militaires d'exception. "Si cela se reproduit, soit Gonzales, soit moi devrons démissionner", écrit-elle rapportant ses remarques à M. Bush, qui s'était alors excusé, selon elle, selon des extraits publiés par le New York Times.

Avec le secrétaire d'Etat d'alors Colin Powell, elle avait également demandé si le Pentagone déployait suffisamment de soldats en Irak pour maintenir la stabilité du pays. "Nous savons maintenant que c'était une erreur et que le chaos après l'invasion a contribué à une dérive épouvantable vers des carnages inter-religieux au cours des trois années qui ont suivi", explique-t-elle.

 

Condoleezza Rice s'opposait souvent à Dick Cheney et son équipe, qui étaient "vraiment d'un esprit ultra-va-t-en-guerre", écrit-elle encore.

 

Leur principale confrontation a eu lieu en 2006, selon le New York Times, quand elle a argumenté que les suspects de terrorisme ne pouvaient "disparaître" comme dans certaines dictatures et pressé le président Bush de reconnaître que Khaled Cheikh Mohammed était détenu dans des prisons secrètes à l'étranger.

Selon le quotidien, M. Bush a pris le parti de Mme Rice et transféré les suspects à la base navale de Guantanamo.

 

Condoleezza Rice dit tout. Et nombreux sont ceux à en prendre pour leur grade dans "No Higher Honor" (Pas de plus grand honneur), son nouveau livre qui doit paraître le 1er novembre aux Etats-Unis.
 
L'ancienne secrétaire d'Etat américaine sous l’Administration de George W. Bush, confie notamment ses impressions après avoir rencontré certains dirigeants arabes. Selon elle, le président soudanais Omar al-Béchir "avait l’air d’un drogué", et l’ancien raïs égyptien Hosni Moubarak rejetait catégoriquement les appels aux réformes. "Les Egyptiens veulent un homme fort, ils n’aiment pas les ingérences étrangères", lui aurait-il dit.
 
En ce qui concerne le Liban, Condi s’attarde sur l’ancien président Emile Lahoud. Et ça fait mal, puisqu’elle explique avoir senti "le besoin de prendre une douche après (lui)...
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