Une étude publiée dans le « British Medical Journal » souligne que l’utilisation du téléphone portable et la durée d’exposition n’ont pas d’influence sur le risque de cancer cérébral. Photo guardian.co.uk
Réalisé au Danemark donc, ce travail a été piloté par une Helvète, Patrizia Frei, du Swiss Tropical and Public Health Institute de Bâle. Avec son équipe, elle a prolongé un premier travail, réalisé par un Danois entre 1982 et 1995 sur ce même sujet. À l’époque, celui-ci n’avait mis en évidence aucune relation entre l’utilisation du portable et le risque de cancer, indique l’agence Destination santé.
Après avoir repris les informations de cette cohorte et les avoir actualisées sur la période 1990-2007, Patrizia Frei a recensé cette fois 10 729 cas de tumeurs du système nerveux central sur une cohorte comportant exactement 358 043 sujets. Les cancers en question ont été, dans la plupart des cas, des gliomes et des
méningiomes.
« Les chiffres que nous avons retrouvés ont été similaires – donc statistiquement non significatifs – chez les usagers de mobiles et les autres sujets », explique-t-elle. Laquelle n’a pas non plus mis en évidence de risque particulier de voir se développer des tumeurs affectant les zones les plus proches de l’appareil.
Pas de données au-delà de 13 ans
La durée d’exposition n’aurait pas non plus d’influence sur le risque de cancer. Dans ce travail, elle reste cependant limitée à 13 ans. Il n’existe donc pour l’heure aucune donnée confortant l’existence d’un risque particulier lié à une exposition plus intense ou de plus longue durée.
Dans un éditorial publié dans le même numéro du BMJ, le Pr Anders Ahlbom, du Karolinska Institutet de Stockholm (Suède), souligne que ces « nouvelles données sont rassurantes, mais il reste très important et recommandé de poursuivre les travaux sur cette problématique ».
Notons que ces conclusions vont dans le sens de celles – peu claires il est vrai – de l’étude Interphone, pilotée par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé à Lyon. Ce travail avait porté sur plus de 6 500 patients atteints de tumeurs cérébrales dans treize pays (Allemagne, Australie, Canada, Danemark, Finlande, France, Israël, Italie, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Suède). En mai 2010, les conclusions que le monde attendait avaient déçu. Les auteurs avaient alors évoqué une absence d’augmentation du risque de cancers pour les utilisateurs de portables, tout en précisant que les recherches devaient être poursuivies.

