A Ercis, agglomération de près de 100.000 habitants, les dégâts sont massifs. Osman Orsal/
Au moins 264 personnes ont été tuées par le fort séisme qui a frappé dimanche la province orientale turque de Van, selon les derniers bilans fournis par le ministre de l'Intérieur. Les décès ont été surtout enregistrés dans la ville de Van, chef-lieu de la province du même nom, et le district d'Ercis, zone la plus ravagée, a indiqué le ministre Idris Naim Sahin. En visite dans la zone sinistrée pour mesurer l'ampleur des dégâts, M. Sahin a indiqué aux journalistes que la catastrophe avait également fait plus de 1.300 blessés.
Le séisme d'une magnitude de 7,2 est le plus puissant survenu depuis 1999, lorsque deux violentes secousses avaient fait environ 20.000 morts dans le nord-ouest densément peuplé de la Turquie, régulièrement touchée par des tremblements de terre.
Le vice-Premier ministre Besir Atalay a, de son côté, affirmé que les secouristes ont actuellement accès à toutes les agglomérations frappées. Dans les villes de Van et d'Ercis, les plus proches du lieu de l'épicentre, les sauveteurs s'efforçaient de retrouver de possibles survivants au milieu des décombres. Ils ont travaillé toute la nuit, dans un froid glacial, à la lumière de torches ou de générateurs, pendant que des rescapés campaient au mieux sous des tentes, voire à la belle étoile.
Mille trois cents secouristes, 145 ambulances, six bataillons de l'armée et des moyens aériens ont été envoyés sur les lieux. Mais des habitants des hameaux reculés ont dénoncé le manque de secours dans leur zone, notamment aux alentours d'Ercis, a rapporté la chaîne d'information CNN-Türk.

Les habitants d’Ercis, fortement frappée par le séisme, enterrent les membres de
leur famille qui ont perdu la vie dans le sinistre dimanche. Umit Bektas/Reuters.
L'organisation des secours semblait plus efficace par rapport aux précédents séismes. Des centaines de secouristes accompagnés de chiens renifleurs tentaient 24 heures après la première violente secousse de retrouver des survivants.
Les gens escaladaient les amas de béton en criant : "Il y a quelqu'un ?". La police tentait de repousser les curieux et d'éventuels pilleurs et les ambulanciers se tenaient prêts à récupérer d'éventuels rescapés des ruines. Les habitants appelaient les autorités à intervenir à des endroits précis sur leur compte Twitter. "Avenue Alkanat, appartement Vural, Ercis : deux enseignantes coincées sous les décombres", disait un de ses messages.
A Ercis, agglomération de près de 100.000 habitants, les dégâts sont massifs. Nombre d'habitants ont quitté la ville privée d'électricité et d'eau. Le Croissant-Rouge a dressé des tentes dans cette ville et distribué des vivres. Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, qui doit réunir lundi son gouvernement, a visité cette ville dans la nuit de dimanche à lundi.
Dans la ville de Van, au riche patrimoine historique située sur les rives d'un lac entouré de montagnes enneigées, les 380.000 habitants ont ressenti très fortement la secousse. Plusieurs étudiants de l'Université de la ville sont portés disparus.
Ce sont généralement les immeubles de plusieurs étages qui ont été rasés au sol tandis que les habitations d'un seul étage sont restées intactes. Ahmet Yakut de l'Université technique du Moyen-Orient (Odtü) à Ankara, a expliqué ce phénomène par le non respect des normes sismiques de construction. "Chaque étage réduit la résistance d'un immeuble lorsque celui-ci n'est pas parasismique", a-t-il souligné sur la chaîne privée NTV, déplorant aussi le manque de contrôles de la part des autorités locales. Seulement 9% des habitations ont une assurance séisme dans cette zone, a-t-il ajouté.
Le séisme d'une magnitude de 7,2 est le plus puissant survenu depuis 1999, lorsque deux violentes secousses avaient fait environ 20.000 morts dans le nord-ouest densément peuplé de la Turquie, régulièrement touchée par des tremblements de terre.
Le vice-Premier ministre Besir Atalay...

