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À La Une - Le Billet De Gaby Nasr

Le rien et le néant

Au milieu du décor de la dernière réunion de la Ligue arabe au Caire, rien que des gougnafiers moustachus, quasiment tous pendentifs de roitelets barbichus et autres dictateurs arabes lunettés de noir.
Premiers ministres et ministres arabes des Affaires étrangères se seraient bien passés de cette boucherie syrienne qui, au-delà de l’enfer imposé à la population, met en lumière le Tsar Assadovitch devenu soudain pour beaucoup d’entre eux très peu comestible.
Voilà pour le contenant, passons au contenu. Sur ce plan, les charlots de la Ligue avaient du couscous sur la planche : fallait-il ou non suspendre la Syrie du Machin arabe ? Interventions successives des délégués qui, couche après couche, en ont rajouté des tonnes dans l’arabisme dit modéré, une langue de bois débitée en sciures d’ébène par des représentants de pays éminemment qualifiés pour chanter les vertus du dialogue démocratique : des monarchies de droit divin, des émirats de droit pétrolier et quelques ultimes républiques calcifiées par les mandats présidentiels à rallonge. En somme, une société très peu anonyme mais à irresponsabilité illimitée.
Fallait voir surtout Adnane Mansour, notre ministre du Dehors et néanmoins secrétaire d’État auprès du pétillant Walid Moallem ! Représentant d’une République de peu, Adnane est libanais tendance Assad family. Le seul problème avec lui est que, ce jour-là, la tendance était plus perceptible que le passeport. Il avait, le pauvre, le moral dans les chaussettes et s’échinait à bourrer le mou à ses collègues au sujet de cette ingérence arabe intolérable dans l’art de vivre du paradis baassiste. Bref, une mission plus proche du néant que de l’être.
Pour ce qui est des résultats, il n’y a pas vraiment de quoi grimper aux rideaux : une obscure conférence de dialogue à réunir pour un pince-fesse à venir. Ainsi, pour épargner aux Syriens les affres d’une guerre civile et dans la crainte de voir le pays se transformer comme en Irak en Salon de l’auto piégée, les délégués se sont finalement résolus à ménager l’Infréquentable de Damas. Certains, qui pourtant aimeraient bien le voir déguerpir, se sont même allés jusqu’à le qualifier d’homme de dialogue et de réformes.
Demandez aux opposants, qui baignent dans la tranquillité. On se sent tellement bien dans les cimetières...

 

gabynasr@lorientlejour.com

Au milieu du décor de la dernière réunion de la Ligue arabe au Caire, rien que des gougnafiers moustachus, quasiment tous pendentifs de roitelets barbichus et autres dictateurs arabes lunettés de noir. Premiers ministres et ministres arabes des Affaires étrangères se seraient bien passés de cette boucherie syrienne qui, au-delà de l’enfer imposé à la population, met en lumière le Tsar Assadovitch devenu soudain pour beaucoup d’entre eux très peu comestible.Voilà pour le contenant, passons au contenu. Sur ce plan, les charlots de la Ligue avaient du couscous sur la planche : fallait-il ou non suspendre la Syrie du Machin arabe ? Interventions successives des délégués qui, couche après couche, en ont rajouté des tonnes dans l’arabisme dit modéré, une langue de bois débitée en sciures d’ébène par des...
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