Rappelons que la Banque mondiale avait récemment prévu une croissance au Liban de 4 % pour 2011 contre une estimation de 7 % initialement, tandis qu’elle tablait sur 5 % en 2012.
La banque d’investissement a par ailleurs prévu un déficit fiscal de l’ordre de 8,9 % du PIB en 2011. EFG Hermes a estimé dans son étude une augmentation de 6,2 % du total des dépenses prévues dans le budget 2012 par rapport à celui de 2011, à 14 milliards de dollars. La croissance des dépenses sera principalement due aux dépenses courantes, ces dernières devant augmenter de 12 ,9 % pour s’établir à 8,1 milliards de dollars. Le service de la dette devrait croître de 0,6 % à 3,8 milliards de dollars en 2012. Les dépenses d’investissement devraient, quant à elles, diminuer de 5,8 % en 2012 pour s’établir à 2 milliards de dollars. Ces prévisions ne tiennent toutefois pas compte des 373 millions de dollars qui seront investis dans le secteur des télécoms et dont le financement se fera en dehors du budget. EFG Hermes a ainsi estimé dans son étude que l’ensemble des dépenses d’investissement devraient augmenter en 2012 et pourraient profiter à l’économie si elles étaient appliquées.
Les recettes publiques devraient quant à elles grimper seulement de 3,2 % à 9,8 milliards de dollars en 2012 en dépit des nouvelles mesures prises par le gouvernement pour renflouer ses caisses. Ces dernières prévoient notamment une augmentation de la TVA de 12 % contre 10 % actuellement, une hausse de la taxe sur les intérêts provenant des dépôts bancaires de 5 % à 8 % et l’introduction d’une taxe sur les transactions immobilières à hauteur de 3 %. Ainsi, avec un total des dépenses supérieur à celui des recettes, le déficit devrait se creuser et passer à 4,1 milliards de dollars contre 3,6 milliards en 2011, a rappelé la banque d’investissement.
Hausse des salaires
EFG Hermes a en outre souligné que la hausse du salaire minimum décidée récemment par le gouvernement risque d’accentuer la pression fiscale. Selon la banque d’investissement, cette mesure entraînerait une augmentation des dépenses de l’ordre de 14,3 %, si les militaires et les retraités bénéficiaient de l’augmentation des salaires. Notons que le Conseil des ministres avait approuvé la semaine dernière un plan d’augmentation du salaire minimum de 500 000 à 700 000 livres (soit une hausse de 40 %), assortie d’une hausse de 200 000 livres pour l’ensemble des salaires en dessous du seuil d’un million de livres, et de 300 000 livres pour ceux compris dans la tranche allant de 1 à 1,8 million de livres.
Ce plan, qui concerne jusque-là uniquement le secteur privé, a suscité l’ire du patronat et de certains syndicats qui ont catégoriquement rejeté les termes de cet accord pour des raisons diamétralement opposées. Le rapport a conclu que ces mesures réduisent les chances du pays de voir le budget adopté avant la fin de l’année, ce qui signifie que le Liban pourrait à nouveau se retrouver sans un budget officiel, toujours selon le rapport – et ce pour la septième année consécutive.


Indignons nous de ce manque de volonté de redresser l'état de l'économie, ne serait-ce que pour être à la mode!
03 h 12, le 18 octobre 2011