Mme Bettencourt serait atteinte de « démence mixte ». Charles Platiau/Reuters
La mise sous tutelle remet en cause le mandat d’administratrice du géant des cosmétiques L’Oréal détenu par Liliane Bettencourt, qui fête cette semaine ses 89 ans. Mais la juge des tutelles a choisi hier de confier l’ensemble des prérogatives de la tutelle à des membres de sa famille. Liliane Bettencourt va donc être placée sous la tutelle de son petit-fils aîné Jean-Victor Meyers, ses biens et son patrimoine étant placés sous la tutelle de sa fille Françoise Bettencourt-Meyers et de ses deux petits-fils, ont indiqué les avocats des parties. Les trois tuteurs désignés ont aussitôt assuré que la tutelle n’aura pas de conséquence sur la gouvernance et « les équilibres de l’actionnariat » de L’Oréal, insistant sur « l’attachement profond de toute la famille » au géant des cosmétiques. Dans une interview à l’hebdomadaire Le journal du dimanche (JDD), Liliane Bettencourt a brandi la menace de partir « à l’étranger » si la juge décidait de la placer sous l’autorité de sa fille Françoise. « Si c’est cela, je pars à l’étranger. Si ma fille s’occupe de moi, j’étoufferai », a déclaré la milliardaire. Le patrimoine de Mme Bettencourt est scruté de près par le pouvoir politique qui s’inquiète d’une éventuelle prise de contrôle étrangère de L’Oréal, dont le géant suisse Nestlé est, avec près de 30 % du capital, le deuxième actionnaire.
Pendant l’été 2010, Mme Bettencourt a été au cœur d’une tentaculaire affaire politico-fiscale, née d’un conflit familial entre la mère et sa fille unique. Ce différend avait trouvé son origine dans des procédures lancées par Françoise Bettencourt-Meyers visant l’écrivain-photographe François-Marie Banier qu’elle accusait d’avoir abusé de la faiblesse de sa mère pour obtenir près d’un milliard d’euros de dons dans les années 1990 et 2000. Début septembre, un livre-brûlot de deux journalistes du quotidien Le Monde a relancé cette affaire : une magistrate y accuse le pouvoir d’avoir fait pression sur des témoins qui auraient vu le président Nicolas Sarkozy recevoir des sommes d’argent en liquide de la famille Bettencourt pour financer sa campagne à l’élection présidentielle de 2007. Des accusations dénoncées comme « mensongères » par la présidence.
(Source : AFP)


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