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À La Une - Portrait

Martine Aubry : une "Merkel de gauche"

Sans rien renier, Martine Aubry s'attache à redresser son image depuis qu'elle a pris la tête d'un Parti socialiste déchiré, avec le soutien de nombreux poids lourds du PS. Denis CHARLET/

Parfois comparée à une "Angela Merkel de gauche" pour ses manières sobres et sans fioriture, Martine Aubry s'est révélée au cours de la primaire socialiste une compétitrice coriace et déterminée, menant une campagne offensive, voire agressive.
Lorsqu'elle annonce le 28 juin sa "candidature à l'élection présidentielle", Martine Aubry a plus de six mois de retard sur son principal concurrent, François Hollande. Sa campagne, laborieuse au début, est montée en puissance au fil des semaines, pour finir par marteler un thème quasiment unique: elle serait la représentante d'une gauche "forte" face à un François Hollande tenant d'une gauche "molle". Suprême insulte dans l'univers socialiste français, son principal adversaire emprunterait même les "mots" de la droite.
Pourtant, lorsqu'elle se lance en juin dans la course, beaucoup doutent de son envie. "A reculons" et sans passion, candidate de substitution après la mise hors course de Dominique Strauss-Kahn, ont dit ses détracteurs. En coureur de fond expérimenté, qui ménage ses efforts, assurent ses proches. DSK lui-même concèdera qu'il y avait un "pacte" entre lui et Martine Aubry. S'il n'avait pas été mis hors course par les accusations de tentative de viol aux Etats-Unis et en Europe, elle n'aurait pas été candidate, bien que patronne depuis fin 2008 du Parti socialiste.


Face à François Hollande, Martine Aubry a mis en avant son expérience: dans le secteur privé, car elle a été l'une des dirigeante du groupe industriel Pechiney, au sein de gouvernements et à la tête d'une grande ville, Lille (nord).
"Dans cette période de crise, c'est un bolide sur une route verglacée. On ne peut pas prendre le volant sans savoir comment ça marche", déclarait-elle avant le premier tour, dans une pique à peine déguisée à François Hollande, qui a pour handicap de n'avoir jamais occupé de fonctions ministérielles.
A droite, les attaques fusent à l'égard de cette petite femme de 61 ans, connue internationalement pour être "Madame 35 heures", celle qui a imposé ou offert aux Français (selon les points de vue) la réduction du temps de travail hebdomadaire, lorsqu'elle était ministre à la fin des années 1990. Une réforme très controversée que le camp du président Nicolas Sarkozy voit comme l'emblème d'une gauche dirigiste ou "archaïque".

 

Sans rien renier, Martine Aubry s'attache à redresser son image depuis qu'elle a pris la tête d'un Parti socialiste déchiré, avec le soutien de nombreux poids lourds du PS. Elle a entamé un patient travail de rénovation du parti et gagné en crédibilité. L'ancienne ministre de l'Emploi et numéro deux du gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002) plaît à la gauche du Parti socialiste.
A cet égard, elle se situe beaucoup plus à gauche que son père, l'ancien président de la Commission européenne Jacques Delors, dont elle partage cependant la foi dans l'Europe. Cet homme symbole de la sociale-démocratie européenne a assuré récemment que sa fille était "la meilleure". "Ceux qui me connaissent savent que si je ne le pensais pas, je me serais tout simplement tu", a-t-il ajouté.
Que ce soit au gouvernement ou dans sa ville de Lille, on l'a dit "autoritaire et cassante", parfois aussi "rugueuse", fonctionnant à l'affect.
Son rival, François Hollande, la trouve méchante et dit s'en méfier. "Vous dînez avec elle, c'est super sympa. Vous la croisez le lendemain, elle vous plante un couteau dans le dos. Sans explication", aurait-il confié un jour.
Battue localement aux élections législatives de 2002, elle fond en larmes à la télévision et doit se replier sur sa ville. Avec succès puisqu'elle est réélue maire de Lille en 2008 avec 66% des voix, ce qui marqua le début de son retour national.
C'est aussi dans la grande métropole du nord de la France qu'elle a refait sa vie, qu'elle partage désormais avec un avocat, Jean-Louis Brochen.

Parfois comparée à une "Angela Merkel de gauche" pour ses manières sobres et sans fioriture, Martine Aubry s'est révélée au cours de la primaire socialiste une compétitrice coriace et déterminée, menant une campagne offensive, voire agressive.Lorsqu'elle annonce le 28 juin sa "candidature à l'élection présidentielle", Martine Aubry a plus de six mois de retard sur son principal concurrent, François Hollande. Sa campagne, laborieuse au début, est montée en puissance au fil des semaines, pour finir par marteler un thème quasiment unique: elle serait la représentante d'une gauche "forte" face à un François Hollande tenant d'une gauche "molle". Suprême insulte dans l'univers socialiste français, son principal adversaire emprunterait même les "mots" de la droite.Pourtant, lorsqu'elle se lance en juin dans la course,...
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