Le roi saoudien a ordonné en mars la mise en chantier de 500.000 habitations pour 66 milliards de dollars. Fahad Shadeed/
Le groupe Binladin, géant du Btp local, a estimé récemment que le royaume avait besoin d'un million de logements nouveaux pour les cinq prochaines années.
Le pouvoir a certes réagi en ordonnant en mars la mise en chantier de 500.000 habitations pour 66 milliards de dollars mais sa réponse ne risque de résoudre qu'une partie du problème. En septembre, le Fonds monétaire international (FMI) a estimé dans un rapport sur l'Arabie saoudite que les autorités devaient faire plus en la matière. "Pour favoriser le logement, atténuer les prix des terrains, et en augmenter l'offre, le gouvernement doit débloquer l'offre de terrains", a écrit l'institution internationale, touchant le fond du problème.
Du fait de certains spéculateurs, de vastes terrains constructibles ne sont pas mis sur le marché à des fins de spéculation. Ces spéculateurs dont les terrains se valorisent sans cesse sont appelés "Hawamir", le pluriel de "Hamour", qui désigne dans le langage local un poisson à l'appétit vorace, le mérou, dont la chair est très appréciée dans la région.
"Ce monopole crée un goulot d'étranglement sur le marché du logement en dépit de l'absence de taxes sur ces terrains dont la valeur augmente de façon exponentielle", souligne l'économiste saoudien Issam el-Zamel. La crise va durer car, selon lui, il y a pour l'instant peu d'incitation pour développer ces terrains ou les vendre au plus offrant.
L'urbanisation galopante et la jeunesse de la population font le reste. La moitié des Saoudiens ont moins de 24 ans et le taux d'urbanisation qui n'atteignait que 48% en 1970 a sauté à 82% en 2010, selon un rapport sur le développement humain corroboré par le FMI, qui estime les besoins en logements neufs à 1,25 millions d'unités entre 2010 et 2014.
Le 14 septembre, un jeune réalisateur saoudien, Badr Hammoud, a posté sur YouTube une comédie de 22 minutes décrivant les difficultés des jeunes Saoudiens à se loger. Le succès a été immédiat pour ce document qui a été visionné 1,2 million de fois. Le film, intitulé "Monopoly", dépeint la vie d'un groupe de jeunes Saoudiens qui cherchent à se loger. Le personnage principal, Mohammed Qahtani, a choisi de vivre dans sa camionnette garée sur une plage avec vue sur mer.
Le héros utilise l'eau de mer pour se laver et prépare ses repas sur un feu de bois. Il est décrit comme l'un des rares Saoudiens du nouveau millénaire à posséder sa propre demeure. D'autres membres du groupe, des jeunes diplômés actifs, partagent un studio de 20 m² avec une salle de bain unique et une petite cuisine. A un certain moment, le héros se voit poursuivi par une horde de propriétaires de terrains qui finissent par l'attraper et le mordent en aboyant comme des chiens sauvages. Mais ce n'est qu'un cauchemar. Les jeunes finissent par s'installer dans le camion du héros, leur propriétaire ayant décidé d'augmenter le loyer de leur studio.
Cette fiction s'inspire d'une réalité que reconnaît Abdallah el-Ahmari, responsable de la Chambre de commerce de Djeddah qui assure toutefois que les "projets du gouvernement de développer la périphérie des villes va pousser les propriétaires de terrains à vendre à des prix plus bas".
Le groupe Binladin, géant du Btp local, a estimé récemment que le royaume avait besoin d'un million de logements nouveaux pour les cinq prochaines années.
Le pouvoir a certes réagi en ordonnant en mars la mise en chantier de 500.000 habitations pour 66 milliards de dollars mais sa réponse ne risque de résoudre qu'une partie du problème. En septembre, le Fonds monétaire international (FMI) a estimé dans un rapport sur l'Arabie saoudite que les autorités devaient faire plus en la matière. "Pour favoriser le logement, atténuer les prix des...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Eh bien voilà qu'André Jabbour a bien raison dans son analyse. Anastase Tsiris
11 h 48, le 15 octobre 2011