Un barrage militaire dans le quartier de Houla, à Homs, où les autorités mènent une campagne d’arrestations. Handout/
La Syrie doit agir plus rapidement afin d'honorer ses promesses de réformes, a estimé mardi la Chine, après que le président syrien Bachar al-Assad ait affirmé dimanche que son régime préparait des nouvelles mesures politiques. "Nous estimons que le gouvernement syrien devrait agir plus rapidement pour honorer ses promesses de réformes", a déclaré Liu Weimin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. "Parallèlement, toutes les parties concernées en Syrie devraient prendre une part active dans le processus de règlement politique", a-t-il ajouté lors d'un point de presse.
C'est la première fois que Pékin s'écarte de sa doctrine de non-ingérence concernant la Syrie. Jusqu'à présent, Pékin s'était contenté d'appeler "toutes les parties en Syrie à faire preuve de la plus grande retenue et à éviter les violences".
Cette nouvelle position, qui marque une importante inflexion, est de surcroît exprimée alors que le Premier ministre russe Vladimir Poutine vient d'arriver en Chine. La Russie est prête à proposer au Conseil de sécurité de l'ONU, avec la Chine, un projet de résolution plus "équilibré" que celui contre lequel Moscou et Pékin ont opposé leur veto la semaine dernière, a déclaré lundi le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. "Nous proposons d'adopter une résolution équilibrée qui condamnera les violences des deux côtés", celles du régime du président Bachar al-Assad et celles de l'opposition, a déclaré M. Lavrov dans une interview à l'hebdomadaire Profil. "Dans le même temps, il faut que nous demandions à Assad de poursuivre les réformes qu'il a déjà engagées", a-t-il ajouté. "A côté de cela, nous devons encourager l'opposition syrienne à se mettre à la table des négociations et à trouver un accord. Nous sommes prêts à proposer une telle résolution avec nos partenaires chinois", a encore souligné M. Lavrov.
La Russie et la Chine, membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, ont opposé le 4 octobre leur veto à un projet de résolution de pays occidentaux condamnant la répression des manifestations en Syrie. Le projet de texte menaçait le régime syrien de "mesures ciblées" pour cette sanglante répression.
Une telle résolution "n'améliorerait pas" la situation en Syrie, avait ensuite soutenu Pékin.
"Des pays ont présenté un projet de résolution pour faire pression de façon aveugle et même menacer de sanctions la Syrie. Cela n'aiderait pas à améliorer la situation", avait déclaré Ma Zhaoxu, porte-parole de la diplomatie chinoise. Une position réitérée mardi par l'autre porte-parole.
La Chine et la Russie sont des fournisseurs de premier plan de la Syrie dans les secteurs énergétique et militaire. De plus, Moscou et Pékin ne souhaitent pas pousser à la roue pour démocratiser la Syrie. Ils redoutent que la récente intervention militaire de pays occidentaux en Libye crée un précédant qui pourrait, un jour, être invoqué contre leurs propres régimes autoritaires.
Parallèlement, les ministres arabes des Affaires étrangères ont décidé de tenir une réunion sur la situation en Syrie, mais sa date n'a pas encore été fixée, a annoncé mardi le chef de la diplomatie koweïtienne. Réunis le 13 septembre au Caire, ces ministres s'étaient contentés d'appeler les autorités syriennes à mettre fin "immédiatement à l'effusion du sang".
Par ailleurs, sur le terrain, un jeune homme a été tué mardi par les tirs des forces de sécurité à Homs, dans le centre de la Syrie, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Selon cette source, qui cite un militant à Homs, "les forces de sécurité ont refusé de livrer sa dépouille à sa famille avant qu'elle ne s'engage par écrit à (dire que) des bandes armées l'ont tué".
Depuis lundi soir, le quartier d'Al-Khalidiya à Homs est le théâtre "d'une opération de sécurité d'envergure avec un déploiement des forces de sécurité, des coupures d'électricité et des télécommunications dans le quartier et une campagne d'arrestations de 115 personnes", d'après l'OSDH. "Les forces de sécurité ont battu et insulté les détenus devant leurs proches dans la rue " et des "tirs nourris ont provoqué des blessures et des dommages matériels importants dans des commerces", a ajouté l'Observatoire.
Selon l'ONU, la répression a fait plus de 2.900 morts en Syrie depuis le début de la révolte contre Bachar al-Assad à la mi-mars. Mais le régime syrien refuse de reconnaître l'ampleur du mouvement et accuse régulièrement des "bandes terroristes armées" d'être à l'origine des troubles.
Un haut responsable du parti Baas, au pouvoir en Syrie, Mohammad Saïd Bkheitane, a affirmé mardi que M. Assad déciderait "dans deux jours la création d'un comité pour élaborer une nouvelle Constitution pour le pays". Le comité ad hoc doit finaliser sa mission avant la fin de l'année, et la future Constitution, qui devra être adoptée par les deux-tiers du Parlement, fera l'objet d'un référendum, a précisé M. Bkheitane, cité par le quotidien proche du pouvoir Al Watan.
C'est la première fois que Pékin s'écarte de sa doctrine de non-ingérence concernant la Syrie. Jusqu'à présent, Pékin s'était contenté d'appeler "toutes les parties en Syrie à faire preuve de la plus grande retenue et à éviter...


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
C'est pourquoi, très cher Ali, j'ai dit : commence à souffler, et non pas : souffle ! Amicalement. Anastase Tsiris
04 h 19, le 12 octobre 2011