La France a ainsi exprimé hier « des inquiétudes » sur la sécurité des Syriens au Liban, par le biais du porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valéro, lors d’un point de presse. « La France exprime sa vive préoccupation après les informations faisant état d’une incursion de l’armée syrienne au Liban, qui aurait abouti au décès d’un ressortissant syrien. Nous rappelons l’attachement de la France à l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité du Liban », a affirmé M. Valéro.
Les condamnations se poursuivent aussi dans les rangs du 14 Mars. Le député Boutros Harb a ainsi réclamé la convocation de l’ambassadeur de Syrie par le cabinet pour de « vives protestations ». « Il s’agit d’une violation préméditée et d’une absence de respect des frontières internationales entre le Liban et la Syrie, et de la souveraineté du Liban. Nous ne pouvons pas nous taire », a indiqué M. Harb. D’autant, a-t-il souligné, que « l’ambassadeur syrien a persisté hier à qualifier nos revendications d’excessives et d’injustifiées, position pour le moins étrange de la part d’un diplomate qui devrait s’en tenir aux usages et aux coutumes diplomatiques dans le cadre permis par les accords internationaux ». « Si l’ambassadeur syrien n’est pas convoqué, je considérerai alors que le gouvernement libanais est de mèche avec le régime syrien dans cette violation de la souveraineté libanaise, ce qui expliquerait alors le fait d’avoir enlevé l’expression “ l’indépendance du Liban ” de la déclaration ministérielle, dans la rédaction de laquelle la Syrie et ses alliés locaux ont joué un rôle majeur », a souligné Boutros Harb. Le député Samer Saadé (Kataëb) a appuyé cette revendication, réclamant lui aussi la convocation de l’ambassadeur syrien.
Réactions d’indignation également chez le député du courant du Futur, Ammar Houri, qui a dénoncé le silence officiel libanais et l’incapacité du gouvernement à protéger aussi bien le territoire libanais que ses fils. Le député Jamal Jarrah, lui aussi outré par le silence officiel « comme s’il s’agissait d’un fait anodin et naturel », a affirmé : « Il est évident que le régime syrien ne reconnaît pas les frontières entre les deux pays, ni même un État indépendant qui s’appelle le Liban. » Un membre du bureau politique du courant du Futur, Hassan Rifaï, s’est d’ailleurs rendu hier à Ersal, où il a tiré à boulets rouges sur « le centrisme », estimant qu’ « il ne saurait y avoir de politique centriste concernant les frontières et la souveraineté ». Le député Amine Wehbé (Gauche démocratique) a rejeté de son côté l’argument du 8 Mars selon lequel le 14 Mars a hypertrophié cette affaire « mais ne dit rien quand il s’agit de violations israéliennes ». « C’est nous qui leur avons appris la résistance à Israël. La différence, c’est que nous l’avons fait partant d’une perspective nationale, tandis qu’eux le font dans une optique sectaire », a-t-il dit. Courroux enfin chez le Parti national libéral, qui, dans son communiqué hebdomadaire, estime que cette violation « montre la véritable nature du régime syrien ». Le PNL, qui a félicité le peuple syrien pour la fondation du Conseil national syrien, a fustigé le silence officiel face à la violation de la souveraineté terrestre, qui n’est autre, a-t-il dit, qu’une « acceptation tacite » de cette dernière.
Sur le terrain, des manifestations importantes de soutien au peuple syrien se sont déroulées hier à Saïda et Tripoli, où des drapeaux russes et chinois ont été brûlés et où des représentants de partis islamistes ont pris la parole, appelant les pays arabes et le Liban au retrait de leurs ambassadeurs de Syrie. Sous très haute surveillance de l’armée et des FSI, ils ont également condamné avec véhémence la position officielle libanaise, estimant que « si cela continue comme ça, nous assimilerons le gouvernement actuel au régime syrien ». Une grenade a d’ailleurs été jetée en soirée près de Bab el-Tebbaneh, tandis que le président du Mouvement de l’unification islamiste (MUI-prosyrien) Hachem Minkara qualifiait les appels aux manifestations d’ « appels à la sédition et à la discorde communautaire ».
De son côté, l’ambassadeur syrien, Ali Abdelkarim Ali, qui s’est rendu à l’évêché syriaque-orthodoxe de Atchaneh, a entendu des paroles réconfortantes de la part du patriarche syriaque-orthodoxe, Mgr Zakka Ier Iwass, qui a qualifié le président Bachar el-Assad de « symbole du pays, qu’il admire et respecte ». « Nous, les syriaques, n’avons jamais senti que nous étions marginalisés ou loin du pouvoir. Nous sommes au pouvoir, le drapeau syrien est l’emblème de tous les citoyens, mais nous sommes soumis à ce drapeau et respectons le régime », a-t-il dit.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Les premiers qui violent la souveraineté libanaise sont les Libanais eux-mêmes, et ce depuis... euh, ben depuis 68 ans carrément. Alors vous pensez bien que les autres ne vont pas se gêner.
13 h 59, le 09 octobre 2011