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Nos lecteurs ont la parole

Comment sauver l’Europe ?

Par Charles NAJJAR
Plusieurs scénarios de sortie de la crise de la dette européenne ont été envisagés, mais la plupart d’entre eux mènent à des conséquences désastreuses pour l’économie mondiale. Pourtant il existe une solution radicale, peu onéreuse et facile à mettre en œuvre, mais peu de dirigeants européens semblent s’y référer. Cette solution passe par le recours de la Banque centrale européenne (BCE) à « la planche à billets » pour racheter les obligations décotées des pays en difficulté. Cette mesure est normalement peu populaire en raison du risque d’hyperinflation qu’elle peut engendrer. Or, dans la conjoncture actuelle, ce risque est totalement écarté en raison de la faible croissance économique qui fait peser, au contraire, un risque de déflation.
L’achat par la BCE des obligations décotées aura un effet immédiat : cela entraînera une hausse mécanique du prix de ces obligations, calmant de ce fait les marchés et prenant de court les spéculateurs. Le volume d’achat d’obligations serait dans ce cas limité, la BCE faisant même un bénéfice sur les obligations achetées à bas prix. Au cas où cette hausse n’a pas lieu, la BCE continuera à acheter massivement les obligations décotées, pour ensuite négocier directement avec les pays concernés une remise partielle de leur dette au niveau du prix d’achat. La BCE aura permis ainsi une diminution significative du niveau de la dette des pays concernés sans réaliser aucune perte !
Cette solution, d’une efficacité si évidente, tarde à voir le jour en raison de la cacophonie des décideurs européens et surtout de la réticence de certains d’entre eux à recourir à cette mesure jugée « non conventionnelle », oubliant qu’à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Ils se comportent ainsi comme un automobiliste coincé dans un tunnel en feu mais qui refuse de prendre la route en sens inverse pour ne pas enfreindre le code de la route. Cette solution est la seule qui vaille. Toutes les autres auront des conséquences dramatiques sur l’économie mondiale. Un défaut de la Grèce ouvrirait la boîte de Pandore. Cela entraînera un effet domino sur les autres pays européens en difficulté, avec un effet de contagion sur l’ensemble des banques européennes, provoquant une spirale baissière sans limite. Ceux qui préconisent cette solution semblent avoir oublié l’impact désastreux de la faillite de la banque Lehman Brothers sur l’économie mondiale. Un sauvetage de cette banque aurait coûté beaucoup moins que ce qu’a coûté le plan que les États-Unis ont dû ensuite mettre en place pour sauver tout le système. Le même phénomène risque d’avoir lieu en cas de défaut, même partiel, de la Grèce. Quant à ceux qui, à l’instar de la directrice du FMI, proposent une capitalisation des banques pour les aider à supporter le risque d’une faillite de la Grèce, il s’agit tout simplement d’un non-sens puisqu’on s’attaque aux conséquences et non aux causes de la crise. De plus, comment peut-on appeler à une recapitalisation des banques dans un environnement où les investisseurs fuient le marché des actions, les bancaires en particulier ?
Quant au scénario d’une sortie de la Grèce de la zone Euro, cela marquera tout simplement la fin de l’union monétaire européenne, puisque plus rien ne pourra empêcher qu’un autre pays en difficulté soit contraint de lui emboîter le pas. En fonction de quels critères décidera-t-on si un pays doit rester dans l’Union ou pas? Quels pays pourront durablement répondre à ces critères ? Il est clair qu’entre toutes ces solutions, une seule permet de sauver durablement le système, sans risque majeur. Encore faut-il que les décideurs européens arrivent à s’en convaincre unanimement, ce qui, au vu de la cacophonie actuelle, semble malheureusement loin d’être le cas.
Plusieurs scénarios de sortie de la crise de la dette européenne ont été envisagés, mais la plupart d’entre eux mènent à des conséquences désastreuses pour l’économie mondiale. Pourtant il existe une solution radicale, peu onéreuse et facile à mettre en œuvre, mais peu de dirigeants européens semblent s’y référer. Cette solution passe par le recours de la Banque centrale européenne (BCE) à « la planche à billets » pour racheter les obligations décotées des pays en difficulté. Cette mesure est normalement peu populaire en raison du risque d’hyperinflation qu’elle peut engendrer. Or, dans la conjoncture actuelle, ce risque est totalement écarté en raison de la faible croissance économique qui fait peser, au contraire, un risque de déflation.L’achat par la BCE des obligations décotées aura un...
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