C’est dans un salon d’un hôtel de Gstaad, une petite station de sports d’hiver, dans le canton de Berne, où il possède un chalet, que le cinéaste aux traits étonnement juvéniles, a répondu pendant près de 30 minutes à son intervieweur, le journaliste suisse Darius Rochebin. Quand le journaliste lui a demandé, au bout de 20 minutes, s’il regrettait « cette pulsion, qui a fait basculé une vie en 1977, un peu comme celle de DSK », Roman Polanski a lâché : « J’ai des regrets depuis 33 ans, bien sûr que je regrette. »
C’est cette affaire qui a provoqué son arrestation par la police suisse agissant sur la foi d’un mandat d’arrêt international lancé par les États-Unis, où il était poursuivi pour ses relations sexuelles avec Samantha Gailey, mineure à l’époque. Le cinéaste avait retrouvé la liberté en juillet 2010 après le refus de la Suisse de l’extrader vers les États-Unis.
Interrogé sur les 3 mois de prison à Winterthour, suivis par les 9 mois de résidence forcée à Gstaad, dans son chalet, le cinéaste assure n’avoir jamais douté de l’issue de cette affaire. « Je suis plutôt optimiste, j’étais certain que cela allait se terminer comme cela s’est terminé. » « Je n’ai pas souffert de l’enfermement », a ajouté le cinéaste qui avait fait de la prison aux États-Unis pour cette affaire. « Je me suis habitué à cette année sabbatique », a-t-il dit. Il a cependant reconnu que toute cette affaire avait laissé « des séquelles, on ne fonctionne pas pareil après une telle expérience, à mon âge, les premiers jours de liberté sont un peu bizarres, on voit la vie sous un autre angle ». Le cinéaste a par ailleurs évoqué des épisodes de sa vie personnelle, comme les funérailles de son père à la fin des années communistes en Pologne, où le tragique se mélangeait au comique. « Les porteurs du cercueil étaient complètement ivres, c’est moi et des amis qui les ont remplacés, j’étais furieux, il pleuvait à verse, une femme a glissé et est tombée dans la boue, ce qui a fait rire les gens. » Le cinéaste a encore indiqué qu’il se réjouissait de voir ses films appréciés par le public car il ne voulait pas être comme Van Gogh, son peintre préféré, qui n’a vendu qu’une toile de son vivant. « J’aime le succès, sinon à quoi ça sert tout ça ? » a-t-il souligné. « Je crois que je suis fait d’un matériau plus dur », a-t-il encore répliqué au journaliste qui lui demandait comment il avait fait pour supporter toutes les tragédies qui ont jalonné sa vie. « On pourrait faire des clous avec moi. »
(Source : AFP)


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