Du côté ecclésial, il y a eu le synode pour le Liban, le conclave patriarcal maronite, les rassemblements de patriarches et d’évêques, et nombre de réunions œcuméniques. Puis, un manifeste baptisé « charte de l’action politique », établie à l’issue d’un colloque tenu au Palais des Congrès de Dbayé. Un guide de conduite divisé en trois parties, qui donnent cinq chapitres. Ce document didactique définit la politique comme « un art tout d’honneur consacré à servir l’homme et le bien dans le monde ».
Précisant, intra-muros, que « la règle régit la relation entre l’Église et l’État, et organise la participation des chrétiens à la vie politique ». Pour rappeler que la mission est de lutter pour « le Liban-patrie. Dans la défense du particularisme, de l’entité, du pacte de coexistence. Comme de la formule, de la renaissance de la nation, de l’État civil démocratique. Ainsi que des critères régulant les élections et du principe de rendre des comptes ».
Le texte aborde l’éthique politique qu’il convient de suivre dans l’organisation de la vie sociétale. En soulignant que l’État et l’Église, tout en étant indépendants l’un de l’autre, doivent se rencontrer pour servir l’homme, la société et le bien public. En renforçant la justice sociale, l’égalité de tous en droits comme en devoirs, la moralité, la sécurité du territoire, la souveraineté, l’indépendance et l’unité du pays.
La charte insiste sur la haute valeur du Liban en termes de civilisation humaine, du fait qu’il constitue un rare creuset de rencontre entre les religions comme entre les cultures. Ainsi est-il régi par le concept de coexistence entre les chrétiens et les musulmans, à l’ombre de la liberté.
Pour les auteurs, la prospérité et l’essor des chrétiens du Liban représentent une garantie pour la présence des minorités chrétiennes dans les pays du Moyen-Orient.
Correction
Ils estiment qu’il faut dégager le Liban des dérives de la caste politicienne. Par un attachement accentué au principe du dialogue qui commande que l’on règle les conflits dans le seul cadre des institutions constitutionnelles. En rejetant toute violence, quels que soient les prétextes ou les circonstances. La sécurité et la stabilité devant être assurées seulement par l’armée et les FSI.
Dans le même esprit de correction des dérapages, le texte condamne les écarts de langage, les outrages, l’avilissement ou l’humiliation d’autrui dans des propos publics. Et, à plus forte raison, l’incitation aux dissensions confessionnelles, partisanes ou personnelles.
Sur le plan global, le manifeste demande aux camps en présence de ne plus se laisser suborner par les axes extérieurs, régionaux ou internationaux, de s’en éloigner. Donc, de cesser de servir les intérêts des puissances qui implantent leur influence au Liban. Il recommande que le pays s’appuie sur l’ONU et sur la Ligue arabe, pour faire prévaloir sa neutralité positive. Et pour mieux se prémunir sur le plan défensif.
Il redit que le Liban est appelé à devenir un modèle encourageant par son exemple propre un dialogue mondial interrreligieux et interculturel. Un pays ouvert sur tous, dans un esprit d’amitié, de coopération et de respect mutuel. Attaché au règlement des problèmes de la région pour tout ce qui est de la paix, de la justice, des droits et de l’épanouissement des peuples.
Sur le plan local, le texte prône une décentralisation administrative élargie. Il appelle à la lutte effective contre la corruption, pour un État de droit transparent. Il demande la promotion des potentialités de la jeunesse, ainsi que l’amélioration du rôle de la femme dans la vie publique. Sans oublier le soin à apporter aux émigrés, dont les droits civiques, notamment le vote ou la récupération de la nationalité libanaise dans certains cas, doivent être consacrés.
En écho, le sommet islamo-chrétien tenu en mai dernier à Bkerké soutient « le projet d’un État-giron commun, dont les institutions doivent être renforcées. Sur base des constantes essentielles relevant du pacte de Taëf qui doit être respecté dans son esprit comme dans sa lettre ».
Mais cet État, il est où, qui fait quoi pour qu’il prenne corps, qui l’en empêche, et comment ? Quel début de réponse trouve-t-on à l’issue de la rencontre à Dar el-Fatwa entre le mufti Kabbani et le patriarche Raï ?
Si le Liban a encore besoin d’un sommet général, religieux et politique, ce serait pour traiter d’un seul sujet : l’établissement d’un État de droit fort, souverain sur l’ensemble du pays et seul armé. Mais certains ne veulent pas en entendre parler.


Comment voulez-vous qu'il y ait des actes avec une classe politique en perpétuelle soumission ? Cela fait trente ans que nos dirigeants, le président en premier, sont choisis en fonction de leur malléabilité face à la manipulation et la menace exercées par les influences diverses et renforcées aujourd'hui par les armes illégales. Alors bien sûr qu'ils ne veulent pas entendre parler de résolutions différentes de celles qui ne servent que leurs propres intérêts. Nous réclamons tous un Etat de droit mais il y a malheureusement parmi nous des fanatiques pour qui la notion d'Etat de droit ne s'inscrit que dans l'illégitimité d'Etat dans l'Etat. C'est avec ces Libanais-là qu'il faut traiter et trouver un compromis pour l'intérêt du Liban.
05 h 36, le 30 septembre 2011