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Économie - Budget

La chasse aux déficits menacée par la croissance faible en France

La charge de la dette s’élèvera à 48,77 milliards d’euros en 2012.

L’objectif de réduction du déficit public est « intangible », a répété hier le ministre de l’Économie François Baroin.             Éric Feferberg/AFP

Le gouvernement français a présenté hier un budget 2012 d’austérité marqué par une hausse des prélèvements qui, en pleine crise européenne et à sept mois de la présidentielle, maintient le cap sur la réduction des déficits mais risque de se heurter à la panne de la croissance.
Comme prévu, le déficit public doit passer de 5,7 % du produit intérieur brut (PIB) cette année à 4,5 % l’an prochain, puis 3 %, le plafond fixé par les traités européens, en 2013. Il devrait ensuite refluer à 2 % en 2014 et tomber à 1 % l’année suivante.
L’objectif est « intangible », a répété hier le ministre de l’Économie François Baroin. Le message est destiné en premier lieu aux marchés financiers pour préserver la note « triple A » enviée de la France : « Nous sommes scrutés », a averti son homologue du Budget, Valérie Pécresse.
Le tour de vis ne suffira pas à contenir la dette publique, qui continuera de s’alourdir en 2012 pour atteindre 87,4 % du PIB, après 85,5 % prévus cette année.
Conséquence directe : pour la première fois, la charge de la dette, autrement dit le montant des intérêts que l’État versera pour se financer, sera le premier poste budgétaire l’an prochain. Selon les projections du gouvernement, elle s’élèvera à 48,77 milliards d’euros en 2012.
Tout l’édifice budgétaire repose sur une hypothèse de croissance de 1,75 % en 2011 comme en 2012, jugée très optimiste par les économistes, alors que l’Institut national de la statistique (Insee) a confirmé hier une croissance nulle au deuxième trimestre. « Même si c’est difficile, ce n’est pas inatteignable », a affirmé M. Baroin.
Pour autant, le gouvernement, conscient de la fragilité de la situation, a laissé la porte ouverte à une nouvelle révision à la baisse de ses prévisions en reconnaissant que seule une « dissipation des turbulences actuelles permettrait d’atteindre » l’objectif fixé pour l’an prochain.
Les grandes lignes du budget étaient largement connues depuis le plan d’austérité dévoilé le 24 août par le Premier ministre François Fillon. En termes de recettes, le taux de prélèvements obligatoires, que le président Nicolas Sarkozy avait promis de réduire de quatre points avant son élection, atteindra 44,5 % du PIB en 2012, dépassant le niveau du début du quinquennat. Il devrait même continuer de croître pour culminer à un taux record de 45,4 % en 2015.
Chasse aux exemptions fiscales, notamment dans l’immobilier, création de nouvelles taxes : le projet de loi des finances reprend la vingtaine de mesures fiscales supplémentaires annoncées en août par M. Fillon.
Le débat promet d’être animé à l’Assemblée, mais surtout au Sénat où la gauche, désormais majoritaire, entend défendre son propre projet économique pour 2012.
Au chapitre des mesures symboliques du projet présenté hier, une contribution exceptionnelle prévoit de taxer à 3 % les très hauts revenus, à partir de 500 000 euros pour une personne seule et d’un million pour un couple. « Certains parlementaires souhaitent un seuil d’entrée plus bas, le gouvernement y est favorable », a confirmé Valérie Pécresse.
Hors pensions et charge de la dette, les dépenses de l’État devraient être contenues à 275,6 milliards d’euros, comme en 2011, selon Bercy.
Avec l’effort supplémentaire d’un milliard d’euros annoncé le 24 août, « ces dépenses vont même baisser », a assuré Mme Pécresse.
Où trouver ce milliard d’économies supplémentaires ? La ministre du Budget a renvoyé la décision au débat parlementaire qui s’ouvrira à la mi-octobre devant l’Assemblée nationale, évoquant « un balayage de l’ensemble des missions de l’État et des économies ciblées sur chacun des ministères ».
            
            (Source : AFP)
Le gouvernement français a présenté hier un budget 2012 d’austérité marqué par une hausse des prélèvements qui, en pleine crise européenne et à sept mois de la présidentielle, maintient le cap sur la réduction des déficits mais risque de se heurter à la panne de la croissance.Comme prévu, le déficit public doit passer de 5,7 % du produit intérieur brut (PIB) cette année à 4,5 % l’an prochain, puis 3 %, le plafond fixé par les traités européens, en 2013. Il devrait ensuite refluer à 2 % en 2014 et tomber à 1 % l’année suivante.L’objectif est « intangible », a répété hier le ministre de l’Économie François Baroin. Le message est destiné en premier lieu aux marchés financiers pour préserver la note « triple A » enviée de la France : « Nous sommes scrutés », a averti son...
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