Économie

Conférence à Beyrouth sur la crise de la dette européenne

Liban - Interview Dans le cadre d’une conférence-débat sur la crise souveraine en Europe qu’il a donnée hier à Beyrouth, l’économiste espagnol et ancien expert du FMI, Fernando Fernandez, a mis en garde, au cours d’un entretien avec « L’OLJ », contre « un effondrement de la monnaie unique » et une « profonde récession » en Europe, qui entraînerait le monde entier dans une nouvelle débâcle internationale.
24/09/2011
« La crise de la dette européenne est aussi dangereuse que celle qui a suivi l’écroulement de Lehman Brothers (...). Il existe désormais un risque réel d’effondrement de la monnaie unique et d’une grande récession dans la zone euro », souligne d’emblée l’économiste espagnol et ancien expert du FMI, Fernando Fernandez, au cours d’un entretien avec L’Orient-Le Jour.
De passage à Beyrouth, où il a donné hier une conférence-débat intitulée « The euro debt crisis : more than just another soverign crisis », il explique comment un retard dans l’application de certaines mesures « urgentes » risque de mettre en péril l’accord de Maastricht, « voire même l’unité politique de l’Europe ».
« La crise actuelle pourrait en effet mener certains pays à abandonner l’euro, en l’occurrence l’Allemagne et la Grèce (...). Ceci risque de provoquer un effet domino qui emporterait dans son sillage d’autres pays ainsi que l’ensemble des banques et institutions européennes (...) », prévient cet expert invétéré.
« La Grèce est aujourd’hui au pied du mur (...).
La sixième tranche du plan d’aide international, d’un montant de 8 milliards d’euros – si elle est approuvée –, ne fera que reporter le problème de deux à trois mois », précise-t-il. Rappelons que les ministres européens des Finances, qui s’étaient réunis la semaine dernière en Pologne, ont refusé de débloquer ce montant, estimant que la Grèce n’a pas réussi à tenir ses objectifs de réduire le budget. L’Union européenne (UE), la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI), qui agissent au nom des banques internationales, exigent une nouvelle série de mesures d’austérité à l’encontre de la classe ouvrière grecque comme condition préalable au déblocage de la prochaine tranche du plan d’aide, faute de quoi la Grèce fera défaut le mois prochain.
Selon Fernando Fernandez, « ce risque est à prendre au sérieux ». « Si la Grèce fait défaut, dit-il, le monde entier sera affecté (...).
Nous ferons face à une nouvelle débâcle internationale. »

Intégrations financière et fiscale
Pour éviter donc un scénario apocalyptique, les responsables politiques dans l’espace européen devront adopter des mesures immédiates et d’autres à moyen terme, estime l’économiste espagnol. « Les réformes les plus urgentes relèvent de l’intégration financière (...). Il s’agit notamment d’élargir les prérogatives de l’Autorité bancaire européenne (ABE) de manière à mieux protéger les banques et de renforcer le mécanisme de garantie des dépôts (...). Quant aux mesures d’intégration fiscale, qui devraient être appliquées en parallèle, elles portent sur la création d’une autorité supranationale chargée de contraindre les pays européens à respecter le plafond du déficit fiscal, fixé à 3 % du PIB », explique-t-il. « Enfin, les pays de l’UE devraient recourir à des réformes structurelles, de manière à booster et harmoniser le niveau d’efficacité et de productivité dans l’espace européen, et d’éviter par conséquent une délocalisation massive de la main-d’œuvre de certains pays à la traîne », ajoute-t-il.
Selon cet ancien expert du FMI, « une prise de conscience collective et des décisions courageuses s’imposent ainsi dans ce contexte » pour éviter le pire.
Notons que la crise de la dette des pays européens s’est invitée aux réunions du G20 et des assemblées du FMI et de la Banque mondiale, qui se tiennent actuellement à Washington. La panique ambiante sur les marchés qui ont encore sérieusement décroché ces derniers jours, tout comme l’euro, a augmenté la pression sur les grands argentiers européens.

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