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Liban - La Situation

Le débat sur l’électricité s’annonce « houleux par excellence » aujourd’hui en commission


Alors que l’on avait cru la controverse sur l’électricité close le jour du « compromis » trouvé au sein du gouvernement, la voici qui rebondit de plus belle, ramenant sur le tapis la polémique politico-technique qui avait marqué les premiers débats publics sur ce dossier.
Au moment où les forces du 14 Mars insistent pour dire que leurs objections ne sont que de pure forme, voire exclusivement techniques – le texte du projet de loi n’ayant pas prévu les modifications convenues en Conseil des ministres – le camp du 8 Mars continue pour sa part d’accuser ses pourfendeurs de « politiser » le projet, d’autant plus qu’il provient du ministre concerné, Gebran Bassil. Ce dernier s’estime à nouveau politiquement attaqué et personnellement visé sur le plan de la probité et de la capacité à gérer en toute transparence le projet.
Au milieu, se trouvent pris entre les tenailles le président de la République et le Premier ministre, qui tentent, à partir de leur position centriste, de gérer cette crise qui s’éternise.
C’est aujourd’hui d’ailleurs que le bras de fer devra en principe être tranché au sein du Parlement, plus précisément à l’issue de la réunion des commissions parlementaires mixtes qui, selon plusieurs observateurs, ne sera pas de tout repos.
Après la séance houleuse qui avait eu lieu jeudi dernier, et qui n’avait abouti qu’à un accroissement de la tension entre la majorité et l’opposition, celle d’aujourd’hui ne devrait pas en principe se dérouler dans le calme. Une chose est certaine : les forces du 14 Mars affirment leur détermination à faire entériner les « garde-fous » préalablement décidés par le gouvernement pour le bon fonctionnement du projet et pour une meilleure supervision des dépenses y afférente. L’opposition entend bien mettre l’accent, une fois de plus, sur la nécessité de faire figurer dans le texte du projet de loi notamment les quatre points principaux qui n’apparaissent nulle part dans le texte ni dans l’exposé des motifs.
Il s’agit principalement des modifications à apporter à la loi 462, la mise en place d’une commission ministérielle chargée entre autres de se pencher sur les modifications de la loi 462, la discussion au sein de la direction des adjudications, la demande faite au ministre Gebran Bassil d’informer régulièrement le gouvernement sur le processus et les étapes d’exécution de ce projet. L’opposition soulève en outre des questions sur les instances chargées de contrôler les sources de financement, soulignant par ailleurs que le problème de l’électricité ne sera que partiellement résolu par le biais de la production de 700 mégawatts qui ne suffiront pas pour mettre un terme au rationnement du courant. Et de se demander à ce propos la raison pour laquelle le plan ne prévoit pas la production de 1 200 mégawatts de manière à assurer l’électricité 24 h sur 24.
Pour le député du bloc du Futur, Ghazi Youssef, le vote sera inévitable aujourd’hui, tout comme le débat autour des modifications réclamées par l’opposition. « Nous réclamerons que la liste des modifications soit prise en compte par le texte de loi qui doit comprendre les garde-fous que nous estimons nécessaires »,a-t-il assuré. Il s’est dit étonné et très surpris du mutisme du ministre concerné, « qui, à ce jour, n’a apporté aucune réponse à nos interrogations ». M. Bassil est resté effectivement sourd aux appels de plusieurs journalistes qui ont tenté de s’informer sur sa position.
Refusant par ailleurs de s’aligner sur ses collègues de l’opposition pour qualifier la position de Mikati de « rusée », M. Youssef a usé d’un euphémisme pour dire que le Premier ministre est tout simplement dans « l’embarras ».
La majorité a demandé pour sa part par le biais du ministre de l’Économie de « retirer ce dossier des tiraillements politiques ». « Ceux qui veulent faire obstruction au projet de l’électricité œuvrent ainsi pour des motifs politiques », a affirmé le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah.
Répondant à Ghazi Youssef qui avait demandé un document écrit de la part du gouvernement, le ministre du CPL, Nicolas Nahas, a indiqué non sans ironie que le projet n’est pas dépendant du nombre de pages qui l’explicitent, le plus important étant que les députés soient au courant de sa teneur.
En somme, ce sont des réponses claires et précises à leurs interrogations qu’attendent les députés du 14 Mars, déterminés à ne pas avaliser le projet tant que leurs remarques ne sont pas prises en compte et intégrées dans le texte.
Ce que dénonce principalement le camp du 14 Mars, c’est le fait que le projet a été bien « vendu » médiatiquement, notamment par le Premier ministre qui, selon Ahmad Fatfat, s’est même vanté d’avoir réussi à arracher à Michel Aoun des concessions, « avant de lui redonner de la main gauche ce qu’il lui a pris de la main droite », ironise le député.
Réagissant à ces propos, une source proche de Nagib Mikati a indiqué que ces affirmations sont de mauvaise foi puisqu’ils visent à impliquer le Premier ministre dans une affaire qui n’est plus de son ressort. Selon cette source, le gouvernement a fait ce qu’il devait faire et les discussions, voire même le bras de fer qui sont actuellement en cours à l’hémicycle sont tout à fait « naturels », les députés ayant tout à fait le droit de chercher à clarifier certains points et à s’informer sur d’autres. Et de conclure que la polémique politique sur ce dossier ne concerne par le Premier ministre, accusant les forces du 14 et du 8 Mars de chercher à le déstabiliser par leur campagne politique.
Il reste donc à voir si le vote pourra avoir lieu aujourd’hui et dans quel sens sera tranchée cette polémique, sachant que les voix de l’opposition, dont plusieurs membres se trouvent à l’étranger, « sont presque équivalentes à celles de la majorité », estime Ghazi Youssef.
Selon la chaîne al-Manar, le vote aura certainement lieu. La chaîne a souligné que le ministre concerné répondra aujourd’hui à toutes les questions qui lui seront posées.
La MTV, qui cite des sources anonymes, a indiqué pour sa part que « le projet de loi concernant le plan de réhabilitation de l’électricité transféré au Parlement, qui devait constituer en principe une solution, est curieusement devenu un problème puisque le ministre Gebran Bassil n’a pas présenté le plan convenu en Conseil des ministres ». Selon ces sources, la séance qui aura lieu aujourd’hui « sera houleuse par excellence ».
Alors que l’on avait cru la controverse sur l’électricité close le jour du « compromis » trouvé au sein du gouvernement, la voici qui rebondit de plus belle, ramenant sur le tapis la polémique politico-technique qui avait marqué les premiers débats publics sur ce dossier.Au moment où les forces du 14 Mars insistent pour dire que leurs objections ne sont que de pure forme, voire exclusivement techniques – le texte du projet de loi n’ayant pas prévu les modifications convenues en Conseil des ministres – le camp du 8 Mars continue pour sa part d’accuser ses pourfendeurs de « politiser » le projet, d’autant plus qu’il provient du ministre concerné, Gebran Bassil. Ce dernier s’estime à nouveau politiquement attaqué et personnellement visé sur le plan de la probité et de la capacité à gérer en toute...
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