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Liban - Interview

Nazem Khoury : « Je n’ai octroyé aucun permis de carrière depuis ma nomination »

Le nouveau ministre de l’Environnement Nazem Khoury s’exprime sur ses priorités, les difficultés rencontrées et les perspectives de traitement des grands dossiers écologiques.

Le ministre Nazem Khoury : « Je compte revendiquer la création d’un parquet écologique et d’une police verte. »

Q – Vous parlez, dans votre plan (publié sur le site Internet du ministère), de clarifier les prérogatives du ministère et de renforcer le partenariat avec les autres institutions. Comment comptez-vous réussir cette tâche, sachant que le conflit d’intérêt entre ministères a si souvent entravé le travail du ministère de l’Environnement ?
R – J’ai déjà écouté les doléances et les propositions de solutions des chefs de département du ministère, au cours d’ateliers de travail internes. Pour le reste, nous cherchons à définir un cadre plus clair pour la coordination avec les autres ministères. Ce ministère est plus récent que les autres (NDLR : créé en 1994). Il est comme ce benjamin né dans une famille nombreuse, avec plusieurs aînés. Sa naissance provoque inévitablement des remous, et il doit s’efforcer de s’imposer. Il faut donc situer ce ministère au sein du paysage politique libanais. Aujourd’hui, il assume, à titre d’exemple, des responsabilités qui ne sont pas les siennes, comme l’octroi des permis de bonification de terrains, une responsabilité que j’ai renvoyée au ministère de l’Agriculture. De plus, la majorité écrasante de ceux qui réclamaient de tels permis avaient pour objectif de contourner la loi et d’extraire du sable ou des rocs (ce permis, octroyé directement par le ministre, est plus facile à obtenir qu’un permis de carrière soumis à une longue liste de critères). Or je ne veux pas perpétrer de tels abus.

Pourquoi ne pas ramener des prérogatives supplémentaires au ministère de l’Environnement ?
Je pense que ce n’est pas le moment parce que nous avons beaucoup de pain sur la planche. Il nous faut résoudre des problèmes énormes comme les carrières, les déchets ménagers, l’organisation de la chasse... À part les problèmes quotidiens : incendies, intempéries, etc. Il faut réaliser tout cela avec un budget minime et un effectif réduit.

Quelles seront vos priorités ? Pensez-vous que le gouvernement appuiera des solutions aux problèmes écologiques récurrents ?
Pour ce qui est de la détermination du gouvernement de régler les dossiers écologiques, j’ai perçu une bonne volonté, mais j’attends les mesures concrètes. Il faut dire que les relations au sein du gouvernement sont très complexes, pour tous les ministères pas seulement le nôtre. La première de nos priorités est de contribuer à réformer le processus d’adoption des lois, trop long et compliqué. Je viens d’envoyer une lettre en ce sens au Conseil des ministres pour initier un changement à ce niveau. Parmi nos autres priorités, il y a la réforme du secteur des carrières : le Haut Conseil des carrières (NDLR : que préside le ministre) planche sur de nouveaux critères plus stricts à imposer aux exploitations. Pour ne citer qu’un exemple, les taxes et les frais à payer seront triplés. L’accent sera mis sur la réhabilitation des sites après exploitation. L’organisation de la chasse est une autre priorité : bien que légalement interdite, la chasse est pratiquée par quelque 100 000 personnes au Liban, dans un chaos total. Il faut réglementer tout cela : limiter la période de la chasse, définir les espèces à chasser, imposer une assurance... J’ai une réunion demain (aujourd’hui) avec le Conseil national de la chasse. Enfin, un projet qui m’est très cher est celui de la création d’un parquet écologique et d’une police verte. Je compte revendiquer la création de ces deux instances, parce que le ministère a besoin d’un outil exécutif.

Comment comptez-vous faire appliquer les mesures de réglementation des carrières alors que l’application du plan directeur s’est si souvent avérée impossible par le passé ?
Au Kesrouan et ailleurs, les habitants continuent de se plaindre de carrières illégales toujours en activité...
Bien que la période du permis soit généralement de cinq ans, il y a un renouvellement annuel du permis des carrières. Les nouvelles exploitations n’obtiendront de permis que si elles peuvent s’intégrer dans notre plan directeur général. Les mesures de réhabilitation du site après exploitation doivent aussi être appliquées. Pour ma part, depuis ma nomination, je n’ai octroyé aucun permis, ni de bonification de terrain ni de carrière. J’attends que les nouveaux critères soient définis. Par ailleurs, fermer les carrières illégales n’est pas de notre ressort, mais de celui du ministère de l’Intérieur. Il y a une coordination totale entre nos deux ministères. Je dis souvent aux exploitants de carrières : payez vos dus à l’État, c’est bien mieux que d’être à la merci de la gendarmerie du coin.

Où en est le plan national de traitement des déchets ménagers ?
Pour l’instant, nous n’avons pas encore une vision globale de la solution. La question des déchets est très complexe et très importante. Je préfère prendre un peu plus de temps pour l’étudier avec soin. Les techniques de traitement des déchets progressent sans cesse.

La technique de récupération d’énergie par incinération des déchets (« Waste to Energy ») a-t-elle été définitivement adoptée ? A-t-on tenu compte du coût financier et du passé mouvementé de l’incinération au Liban ?
Je ne suis adepte d’aucune technique particulière de traitement des déchets. Aucune méthode n’est idéale, il faut choisir la plus adaptée à la situation du Liban.

Que pouvez-vous nous dire sur la plainte du Liban contre Israël concernant la marée noire, provoquée par un bombardement israélien en 2006 sur la centrale de Jiyeh ?
Depuis cinq ans, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) réaffirmait chaque année dans son rapport la décision prise en faveur d’un dédommagement du Liban par Israël. Il ne l’a pas fait cette année, pour la première fois depuis la catastrophe. C’est surprenant. Nous avons notifié le ministre des Affaires étrangères et avons écrit au PNUE pour obtenir une explication. Je soulèverai ce sujet au cours d’un discours que je devrai prononcer au siège des Nations unies à New York à l’occasion d’une journée consacrée à l’environnement le 20 septembre, devant l’Assemblée générale. Nous continuerons à réclamer les droits du Liban liés à cette catastrophe.
Q – Vous parlez, dans votre plan (publié sur le site Internet du ministère), de clarifier les prérogatives du ministère et de renforcer le partenariat avec les autres institutions. Comment comptez-vous réussir cette tâche, sachant que le conflit d’intérêt entre ministères a si souvent entravé le travail du ministère de l’Environnement ?R – J’ai déjà écouté les doléances et les propositions de solutions des chefs de département du ministère, au cours d’ateliers de travail internes. Pour le reste, nous cherchons à définir un cadre plus clair pour la coordination avec les autres ministères. Ce ministère est plus récent que les autres (NDLR : créé en 1994). Il est comme ce benjamin né dans une famille nombreuse, avec plusieurs aînés. Sa naissance provoque inévitablement des remous, et il doit...
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Le ministre nous dessine un ministére de l impuissance face à la sauvagerie ambiante qui detruit sans répis et sans repos le milieu naturel du Liban, et pourtant il y a des mesures simples: 1) interdire la chasse notamment aux membres de forces de l ordre qui se livrent à cet interdit !! 2) fermer les magasins de vente d armes de chasse et de minutions de chasse 3) faire payer des amendes lourdes aux chasseurs coupables de tueries collectives vis à vis du gibier local 4) faire payer une taxe incendie aux propriétaires de terrain non débroussaillé 5) .... il faut un ministre puissant à ce ministére....

Bou Aoun Charles

18 h 58, le 12 septembre 2011

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Commentaires (1)

  • Le ministre nous dessine un ministére de l impuissance face à la sauvagerie ambiante qui detruit sans répis et sans repos le milieu naturel du Liban, et pourtant il y a des mesures simples: 1) interdire la chasse notamment aux membres de forces de l ordre qui se livrent à cet interdit !! 2) fermer les magasins de vente d armes de chasse et de minutions de chasse 3) faire payer des amendes lourdes aux chasseurs coupables de tueries collectives vis à vis du gibier local 4) faire payer une taxe incendie aux propriétaires de terrain non débroussaillé 5) .... il faut un ministre puissant à ce ministére....

    Bou Aoun Charles

    18 h 58, le 12 septembre 2011

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