Une compilation de plusieurs études internationales met en cause l’efficacité des génériques injectables. Photo AFP
« Il y a un problème pour démontrer une véritable équivalence thérapeutique, ce n’est pas clair, il y a des questions qui se posent », explique le Dr Rémy Gauzit, de l’Hôtel-Dieu de France, qui a présenté des éléments de cette analyse de la littérature lors de plusieurs réunions médicales. « Ce n’est sûrement pas un plaidoyer contre les génériques », insiste-t-il.
Le Dr Gauzit, qui fait partie d’un groupe de travail de la commission d’autorisation de mise sur le marché de l’Afssaps, cite notamment une étude grecque réalisée dans un service de chirurgie cardiaque. Elle a montré des taux d’infection postopératoires supérieurs (12,8 % contre 2,5 %) lorsque les patients recevaient préventivement un antibiotique générique au lieu de la molécule princeps (originelle), la céfuroxime. Ou encore une étude américaine qui a testé en laboratoire 46 génériques de la tazocilline sur différentes bactéries. « Trois sur les 46 avaient une activité complètement comparable », indique-t-il.
Le Dr Gauzit pointe notamment une faille « au niveau mondial ». Pour obtenir une autorisation de mise sur le marché pour un générique, le laboratoire doit montrer qu’il s’agit bien de la même substance. Pour les formes orales (comprimés, etc.), il doit aussi montrer que l’activité du médicament générique dans l’organisme est équivalente à celle du médicament princeps. Mais ces études dites de « bioéquivalence » ne sont pas obligatoires pour les génériques injectables.
Pour la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf), dont est membre le Dr Gauzit, le travail de ce médecin « soulève un certain nombre de questions intéressantes », mais il ne s’agit pas de crier « haro sur les génériques ».
Quant à un possible lien entre génériques et montée de la résistance aux antibiotiques, le Dr Gauzit estime qu’aucun argument ne permet de mettre en cause la qualité des génériques.
En revanche, plusieurs études ont montré une corrélation entre les baisses de prix des médicaments et l’augmentation de leur consommation, et, partant, de la résistance aux antibiotiques.
(Source : AFP)

