Sur cette image tirée d’une vidéo postée sur YouTube, des enfants, dont le visage est dissimulé par un masque, manifestent contre le régime dans une banlieue d’Alep.
Au moins 2.600 personnes ont été tuées en Syrie depuis le début des manifestations hostiles au président Bachar al-Assad déclenchées mi-mars, a annoncé lundi la haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Navi Pillay, en citant "des sources fiables sur le terrain". Le dernier bilan des Nations unies faisait état de 2.200 victimes.
La conseillère du président syrien, Bouthaïna Chaabane, a contesté ce bilan : "Il y a eu 700 morts dans les rangs de l'armée et de la police et 700 chez les rebelles", a-t-elle déclaré. "Nous avons une liste des victimes avec leur nom et nous pouvons la fournir", a-t-elle ajouté. Ce bilan, annoncé par Mme Chaabane, est le premier avancé officiellement par les autorités syriennes.
Chaabane : L’Occident "encourage l'extrémisme"
La conseillère du président syrien a, par ailleurs, appelé les Occidentaux à suivre l'exemple de la Russie en encourageant le dialogue politique dans le pays au lieu de prôner des sanctions contre le régime. Citant notamment l'exemple de l'Irak et de la Libye, Mme Chaabane, en visite à Moscou, a dénoncé l'ingérence occidentale qui entraîne de nombreuses victimes et "encourage l'extrémisme", selon elle. "Nous, le peuple syrien, les peuples arabes, voyons que l'Occident ne souhaite pas faire d'efforts pour arriver à une solution pacifique. Où étaient les Occidentaux en Irak où un million de personnes ont été tuées et où les divergences entre sunnites et chiites continuent de faire rage?", a-t-elle lancé. "Regardez la Libye : avant l'intervention de l'Otan, il y avait 20 morts, maintenant le bilan est monté à 50.000 morts", a-t-elle poursuivi.
Peu après, le président russe Dmitri Medvedev a déclaré qu'il n'était pas nécessaire d'exercer des "pressions supplémentaires" sur Damas, s'opposant ainsi de nouveau à toute résolution au Conseil de sécurité de l'ONU imposant des sanctions contre le régime syrien. Lors d'une rencontre à Moscou avec le chef du gouvernement britannique David Cameron, il a appelé à l'adoption d'une résolution "ferme mais équilibrée" sans sanctions "automatiques".
Vendredi, la Russie a reçu des représentants de l'opposition syrienne et les a invités à s'engager dans un "dialogue" avec le pouvoir. M. Medvedev avait qualifié, la veille, certains opposants syriens de "terroristes".
Une délégation de sénateurs russes va se rendre prochainement en Syrie pour y "rencontrer des représentants des différentes forces politiques", a déclaré, de son côté, le sénateur Ilias Oumakhanov qui mènera cette délégation. "L'objectif de la Russie est d'éviter qu'une éventuelle intervention extérieure n'aboutisse à l'escalade des violences et à de nombreuses victimes", a-t-il ajouté.
Plus tôt dans la journée, la Secrétaire générale adjointe de l'ONU aux affaires humanitaires, Valerie Amos, avait déclaré que Damas interdit toujours l’entrée d’observateurs des droits de l’Homme sur son territoire. "Des entités régionales, comme la Ligue arabe, ont un rôle important à jouer pour parvenir à une solution pacifique", avait-elle indiqué à la chaîne al-Arabiya.
La répression continue
Sur le terrain, des opposants syriens ont fait état d’une vague d’arrestations dans les villes de Deraa, Edleb et Abou Kamal. "Les chabbiha ont arrêté plus de 50 personnes à Abou Kamal", écrivent des activistes sur la page Facebook "SNN".
Face à la poursuite de la répression, trois cheikhs alaouites de la ville de Homs ont publié un communiqué, diffusé par différents médias, dans lequel ils dénoncent la "brutalité" exercée par le régime d’Assad contre les manifestants. Les signataires - Mouhib Nissafi, Yassine Hussein et Moussa Mansour – affirment par ailleurs que le pouvoir en place n’a jamais représenté la communauté alaouite, tout en assurant que "les responsables au sein du régime syrien sont issus de toutes les confessions".
Le communiqué, qui circule depuis dimanche sur les sites Internet de l’opposition syrienne, dément les informations faisant état d’exactions commises par des militants à Homs contre des membres de la communauté alaouite. "Le régime (d’Assad) tente de créer la discorde en Syrie, précise encore le communiqué. Nous avons discuté avec nos frères sunnites qui ne nous ont montré que du respect. Les habitants de Homs, qu’ils soient sunnites, alaouites ou chrétiens, vivront toujours dans l’unité et la fraternité." Enfin, les cheikhs alaouites ont appelé tout le peuple syrien "à se révolter contre l’injustice" et à rejoindre le mouvement de contestation pacifique qui, selon eux, "finira par briser le dos" du régime.
Damas accepte de coopérer avec l’AIEA
Dans ce contexte tendu, la Syrie a offert sa coopération dans l'enquête de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) sur son site nucléaire de Deir Ezzor, a annoncé lundi l'agence onusienne. Après trois ans de silence, la Syrie a accepté de coopérer le mois dernier, dans une lettre à l'institution basée à Vienne. Une rencontre pourrait avoir lieu les 10 et 11 octobre, a dit Yukiya Amano, directeur général de l'agence. L'AIEA avait décidé en juin de renvoyer le programme nucléaire clandestin présumé de Damas devant le Conseil de sécurité des Nations unies.
D'après les services de renseignement américains, Deir Ezzor abritait un réacteur de conception nord-coréenne, non achevé, destiné à fabriquer du plutonium pour des armes atomiques. Israël l'a bombardé en 2007 et réduit à l'état de ruines. La Syrie a dit qu'il s'agissait d'une installation nucléaire non militaire.
La conseillère du président syrien, Bouthaïna Chaabane, a contesté ce bilan : "Il y a eu 700 morts dans les rangs de l'armée et de la police et 700 chez les rebelles", a-t-elle déclaré. "Nous avons une liste des victimes avec leur nom et nous pouvons la fournir", a-t-elle ajouté. Ce bilan, annoncé par Mme Chaabane, est le premier avancé officiellement par les autorités syriennes.
Chaabane : L’Occident "encourage l'extrémisme"
La conseillère du président syrien a, par...


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
Il faut effectivement tout faire pour éviter une irakisation de la Syrie. C'est vrai qu'il y a eu des exactions injustifiables de la part des autorités. Mais ce serait dix fois pire si on laissait le chaos s'installer. Il faut essayer de mettre tout le monde d'accord. Tout le monde a raison et tout le monde a tord en même temps. La solution violente conflictuelle est toujours toujours la plus mauvaise. Garder en tete les mots de Jean Paul II "il n'y a pas de paix sans justice et il n'y a pas de justice sans pardon". S'inspirer de ces paroles d'un saint ferait du bien à plus d'un dans ce monde.
14 h 23, le 12 septembre 2011