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Nos lecteurs ont la parole

Faire de la politique sans exacerber les instincts

Joseph W. ZOGHBI
Le discours politique et certaines prises de position des politiciens font malheureusement appel aux bas instincts confessionnels et attisent de ce fait le fanatisme. Les exemples sont multiples, de l’affaire de Lassa, à l’affaire du député du Metn, en passant par celles de Haret el-Ghawarneh, du député du Akkar, etc, autant de scandales qui n’aident en rien à la cohésion nationale.
Le but de toutes ces « manifestations » verbales ou physiques est clair : gagner une plus grande audience auprès des électeurs qui ont des tendances extrêmes, au dépens de l’entente entre les confessions qui est à la base de l’État.
Ces attitudes sont contraires à la lettre et à l’esprit des lois fondamentales qui régissent le pays. Dans ce cas, pourquoi la justice ne s’en mêle-t-elle pas puisque c’est enfreindre la loi que d’agir de cette façon ?
Malheureusement, le parquet ne peut pas agir, il a les mains liées ! Il ne peut pas agir car s’il le fait contre l’un ou l’autre des contrevenants, il est perçu comme agissant contre l’une ou l’autre des communautés. Au Liban, la loi n’est pas la loi ; la loi au Liban est la loi du compromis, même dans son application. Il ne faut donc pas s’étonner que l’impunité soit une règle et que, impunité sur impunité, les tensions deviennent de plus en plus fortes, au risque de conduire à une déflagration.
Susciter des tensions par des menaces, des exactions, des pressions confessionnelles ou par de simples incivilités n’est généralement pas puni, donc les personnes sans scrupules peuvent continuer à commettre des méfaits sans être inquiétés, soutenus implicitement ou explicitement par leur coreligionnaires.
Donc la dissuasion légale des contrevenants est neutralisée. Subsiste deux dissuasions possibles : la violence et la sagesse. Si la sagesse des hautes instances religieuses et politiques ne se met pas en branle pour contrecarrer ces actions, et apaiser les esprits, subsistera la violence pour régler les différends.
La formule d’entente au Liban doit toujours fonctionner si l’on veut préserver la paix civile. C’est toujours la course entre le fanatisme et la tolérance et entre l’extrémisme et la modération, au lieu que ce soit l’application de la démocratie par la sanction électorale et l’application dissuasive des lois.
Tant que l’on n’a pas trouvé la parade à ce régime confessionnel, les injustices envers les citoyens vont continuer à être impunis et l’on va toujours avoir cette frustration de ne jamais pouvoir construire un État de droit.
Ce fanatisme, reflet de notre monde contemporain, exprime toute sa laideur dans notre petit monde libanais. Cependant, l’entente entre les communautés qui n’existe pas dans notre monde contemporain existe bel et bien au Liban. C’est même la particularité si attachante de notre pays. Mais on aurait préféré voir deux particularités se côtoyer et coexister : l’entente et l’application aveugle de la justice.

Joseph W. ZOGHBI
Le discours politique et certaines prises de position des politiciens font malheureusement appel aux bas instincts confessionnels et attisent de ce fait le fanatisme. Les exemples sont multiples, de l’affaire de Lassa, à l’affaire du député du Metn, en passant par celles de Haret el-Ghawarneh, du député du Akkar, etc, autant de scandales qui n’aident en rien à la cohésion nationale. Le but de toutes ces « manifestations » verbales ou physiques est clair : gagner une plus grande audience auprès des électeurs qui ont des tendances extrêmes, au dépens de l’entente entre les confessions qui est à la base de l’État. Ces attitudes sont contraires à la lettre et à l’esprit des lois fondamentales qui régissent le pays. Dans ce cas, pourquoi la justice ne s’en mêle-t-elle pas puisque c’est enfreindre la loi...
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