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À La Une - Le Billet De Gaby Nasr

Ventre à terre

Le plus amusant dans les républiques peau-de-bananières c’est la claque des excités de base qui, dans un sens comme dans l’autre, se croient obligés de décortiquer les âneries parachutées par leur patron. Sous-fifres obséquieux ânonnant les bavardages du maître, son plat du jour, ses flatulences, au milieu de la nuée des scribes de la presse qui boivent ces nouvelles à grandes gorgées gloutonnes.
Primus inter pares des porte-flingues, le jovial Mohammad Raad, bas de caisse et haut-parleur de Sayyed Barbu, toujours prompt à sauter à la gorge de celui qui ose égratigner le porte-parole de Dieu. Ce naufragé de la tutelle syrienne, plus hassanolâtre que Nasrallah lui-même, n’a pas son pareil pour faire de la boucherie industrielle tant il menace de trancher des mains et couper des têtes parmi ceux qui oseraient toucher à la quincaillerie militaire du parti barbu. Pour l’heure, le député-tempête s’est distingué par la pertinence de ses charges contre le TSL, des arguments aussi minces que le dossier judiciaire de Nafissatou Diallo.
Le plus pugnace au jeu de « mon maître sait tout », est l’irremplaçable Ahmad Hariri, fils de tante Bahia et rase-moquette personnel de Saad le Barbichu. Il ne rate jamais une occasion de rameuter le ban et l’arrière-ban des partisans futuristes pour leur vendre l’assassinat de son oncle. Et ça marche ! Mieux encore, il a poussé le mimétisme flagorneur jusqu’à arborer le bouc saoudien-des-sables de son cousin, une façon sans doute d’accélérer l’infiltration par osmose des jérémiades de ce dernier. Il ne lui reste plus ensuite qu’à en épouser l’essentiel pour s’en aller fissa les servir à la noria des larbins qui accourent lécher la main qui leur donne de l’avoine.
Mais la palme du plumeau revient incontestablement à Nabil Nicolas, gâchette stratégique du clan aouniste et grand chasseur de micros et caméras. Lui, son hobby préféré c’est de tresser des lauriers au Galonné orange, maniant la brosse à reluire avec vigueur et double passage à la cire sur son veston. Tirant plus vite que l’ombre de son maître, il faut le voir à chaque fois qu’un journaliste ose l’asticoter d’un peu trop près : « Allez ouste, rompez ! Y a que Michel à voir. »
S’entendre parler, voir son image, jouer désespérément les utilités... telles sont les clés de la réussite. Du moins tant que Mongénéral ne vous rappelle pas à votre insignifiance !
Infortuné Nabil Nicolas ! Avec deux prénoms, comment se faire un nom ?

gabynasr@lorientlejour.com
Le plus amusant dans les républiques peau-de-bananières c’est la claque des excités de base qui, dans un sens comme dans l’autre, se croient obligés de décortiquer les âneries parachutées par leur patron. Sous-fifres obséquieux ânonnant les bavardages du maître, son plat du jour, ses flatulences, au milieu de la nuée des scribes de la presse qui boivent ces nouvelles à grandes gorgées gloutonnes.Primus inter pares des porte-flingues, le jovial Mohammad Raad, bas de caisse et haut-parleur de Sayyed Barbu, toujours prompt à sauter à la gorge de celui qui ose égratigner le porte-parole de Dieu. Ce naufragé de la tutelle syrienne, plus hassanolâtre que Nasrallah lui-même, n’a pas son pareil pour faire de la boucherie industrielle tant il menace de trancher des mains et couper des têtes parmi ceux qui oseraient...
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