Un policier aide Mohammad Azam à se relever, après le double attentat-suicide perpétré à Quetta. Naseer Ahmed/
Au moins 24 personnes ont été tuées mercredi dans un double attentat-suicide visant un général de l'armée à Quetta, dans le sud-ouest du Pakistan.
Un homme a d'abord fait exploser sa voiture piégée pour ouvrir une brèche dans le mur d'enceinte de la résidence du général de brigade Farrukh Shahzad, commandant-adjoint des Frontier Corps (FC), une unité paramilitaire rattachée à l'armée, a expliqué à l'AFP Hamid Shakil, un officier de la police de Quetta, la capitale de la province du Baloutchistan. Puis un kamikaze à pied a lancé deux grenades avant de faire exploser sa bombe dans l'enceinte de la résidence, endommageant considérablement la maison.
"Vingt-quatre personnes ont péri", dont l'épouse du général Shahzad, deux enfants et 11 soldats membres des FC chargés de la sécurité d'un convoi qui attendait leur supérieur devant sa maison, a indiqué Hamid Shakil. Au moins 82 autres personnes, dont le général Shahzad et un de ses enfants, ont été blessées, a-t-il poursuivi.
Ehsanullah Ehsan, le porte-parole du Mouvement des Talibans du Pakistan (TTP), qui a fait allégeance à el-Qaëda, a revendiqué ce double attentat- dans un entretien téléphonique avec l'AFP. Un attentat perpétré en représailles à l'arrestation d'Al-Mauritani, le principal chef des "opérations extérieures" d'el-Qaëda, et de deux complices.
Il y a une dizaine de jours, les Frontier Corps du Baloutchistan ont participé à l'arrestation de Younis al-Mauritani menée par les services de renseignements de l'armée pakistanaise, l'ISI. L'armée a rendu cette arrestation publique lundi et insisté sur le fait qu'elle a été réalisée avec "l'assistance technique des services de renseignements américains".
Al-Mauritani est "un cadre important et membre de l'état-major d'el-Qaëda, lié aux menaces récemment mises au jour visant l'Europe", a indiqué à l'AFP un responsable de services de renseignement occidentaux, sous couvert de l'anonymat. Al-Mauritani avait été chargé "personnellement" par Ben Laden "de cibler les intérêts économiques des Etats-Unis, dont des gazoducs et des oléoducs, des centrales électriques mais aussi des pétroliers, à l'aide de bateaux rapides bourrés d'explosifs dans les eaux internationales", précisait lundi l'armée.
Cette prise a constitué un nouveau revers pour el-Qaëda, après la mort de Ben Laden, tué le 2 mai à Abbottabad, à moins de deux heures de route au nord d'Islamabad, par un commando de soldats américains héliporté clandestinement. L'arrestation d'Al-Mauritani constitue aussi un net réchauffement des relations entre Islamabad et Washington. La Maison-Blanche avait d'ailleurs aussitôt chaudement félicité les forces de sécurité pakistanaises.
Depuis le raid d'Abbottabad, les relations entre les Etats-Unis et le Pakistan, leur allié-clé dans leur "guerre contre le terrorisme" depuis fin 2001, s'étaient sérieusement dégradées, en particulier entre l'ISI et la CIA, qui avaient quasiment cessé de collaborer. De hauts responsables à Washington accusaient Islamabad -et notamment l'ISI et l'armée- de complicité pour expliquer que Ben Laden ait pu se terrer plusieurs années dans une ville-garnison non loin de la capitale. Et Islamabad reprochait à Washington de ne pas l'avoir averti de ce raid héliporté nocturne, que l'armée pakistanaise et l'ISI ont vécu comme une humiliation et une brimade.
Un homme a d'abord fait exploser sa voiture piégée pour ouvrir une brèche dans le mur d'enceinte de la résidence du général de brigade Farrukh Shahzad, commandant-adjoint des Frontier Corps (FC), une unité paramilitaire rattachée à l'armée, a expliqué à l'AFP Hamid Shakil, un officier de la police de Quetta, la capitale de la province du Baloutchistan. Puis un kamikaze à pied a lancé deux grenades avant de faire exploser sa bombe dans l'enceinte de la résidence, endommageant considérablement la maison.
"Vingt-quatre personnes ont péri", dont l'épouse du général Shahzad, deux enfants et 11 soldats membres des FC chargés de la sécurité d'un convoi qui attendait...


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