économiques. « Si la population active libanaise comprend 1 190 000 personnes, il y a effectivement 1 080 000 d’entre elles qui occupent un emploi », a indiqué M. Muhanna. Sur ce dernier chiffre, 560 000 travaillent dans le secteur informel (soit 52 %) et ne seront donc pas concernées par cette réforme, si toutefois celle-ci vient à prendre forme.
M. Muhanna s’est interrogé sur les données sur lesquelles les syndicats s’étaient basés pour annoncer une hausse mensuelle de 750 000 livres. Soulignant que les chiffres présentés par les syndicats ne prenaient pas en compte les disparités entre les régions ni celles qui existent entre les différents secteurs de l’activité économique, Ibrahim Muhanna a mis l’accent sur le fait que cette mesure ne fera qu’aliéner les chômeurs qui ne sont pas, eux, concernés pas cette mesure. « De plus, une hausse des salaires augmentera les dépenses des entreprises qui devront forcément licencier une partie de leur masse salariale. Ceci poussera une partie des salariés à se retrouver dans une situation de précarité », a expliqué le directeur de l’étude. Pourtant, les conséquences d’une telle hausse ne seront pas ressenties de la même manière dans tous les secteurs.
Les implications d’un ajustement des salaires sur les coûts de production et le niveau de vie
Selon l’étude de la Fondation Muhanna, le réajustement de la grille des salaires revendiquée par les syndicats va élever le revenu moyen des salariés de 52 %. Cette moyenne n’est pourtant pas représentative de tous les secteurs, vu les différences flagrantes des revenus des différents domaines d’activité, la hausse du salaire minimum élèvera le revenu minimum de 99 % dans le secteur de l’agriculture, mais de 24 % dans les secteurs bancaire et des assurances. Toujours selon le rapport, une hausse effective du salaire minimum va alourdir les dépenses de 2 % dans le secteur de l’énergie et de l’eau, mais de 36 % dans les secteurs de l’éducation et de la santé où les coûts de la main-d’œuvre représentent à peu près 50 % des coûts totaux.
Parallèlement, M. Ibrahim Muhanna a indiqué qu’une hausse des salaires, et par conséquent un accroissement de la demande, mènera à une inflation toujours plus galopante, et donc un accroissement des dépenses des ménages, ainsi qu’une hausse du chômage et la possibilité de perdre certaines formes d’aides sociales.
Ainsi, à défaut de réduire le taux de pauvreté, une hausse du salaire minimum pourrait avoir l’effet contraire, à savoir enfoncer les couches financièrement vulnérables dans une situation de précarité d’autant plus exacerbée. Pour réduire le niveau de pauvreté, l’étude de la Fondation Muhanna préconise d’une part de relever le salaire minimum à 750 000 livres par mois ; « une hausse qui améliore le niveau de vie des travailleurs sans toutefois nuire à l’économie », ensuite de s’acharner à réduire les dépenses quotidiennes. « Il faut impérativement procurer les services de base à des coûts plus bas », souligne Ibrahim Muhanna. À titre d’exemple, M. Muhanna dévoile qu’en moyenne 600 millions de dollars sont payés annuellement aux compagnies d’eau minérale puisque l’État est incapable de fournir une eau potable non polluée en continu, et 400 millions de dollars sont payés aux propriétaires des générateurs de quartiers. « Un réajustement des salaires doit s’accompagner d’autres mesures à portée sociale comme une baisse des coûts de transport, de l’électricité, de l’eau et des dépenses de santé et d’éducation. Il faut également revoir le système fiscal et réajuster les cotisations de la CNSS », insiste Ibrahim Muhanna. Et l’État dans tout ça ? Grand absent du débat, pourtant (on ne peut plus) vital, sur les salaires, l’État demeure léthargique...


Les Émirats dénoncent une « dangereuse escalade » après une frappe de drone sur un site nucléaire
Ordres d’évacuation israéliens au Liban-Sud et dans la Békaa et tentative d’infiltration au-delà du Litani