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À La Une - Le Point

Retour de courrier

Les faits : Barack Obama demande à John A. Boehner, « speaker » de la Chambre des représentants, d’organiser une réunion du Congrès (les deux assemblées) demain mercredi pour lui permettre d’exposer dans un message à la nation son projet de lutte contre le chômage. La demande est refusée au motif que la session ordinaire de la Chambre basse débutera ce même jour, à 18h30, heure à laquelle elle entamera l’examen de diverses questions (généralement d’importance mineure) inscrites à son ordre du jour. Tel est du moins l’argument invoqué pour justifier la fin de non-recevoir. Ce que ne dit pas la réponse à la requête c’est qu’en réalité, les neuf candidats du Grand Old Party à la présidentielle s’affronteront à cette date en Californie, lors d’un débat télévisé. Le président, suggère-t-on, ne pourrait-il pas y aller de son laïus le lendemain jeudi ? La Maison-Blanche acquiesce. Ouf ! Un incident majeur vient d’être évité de justesse. Affaire close ? Au contraire, c’est après cet étrange échange de lettres que tout commence.
Il existe un point sur lequel les historiens sont d’accord : l’affaire est sans précédent dans les annales parlementaires américaines. Elle trahit l’atmosphère, qualifiée par la presse de « toxique », qui prévaut ces temps-ci dans la capitale fédérale. Sans précédent aussi le ton, pour le moins irrespectueux, des caciques du Grand Old Party quand ils évoquent le successeur de George W. Bush ou, plus grave, quand ils s’adressent directement à lui. On n’est pas près d’oublier le « You lie » lancé par Joe Wilson (Caroline du Sud) au chef de l’exécutif qui prenait la parole en septembre 2009 devant le Congrès, ou encore l’affirmation du sénateur Mitch McConnell (Kentucky), qui a résonné comme une déclaration de guerre : « Mon principal objectif politique est d’empêcher un second mandat Obama. »
À mesure qu’approche la date de l’élection, les républicains durcissent le ton. Il faut dire que la condescendance dont fait montre leur adversaire y est pour beaucoup, mais aussi le ton doctoral qui est le sien ainsi que sa propension à la conciliation, interprétée par certains comme un signe de faiblesse, dans un univers où l’on a volontiers le culte de la force.
« Nothing personal », répète-t-on volontiers aux États-Unis, à propos de tout et de rien. Or il semble, dans le cas de Barack Obama, qu’elle soit, cette hargne, affaire de personne précisément. C’est pourquoi, en cette année de débâcle économique qui voit le citoyen se poser des questions sur ses fins de mois, le parti de l’éléphant a choisi, laissant au vestiaire le fleuret moucheté, de se battre au sabre d’abordage. Du coup la politique a été dévoyée, cessant d’être affaire de gens de bonne compagnie pour devenir querelle de chiffonniers.
L’estocade a été portée par les tea-partiers et leur acharnement à pousser les démocrates à la faute et les grands frères républicains aux pires écarts de langage. Tout cela laisse augurer, le moment venu, d’une bataille électorale où tous les coups seront permis, avec une nette prédilection pour le foul play, quand le knock-out s’impose de préférence à la victoire aux points. Il est loin le temps où Bill Clinton était traîné dans la boue et menacé de destitution, où Nancy Pelosi qualifiait dédaigneusement Doubleyou de « président incompétent ». Aujourd’hui, Michele Bachmann – vous savez, celle qui se situe à l’extrême droite de Sarah Palin – ne craint pas le ridicule en affirmant que le séisme suivi de l’ouragan Irène qui viennent de toucher la côte Est constituent un message divin à l’intention de ceux qui ne veulent pas réduire la taille du gouvernement (« atteint d’obésité morbide ») et le poids des taxes frappant les riches. Le bon peuple suit la représentante du Minnesota, elle aussi candidate à l’investiture du parti ; mieux, il l’applaudit à tout rompre lorsqu’elle débite ses sornettes dignes d’un marchand de poudre de perlimpinpin.
Le résultat est que, plus important que l’homme, c’est la fonction elle-même qui se retrouve dans la ligne de mire des (pas si) francs-tireurs républicains. Le marché de l’emploi est atteint d’anémie pernicieuse, la dette affole les économistes, l’influence américaine dans le monde s’effiloche un peu plus chaque jour ? Si le G.O.P. s’en sert c’est pour récupérer l’an prochain un poste qui lui revient de droit puisqu’il défend, juge-t-il, une juste cause.
Mais toutes ces considérations nous éloignent de notre sujet. Jeudi 8 septembre, à l’heure où le président prendra la parole, se déroulera un événement d’une importance primordiale dans la vie de la nation, avec l’ouverture solennelle de la saison des rencontres de football (NFL). Et le match Green Bay Packers-New Orleans Saints, il ne peut être question de le reporter...
Les faits : Barack Obama demande à John A. Boehner, « speaker » de la Chambre des représentants, d’organiser une réunion du Congrès (les deux assemblées) demain mercredi pour lui permettre d’exposer dans un message à la nation son projet de lutte contre le chômage. La demande est refusée au motif que la session ordinaire de la Chambre basse débutera ce même jour, à 18h30, heure à laquelle elle entamera l’examen de diverses questions (généralement d’importance mineure) inscrites à son ordre du jour. Tel est du moins l’argument invoqué pour justifier la fin de non-recevoir. Ce que ne dit pas la réponse à la requête c’est qu’en réalité, les neuf candidats du Grand Old Party à la présidentielle s’affronteront à cette date en Californie, lors d’un débat télévisé. Le président, suggère-t-on,...
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