Le procès des emplois fictifs payés par la Ville de Paris s'est ouvert aujourd’hui au tribunal correctionnel de Paris, en l’absence du principal intéressé, Jacques Chirac. L'affaire remonte au début des années 1990, quand Jacques Chirac était maire de Paris. Il est soupçonné d'avoir permis que des personnes travaillant pour son parti, le RPR (ancêtre de l'UMP, le parti de l'actuel président Nicolas Sarkozy), ou occupant des emplois de complaisance, soient rémunérées par la mairie de Paris. Dans cette affaire, M. Chirac est notamment poursuivi pour "détournements de fonds publics".
L'ancien président n'a cessé de récuser l'existence d'un "système organisé". Les poursuites contre lui avaient été suspendues avec son élection à la présidentielle de 1995.
Aujourd'hui, l'avocat de Jacques Chirac a confirmé que l'état de santé de celui-ci s'est dégradé et a ajouté : «Jacques Chirac sera présent si vous le requerrez. Sinon, il sera absent».
Selon un rapport médical dévoilé par le Journal du Dimanche, Jacques Chirac souffre d'anosognosie, un symptôme de la maladie d’Alzheimer. Selon le gendre du président, Frédéric Salat-Baroux, il n'a "plus la mémoire" pour participer aux audiences, car "son état de santé s'est dégradé depuis quelques mois". Le rapport médical, établis par le chef du service de neurologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, a été transmis au tribunal à qui il revient maintenant de se prononcer sur le crédit à accorder à cette excuse.
Plusieurs scénarios sont désormais envisageables.
La première solution, privilégiée par le clan Chirac et relayée, aujourd'hui, par le procureur, serait de juger l’ancien chef de l’Etat en son absence.
Le tribunal peut également attendre une hypothétique guérison, et commencer par juger les neufs autres prévenus.
Enfin, dernière option, qui semble faire consensus, le président du tribunal peut ordonner une contre-expertise judiciaire. Dans ce cas, l’audience pourrait être reportée de quelques jours en attendant le résultat de l’examen.
Sur la toile française, des internautes s’amusent de « ce mot d’excuse » présenté par l’ex-président, rappelant que ce derniers publiait il y a quelques mois le tome II de ses mémoires.
Premier ancien président de la République à être renvoyé en correctionnelle, Jacques Chirac, a été protégé par son immunité pendant 12 ans. Invité ce matin sur la radio française Europe1, Jean-Pierre Dintilhac, ancien procureur de la République de Paris de 1998 à 2002, déclarait que « tout à été fait pour retarder le procès », ajoutant « le problème n'est pas qu'un vieil homme malade échappe maintenant aux juges, mais c'est qu'il ait pu y échapper aussi longtemps ».
A droite comme à gauche, le procès Chirac a relancé le débat sur l’immunité présidentielle. Aujourd’hui, le statut pénal du chef de l’Etat le préserve de toute comparution devant un tribunal au cours de son mandat. « Inopérant » pour Patrick Devedjian, député et président UMP du conseil général des Hauts de Seine, « absurde » pour Pierre Moscovici député socialiste du Doubs. François Hollande, candidat déclaré à l’investiture socialiste s’est lui prononcé en faveur d’une révision de ce statut.
L'ancien président n'a cessé de récuser l'existence d'un "système organisé". Les poursuites contre lui avaient été suspendues avec son élection à la présidentielle de 1995.
Aujourd'hui, l'avocat de Jacques Chirac a confirmé que...


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