La semaine dernière, Wikileaks a annoncé avoir publié la totalité des télégrammes diplomatiques américains en sa possession, soit "251.287 câbles diplomatiques américains," en fournissant l'adresse du site Internet qui les héberge. Un de ces câbles, publié sur le site cablegatesearch, revient sur la gestion par les autorités libanaises des suites de la catastrophe aérienne du 25 janvier 2010 au Liban.
Ce jour-là, un avion de la compagnie Ethiopian Airlines (vol 409) s’abîmait en mer, quelques minutes seulement après avoir décollé de l'aéroport international de Beyrouth.
Face à ce premier accident aérien depuis 40 ans, les autorités libanaises ont montré leur totale désorganisation et incapacité à gérer correctement l’affaire, révèle le télégramme diplomatique daté du 17 février 2010 et classé confidentiel par l'ambassadrice américaine de l'époque, Michele Sison. Bien que le Liban ait signé un accord bilatéral avec la France pour que celle-ci l’aide à gérer les catastrophes aériennes, le gouvernement a sollicité l’aide des Etats-Unis, quelques heures seulement après l’accident et a principalement travaillé avec eux.
En attendant l’arrivée des Américains, Hamdi Chaouk, directeur de l'Aviation civile, n’a rien fait. M. Chaouk, souligne le rédacteur du télégramme, "n’avait aucune expérience antérieure dans le domaine des enquêtes suivant un crash aérien". Il a donc "attendu que l’équipe du Conseil national de la sécurité des transports (National Transportation Safety Board - NTSB) arrive le 28 janvier avant de commencer les recherches" au lieu de les lancer immédiatement.
La localisation de l’épave a également été retardée par le manque de communication entre Hamdi Chaouk et l’armée libanaise, affirme la diplomate américaine.
Le Directeur Général de l’Aviation civile a aussi perdu beaucoup de temps à gérer les dégâts causés par la diffusion d’informations fausses ou mensongères. "Ce qui est unique ici, c’est que les responsables disent quotidiennement des choses irresponsables", souligne Dennis Jones, un enquêteur du NTSB, aux diplomates américains, cité dans le câble diplomatique. Par exemple, un membre du cabinet du Premier ministre avait annoncé que des survivants avaient été retrouvés, ce qui "s’est avéré être une complète invention, apparemment propagée dans la volonté de donner espoir aux familles". De même, Ghazi Aridi, le ministre des Travaux publics et du Transport, "a spéculé publiquement" sur le fait que le crash était dû aux erreurs des pilotes dans le suivi des consignes de la tour de contrôle. "Les jours suivants, Aridi a communiqué plusieurs fois des informations qui auraient dû rester confidentielles jusqu’aux conclusions de l’enquête", affirme encore l’auteur du télégramme, qui ajoute : "Il a aussi annoncé plusieurs événements avant qu’ils soient vérifiés". Le ministre de la Santé, Jawad Khalifieh est aussi visé : il "a théorisé publiquement le 9 février que l’avion avait dû exploser en vol, puisque la plupart des corps des victimes ont été retrouvés démembrés". "Même si les enquêteurs n’ont trouvé aucun signe d’incendie ou d’explosion, Khalifieh n’est que partiellement revenu sur sa déclaration", souligne le diplomate américain.
Cette cacophonie regrettable, l’auteur du télégramme l’explique par deux éléments : l’absence d’un vrai porte-parole du gouvernement qui aurait canalisé les déclarations, et « le système politique confessionnel fractionné du Liban » qui entraîne "une lutte fréquente pour la première place". Par ailleurs, il affirme que cette catastrophe aérienne a montré au gouvernement libanais qu’il avait grand besoin d’une agence de gestion de certaines crises.
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La frustration d'Amine Gemayel
Dans un câble diffusé par Wikileaks, Amine Gemayel détaille ses vues au sujet du mouvement du 14 Mars et analyse la vie politique libanaise.
Dans ce câble, daté du 19 janvier 2010, l'ambassadrice américaine de l'époque au Liban, Michele Sison, rapporte qu'Amine Gemayel lui a assuré que les principaux dirigeants du 14 Mars se réunissent régulièrement (lui-même, Saad Hariri, Samir Geagea, Fouad Siniora et Mohamed Chatah), mais il a souligné la position inconfortable de Saad Hariri, qui ne sait plus s’il doit agir comme Premier Ministre de la nation ou comme leader du 14 Mars.
Selon ce câble, le leader des Kataeb s'inquiétait aussi du fait que Michel Sleiman et Saad Hariri soient en passe de retourner dans l’orbite syrienne. Selon l'ancien président, Michel Sleiman aurait eu des contacts quotidiens avec Damas à cette époque, et la Syrie aurait obtenu que le président adapte ses discours et ses apparitions médiatiques à ses exigences.
"M. Gemayel a demandé que nous réaffirmions publiquement et en privé notre engagement pour un Liban libre et indépendant afin de ralentir la dérive de Saad Hariri vers l'axe ‘Syrie-Iran-Hezbollah’".
En ce qui concerne le 14 Mars, M. Gemayel a déclaré, selon l'ambassadrice, que le mouvement "est fini, mais nous devons en préserver l'esprit", tout en pressant les Etats-Unis de continuer à soutenir moralement et matériellement "ceux qui se battent pour la liberté, la souveraineté et l’indépendance du Liban".
M.Gemayel s’est aussi plaint du fait que le dialogue national n’était "qu’un forum visant à retarder indéfiniment la question du désarmement du Hezbollah".
"La frustration de M. Gemayel quant à la marginalisation des Kataeb était évidente au cours de cette rencontre", note l'ambassadrice dans ce câble. Pourtant, poursuit la diplomate américaine, si les représentants du parti au sein du gouvernement se plaignent, "ils sont incapables d’aller à l’encontre du vent de réconciliation qui souffle sur Beyrouth".
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Frangié pour des négociations indirectes avec Israël
Un autre câble, également publié sur le site cablegatesearch, l'ambassadrice américaine au Liban Michele Sisson rapporte que lors d'une rencontre, le 4 février 2010, avec Sleiman Frangié, chef des Marada, ce dernier a indiqué qu'il soutenait le principe de négociations indirectes entre le Liban et Israël. L'ancien ministre a toutefois souligné la nécessité de maintenir l'unité avec la Syrie en ce qui concerne le sujet des négociations de paix, indiquant qu'un traité de paix israélo-libanais ne serait pas tenable sans la signature d'un traité syro-israélien. "Mais si la Syrie signe un traité de paix indépendamment du Liban, le Liban le paiera très cher", a-t-il ajouté.
Le député de Zghorta a par ailleurs déclaré que les armes du Hezbollah pourraient être utilisées comme une forte carte de négociation avec Israël et pourraient jouer un rôle important contre l’implantation des Palestiniens au Liban.
Le fait que "certains partis" fassent beaucoup de bruit autour des armes du Hezbollah, alors qu'ils restent silencieux sur la question des armes palestiniennes dans les camps de réfugiés est un indicateur des mauvaises intentions de ces partis, a également estimé M. Frangié. Et de poursuivre : "Ces arguments impliquent que leur but essentiel est de désarmer les chiites en laissant les armes aux sunnites afin d'imposer, par la force, une implantation des Palestiniens".
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En 2006, Berry qualifiait l'offensive israélienne contre le Hezb de "développement positif"
Selon les dernières révélations de Wikileaks, rapportées par le quotidien al-Moustaqbal dans son édition de lundi, le président du Parlement, Nabih Berry, a soutenu l'offensive militaire et politique contre le Hezbollah en juillet 2006, à deux conditions : que l'attaque israélienne contre le Liban ne dure pas longtemps et que l'opération n'ait pas de répercussions sur le pays.
Le câble diplomatique de Wikileaks, datant du 18 août 2006, évoque une réunion entre M. Berry et l'ambassadeur américain au Liban à l'époque, Jeffrey Feltman, au cours de laquelle le chef du Législatif avait qualifié le discours du président syrien, le 15 août 2006, de "stupide et déraisonnable", critiquant la tentative de Damas de s’immiscer dans les affaires intérieures du Liban. Dans un discours prononcé à Damas à l’ouverture du congrès de l’Union des journalistes, M. Assad avait rendu hommage aux combattants du Hezbollah et accusé Israël d’avoir utilisé le prétexte de la capture par le parti chiite de deux soldats israéliens le 12 juillet, pour lancer son offensive contre le Liban. Le président syrien avait prédit "une victoire historique" du Hezb.
Selon un autre câble datant du 17 juillet 2006, le président du Parlement a qualifié l'idée d'une éventuelle attaque contre le Hezbollah pour affaiblir ses capacités militaires et réduire son rôle politique au Liban de "développement positif". "Le Hezbollah a sous-estimé (les conséquences de) l'opération d'enlèvement des deux soldats israéliens. La résolution onusienne 1559 devrait être appliquée comme convenu à la table de dialogue", avait déclaré M. Berry. Selon M. Feltman, le président du Parlement était également irrité car il estimait que la prolongation de l'offensive israélienne pourrait amener les Libanais à "sympathiser avec le Hezbollah".
Pour aller plus loin : notre dossier sur les fuites de Wikileaks.
Ce jour-là, un avion de la compagnie Ethiopian Airlines (vol 409) s’abîmait en mer, quelques minutes seulement après avoir décollé de l'aéroport international de Beyrouth.
Face à ce premier accident aérien depuis 40 ans, les autorités libanaises ont montré leur totale désorganisation et incapacité à gérer correctement l’affaire, révèle le télégramme diplomatique daté du 17 février 2010 et classé...


MM.Frangié et Berry avaient en quelque sorte raison,chacun pour ce qu'il a dit.Et effectivement,nous nous retrouvons dans la situation qu'ils avaient prévue,en grande partie...mais bien sûr,ils démentiront,ce que je comprends très bien!pas facile d'avoir raison et de se dire que ceux d'en face(pas les Libanais,les autres) ne comprennent décidemment rien.Ou plutôt si...la variable qu'ils n'ont pas être pas pris en compte,MM.Berry et Frangié,c'est que leurs interlocuteurs VEULENT absolument implanter les Palestiniens au Liban.Et on ne fait pas de confidences à des gens comme çà!Toutes les parties libanaises l'ont appris à leur dépens,et toutes continuent à aller s'épancher dans le giron des uns et des autres.Quand je dis appris,je plaisante bien sûr.Parcequ'elles n'ont rien appris du tout.Et surtout pas que c'est entre Libanais que nous devons trouver la solution!En supprimant le mois de Mars du calendrier,par exemple!
10 h 14, le 05 septembre 2011