Les organisations de défense des droits de l’Homme ont fait état de six tués, lundi en Syrie. /
Les Etats-Unis ont assuré lundi, réagissant à des prises de position de la Turquie et de la Ligue arabe, que le président syrien Bachar al-Assad et son régime étaient "de plus en plus isolés". "Assad est de plus en plus isolé, la communauté internationale exige de plus en plus d'une seule voix la fin immédiate de la violence", a assuré Victoria Nuland, la porte-parole du département d'Etat.
Le président turc Abdullah Gül a affirmé dimanche que son pays ne faisait plus confiance au régime de Damas, alors que la répression en Syrie a fait plus de 2 200 tués depuis mars, selon l'ONU. Samedi, les ministres arabes des Affaires étrangères ont appelé à "mettre fin aux effusions de sang et à suivre la voie de la raison, avant qu'il ne soit trop tard."
Mme Nuland a également évoqué "la préoccupation exprimée par le président russe (Dmitri) Medvedev".
Un émissaire russe a pourtant assuré lundi à Damas que la position russe était inchangée: Moscou se contente d'appeler le régime Assad à des réformes. "La position de la Russie envers la Syrie demeure stable", a affirmé le vice ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov. "L'émissaire a affirmé le soutien de son pays pour les réformes entamées par la Syrie dans les domaines politiques et économiques et a exprimé l'espoir de voir se maintenir la sécurité et la stabilité du pays".
Alors que Washington "intensifie son travail" à l'ONU dans l'espoir de parvenir à des sanctions, la Russie s’oppose aux Occidentaux au Conseil de sécurité, en présentant un projet de résolution sur la Syrie éliminant les sanctions contre Damas contrairement au projet européen qui prévoit des sanctions.
A ce sujet, des sources diplomatiques européennes ont indiqué hier à l’AFP que l’Union européenne est prête à décréter un embargo sur les importations de pétrole syrien en raison de la poursuite de la répression violente.
Sur le terrain, des manifestations ont eu lieu lundi soir dans plusieurs villes syriennes, notamment à Damas, Deraa, Hama, Homs et Alep, selon des militants des droits de l’Homme.
A Rastan, une unité de blindés syriens a pris position lundi autour de la ville, non loin de Homs, et a ouvert le feu sur la ville à la mitrailleuse lourde, après la défection de dizaines de soldats dans le secteur, ont rapporté des opposants et des habitants. Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en Libye, opposants et habitants signalent une recrudescence des défections dans les rangs de l'armée ainsi qu'une mobilisation plus importante dans les manifestations en faveur d'un départ du président Bachar al Assad. Des désertions ont ainsi eu lieu dans la province orientale de Deir Ezzor, dans celle d'Edlib (nord-ouest), dans les environs de Homs mais aussi dans les faubourgs de la capitale, Damas, où, dimanche, des fusillades ont opposé des unités syriennes à des groupes de déserteurs. Par dizaines, des militaires ont fait défection à Damas et rejoint la région rurale d'Al Ghouta, après que d'autres soldats eurent ouvert le feu sur des manifestants près du faubourg damascène de Harasta, ont rapporté des habitants.
Les organisations de défense des droits de l’Homme ont, par ailleurs, fait état de six tués lundi en Syrie, à Sarmin, une localité situé près d'Edleb et à Qara, près de Damas. En outre, des chars, des véhicules de transport de troupes et des véhicules militaires ont pénétré lundi matin dans la localité de Hit, à deux kilomètres de la frontière nord du Liban, selon l'OSDH.
Parallèlement, l'opposition syrienne, réunie à Ankara, a annoncé aujourd'hui la formation d'un Conseil national de transition, présidé par Borhan Ghalioun, professeur de sociologie politique installé en France depuis des années. Riad Seif a été désigné vice-président. Le Conseil national de transition syrien est formé de 94 membres, rapporte la chaîne qatarie al-Jazira.
Le président turc Abdullah Gül a affirmé dimanche que son pays ne faisait plus confiance au régime de Damas, alors que la répression en Syrie a fait plus de 2 200 tués depuis mars, selon l'ONU. Samedi, les ministres arabes des Affaires étrangères ont appelé à "mettre fin aux effusions de sang et à suivre la voie de la raison, avant qu'il ne soit trop tard."
Mme Nuland a également évoqué "la préoccupation exprimée par le...

