Le centre-ville de Beyrouth. Joseph Eid/
Depuis la guerre civile, Beyrouth est synonyme de violence, de guerre et de ruines. La capitale libanaise, qui fut surnommée le "Paris de l'Orient", a été si violemment détruite qu'une réputation de ville ravagée lui colle désormais à la peau.
"On se croirait à Beyrouth", une expression que presque tous les Libanais ont déjà entendue ou lue. Cette expression, utilisée en général par les étrangers, est même passée dans le langage courant pour désigner un désordre chaotique. Pire, l’expression est entrée en 2008 dans le dictionnaire. Un dictionnaire collaboratif en ligne et "pas très académique" certes, mais un dictionnaire quand même.
Ce dictionnaire définit la formule "C'est Beyrouth !" en ces termes : "Expression utilisée pour qualifier un bordel assez conséquent". Et poursuit avec l'exemple suivant : "J'aurais pas dû organiser une fête chez moi, maintenant c'est Beyrouth dans mon salon !"
Malgré la reconstruction, Beyrouth qui a su renaître de ses cendres, a du mal à se libérer de cette étiquette.
En juin, un article publié dans le journal australien "The Age", intitulé "Une rue de banlieue transformée en centre de Beyrouth après une fusillade", a suscité la colère de plusieurs Libanais qui ont manifesté leur mécontentement sur Twitter, certains qualifiant l'article de "blessant", d'autres soulignant que ce n'est plus le vrai visage de Beyrouth qui est montré.
S'ils ont été nombreux à s'indigner, Jad Aoun, lui, a décidé d’agir. Blogueur libanais résidant à Dubaï, il s'est fixé un but : mettre fin à l'utilisation de l'expression "On se croirait à Beyrouth". Pour l'atteindre, il a fallu un travail acharné et beaucoup d'originalité. Le jeune Libanais a plongé dans les archives des médias anglo-saxons, y a recensé plus de 120 utilisations de cette expression depuis janvier 2009, et n'a pas hésité à les publier toutes sur son blog.
Ce filtrage, simple mais colossal, n'a pourtant pas suffit à Jad Aoun. Il a décidé de frapper plus fort en lançant une initiative originale : le prix "Looks Like Beirut".

Son objectif est de sensibiliser les utilisateurs de l'expression "On se croirait à Beyrouth" en entrant en contact direct avec eux par l'envoi d'un "certificat" visant à "saluer" leur contribution à l'entretien d'un cliché éculé. Le message de Jad Aoun est clair : Beyrouth 1975 n'existe plus. La ville a été reconstruite et les Libanais en sont fiers.
Paul Millar, l'auteur de l'article de "The Age" qui a mis le feu aux poudres, a évidemment reçu son "certificat". Le blogueur libanais a également publié le courriel qu'il a envoyé au journaliste. Voici un extrait du message de M. Aoun :
"Cher Paul,
Merci de faire la lumière sur ce à quoi ressemble le “centre-ville de Beyrouth” - nous, blogueurs Libanais, avons trouvé votre dernier article très passionnant. Tant et si bien que j'ai décidé de vous envoyer par la poste (courrier classique) un certificat “Looks Like Beirut” pour votre travail acharné et dévoué visant à maintenir vivant le cliché périmé “on se croirait à Beyrouth”. (...) Au cas où vous seriez intéressé de voir à quoi ressemble aujourd'hui le centre de Beyrouth, j'ai publié quelques photos sur mon blog".
Les efforts de Jad Aoun sont largement salués par la communauté des blogueurs libanais, qui espèrent que cette campagne réussira à changer les mentalités.
Lourde tâche, puisque le dernier "certificat" date du 23 août dernier.
Mais Jad Aoun ne se fatigue pas et ne se démonte jamais. Comme Beyrouth.
"On se croirait à Beyrouth", une expression que presque tous les Libanais ont déjà entendue ou lue. Cette expression, utilisée en général par les étrangers, est même passée dans le langage courant pour désigner un désordre chaotique. Pire, l’expression est entrée en 2008 dans le dictionnaire. Un dictionnaire collaboratif en ligne et "pas très académique" certes, mais un dictionnaire quand même.
Ce dictionnaire définit la formule "C'est Beyrouth !" en ces termes : "Expression utilisée pour qualifier un bordel assez conséquent". Et poursuit avec l'exemple suivant :...


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Je le ferais encadrer, cet award, puis je l'épinglerais à la porte de la chambre de mon ado de fille... Et ça la mettrait en joie :)
10 h 44, le 26 août 2011