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À La Une - Répression

L’ambassadeur US s’est rendu dans le sud de la Syrie

Les opposants annoncent la formation d’un Conseil national pour coordonner la contestation.

Réunies à Istanbul, des personnalités de l'opposition syrienne ont annoncé mardi avoir mis sur pied un "Conseil national" destiné à coordonner leur lutte contre le régime de Damas. Osman Orsal/

L'ambassadeur des Etats-Unis s'est rendu mardi dans le sud de la Syrie, où 15 manifestants ont été tués vendredi. "L'ambassadeur Robert Ford s'est rendu ce matin à Jassem, à 65 km au sud de Damas, dans cadre d'une visite diplomatique de routine", a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'ambassade des Etats-Unis sans vouloir être identifié. "Il est depuis revenu à l'ambassade", a-t-il précisé. Jassem se trouve dans la province de Deraa, berceau du soulèvement né à la mi-mars contre le régime du président Bachar al-Assad.

Les ambassadeurs des Etats-Unis et de la France à Damas, Robert Ford et Eric Chevallier, s'étaient rendus séparément le 7 juillet dans la cité rebelle de Hama - à 210 km au nord de la capitale - qui a été le théâtre de manifestations massives, provoquant l'ire des autorités. Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem avait alors mis en garde les deux ambassadeurs contre tout déplacement hors de la capitale sans autorisation officielle. "Nous imposerons une interdiction de déplacement de plus de 25 km hors de Damas, si les ambassadeurs continuent de violer les consignes" du ministère, avait déclaré M. Mouallem.

 

Dans le même temps, l'armée et les forces de sécurité syriennes ont poursuivi leur répression menant mardi des perquisitions dans la région de Mayadine (est), notamment dans les localités de Chara, Hourirya et Tayaneb alors des chars ont été aperçus se dirigeant vers Boukamal, à la frontière avec l'Irak, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH, basé en Grande-Bretagne), citant des habitants.

 

Des opérations menées alors que le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a approuvé une résolution appelant notamment à "l'envoi urgent d'une commission d'enquête indépendante" sur place pour "mener des investigations sur les violations des droits de l'Homme en Syrie depuis mars 2011", établir les faits et les circonstances ayant conduit à de telles violations", et en "identifier les auteurs pour s'assurer" qu'ils répondent de leurs actes. A l'ouverture de la session, lundi, le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Mme Navi Pillay, avait affirmé que ces violations des droits de l’Homme "continuent à ce jour en Syrie", faisant état de 2 200 personnes tuées depuis le début de la crise en mars dernier, dont 350 personnes depuis le début du ramadan.

La Chine (avec la Russie, Cuba et l'Equateur) a voté contre la résolution, appelant cependant à la retenue et à éviter les violences, le porte-parole de la diplomatie affirmant en outre que "c'est à la Syrie de décider de l'avenir de la Syrie". La Russie et la Chine, deux membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, se sont ces derniers mois vigoureusement opposés à l'adoption d'une résolution dirigée contre le régime du président Assad. Le premier groupe chinois d'hydrocarbures a été poussé par les troubles politiques à mettre un terme à six grands projets d'exploration en Libye, Syrie, Algérie et au Niger, a annoncé mardi la presse chinoise.

 

Mardi, les pays de l'Union européenne ont, par ailleurs, annoncé avoir formellement adopté un nouveau train de sanctions contre la Syrie prévoyant un gel des avoirs et une interdiction de visas contre 15 nouvelles personnes et 5 sociétés proches du régime. L'UE a déjà adopté une série de sanctions à l'encontre de la Syrie, dont un gel des avoirs et une interdiction de voyage visant 35 personnes dont le président Assad et quatre entreprises, ainsi qu'un embargo sur les armes. Elle travaille en outre à un éventuel embargo sur les produits pétroliers importés du pays. L'Europe achète 95 % du pétrole exporté par la Syrie, ce qui représente un tiers des recettes du pays. Le 18 août, Barack Obama avait pour la première fois exigé la démission du président Assad et annoncé de nouvelles sanctions très dures contre son régime.

 

Enfin, à Istanbul, des figures de l'opposition ont annoncé mardi avoir mis sur pied un "Conseil national" destiné à coordonner leur lutte contre le régime de Damas. La décision a été prise au terme de quatre jours de discussions dans cette métropole turque, ont précisé des participants lors d'une conférence de presse.

"Le Conseil doit se réunir dans environ deux semaines afin d'élire les membres de sa direction et son secrétaire (...) Lorsqu'il se réunira, il adoptera aussi ses statuts", a indiqué à l'AFP Louay Safi, un politologue vivant aux Etats-Unis. Le conseil mis sur pied regroupe des représentants de l'ensemble de l'opposition syrienne, de l'intérieur et de l'extérieur de la Syrie, ont tenu à insister les participants. "L'union de tous les groupes d'opposition est une nécessité en dépit des dangers. Les fondateurs de ce conseil appartiennent à des tendances politiques opposées", a souligné Halis Halihi qui a lu la déclaration finale. "Vous pouvez considérer ce conseil comme une étape vers la création d'un organe représentatif" de la révolution syrienne, a souligné, de son côté, Yaser Tabbara, un avocat habitant aussi aux Etats-Unis, présent à Istanbul. "Notre principale priorité est la chute du régime du président Bachar al-Assad", avait dit ce même militant dimanche.

 

L'ambassadeur des Etats-Unis s'est rendu mardi dans le sud de la Syrie, où 15 manifestants ont été tués vendredi. "L'ambassadeur Robert Ford s'est rendu ce matin à Jassem, à 65 km au sud de Damas, dans cadre d'une visite diplomatique de routine", a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'ambassade des Etats-Unis sans vouloir être identifié. "Il est depuis revenu à l'ambassade", a-t-il précisé. Jassem se trouve dans la province de Deraa, berceau du soulèvement né à la mi-mars contre le régime du président Bachar al-Assad.
Les ambassadeurs des Etats-Unis et de la France à Damas, Robert Ford et Eric Chevallier, s'étaient rendus séparément le 7 juillet dans la cité rebelle de Hama - à 210 km au nord de la capitale - qui a été le théâtre de manifestations massives, provoquant l'ire des autorités. Le ministre syrien...
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