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Liban - Le Commentaire

Rencontre des leaders maronites : une passerelle virtuelle vers un pacte national rénové...

En rassemblant régulièrement les quatre leaders maronites, Bkerké parviendra-t-il à leur faire conclure un accord de fond ? Tournant, évidemment, autour des moyens à mettre en œuvre pour assurer la souveraineté, la liberté et l’indépendance de la mère-patrie. En la gardant à l’écart des conflits extérieurs. Pour que cela ne se traduise plus par des déchirements intérieurs entre partisans d’un axe ou d’un autre. Ce qui ne cesse de mettre en péril le concept vital de la coexistence et de l’unité nationale. Le Liban payant lourdement le prix, tant en ce qui se rapporte à son autonomie de décision que sur le plan économique.
Alors que ce pays a tout pour réaliser le projet de devenir un centre mondial de dialogue permanent entre les civilisations, les cultures et les religions. Dans un cadre de neutralité positive. Tout comme, au niveau local, à travers la mise en place, attendue depuis Taëf, d’une large décentralisation administrative de développement, facilitant la vie de la population.
Surtout que la concentration ne colle plus avec l’évolution des spécificités de chaque composante du pays. Sans compter qu’à cause de ce système fermé, la lutte pour le pouvoir prend une coloration bien plus confessionnelle que politique. Alors qu’en cas de décentralisation, cette sorte de joute éclaterait en mille morceaux, en perdant de sa nocivité. Elle se trouverait, en effet, réduite à des tiraillements localisés, sur des questions d’environnement ou de fonctionnement municipal.
L’expérience montre clairement que le Liban ne peut se stabiliser, et se reposer, que si ses fils s’entendent sur une nouvelle formule de vivre en commun leur assurant la souveraineté, la liberté, l’indépendance et la prospérité. Les chrétiens sont devenus une minorité presque diaphane. Ils ne peuvent cesser de songer à émigrer, à s’accrocher à leur terre, que si on leur garantit la sécurité, la sûreté, par la stabilité politique et économique. Autrement, ils resteraient voués à l’appauvrissement, et, tôt ou tard, obligés de partir.

 Objectif
C’est bien pourquoi les leaders chrétiens, maronites en tête, doivent œuvrer pour un Liban souverain, libre, indépendant, stable et prospère. Peu importe, alors, qui tient les rênes, quel chef, quelle fraction ou même quelle communauté. Quand les dirigeants préservent avec probité le principe même du Liban, le compte y est. Et cela se fait en servant le public, et l’intérêt national, non en tirant soi-même profit. La seule allégeance allant à la nation.
Il faut le rappeler : le conflit récurrent sur l’identité de la partie qui détient, ou tente de détenir, le pouvoir découle en grande partie de la peur qui étreint les chrétiens. Un sentiment qui s’explique par le danger, toujours présent, de voir leur pays, leur création, se noyer dans d’autres entités, en être gobé. Disparaître, en somme.
L’on a cherché, dès le départ, à traiter cette appréhension chronique. En confiant la présidence de la République aux chrétiens, mais également les principaux postes de commandement politique, administratif, judiciaire, militaire ou policier.
Mais le plus rassurant, c’est sans doute de voir que la devise Liban d’abord est désormais brandie par une large fraction de musulmans. Et, selon toute probabilité, il ne s’agit pas d’un choix circonstanciel, provisoire, mais d’une vraie conviction. Renforcée en quelque sorte par le sang payé...
Le but serait maintenant que l’élément confessionnel devienne tout à fait secondaire. L’important étant non pas l’appartenance communautaire des responsables, mais leur efficacité, leur rendement, leur mérite, leur compétence, leur probité, leur rectitude, leur loyauté au public.
Quant à l’arabité du Liban, elle est inscrite dans ses veines comme dans sa Constitution. Mais ne doit jamais signifier un engagement de parti pris aux côtés d’un protagoniste extérieur, arabe ou autre. Il est d’ailleurs entendu, dans le pacte, que le Liban est aux côtés des Arabes quand ils sont d’accord entre eux, et qu’il reste neutre en cas de mésentente. En s’efforçant, si c’est possible, de jouer les conciliateurs et les traits d’union. Mais ce principe originel, les parties locales l’ont bien oublié...
Et cela explique le scepticisme d’hommes d’expérience à l’égard des rencontres maronites au top niveau. Ils rappellent que les leaders concernés peuvent difficilement s’entendre tant qu’ils suivent des axes extérieurs opposés, ou qu’ils coopèrent avec eux sans leur être soumis. En leur permettant de la sorte de s’immiscer dans les affaires intérieures libanaises. D’où, au niveau chrétien, une lutte de pouvoir qui n’est pas près de s’éteindre...
En rassemblant régulièrement les quatre leaders maronites, Bkerké parviendra-t-il à leur faire conclure un accord de fond ? Tournant, évidemment, autour des moyens à mettre en œuvre pour assurer la souveraineté, la liberté et l’indépendance de la mère-patrie. En la gardant à l’écart des conflits extérieurs. Pour que cela ne se traduise plus par des déchirements intérieurs entre partisans d’un axe ou d’un autre. Ce qui ne cesse de mettre en péril le concept vital de la coexistence et de l’unité nationale. Le Liban payant lourdement le prix, tant en ce qui se rapporte à son autonomie de décision que sur le plan économique.Alors que ce pays a tout pour réaliser le projet de devenir un centre mondial de dialogue permanent entre les civilisations, les cultures et les religions. Dans un cadre de neutralité...
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