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La Syrie intimide aussi ses expatriés

Le Wall Street Journal révèle que la répression contre les opposants au régime de Bachar el-Assad dépasse les frontières de la Syrie, grâce au réseau des ambassades syriennes.

La répression perpétrée par le régime syrien ne connaît pas de frontières. A travers une enquête réalisée par deux journalistes, le Wall Street journal met en lumière les agissements des diplomates syriens à travers le monde pour contrer les élans de soutien aux manifestants de Syrie. Selon le quotidien, qui cite six Américano-Syriens, le personnel des ambassades recherche et photographie les manifestants. Les diplomates, dont l'ambassadeur à Washington, qualifient de « traîtres » les dissidents de la diaspora syrienne.

Selon trois autres personnes entendues par le FBI ces dernières semaines et citées par le quotidien, la sûreté fédérale enquête actuellement pour savoir si l'ambassadeur syrien, Imad Mustapha, et le personnel de l'ambassade ont menacé des Américano-Syriens. Le Département d'Etat avait déjà haussé le ton le mois dernier contre Imad Mustapha, arguant que le personnel de l'ambassade avait mené « une surveillance vidéo et pris des photos des participants aux manifestations pacifiques aux Etats-Unis ». « Le gouvernement américain prend très au sérieux les rapports relatifs à toute action d’un gouvernement étranger visant à intimider des individus vivants aux Etats-Unis et qui exercent leur droit légitime de liberté de parole tel que protégé par la Constitution américaine », avait-il affirmé.

Dans une interview accordée mardi au quotidien, l'ambassadeur Mustapha a rejeté les accusations, dénonçant des « mensonges et une pure calomnie », avant d’ajouter : « L'ambassade de Syrie met au défi le Département d'Etat de pouvoir fournir ne serait-ce qu'une minuscule preuve qui montrerait que l'ambassade a harcelé ou surveillé qui que ce soit ».

Mais les témoignages des Syriens rapportés par les journalistes du Wall Street journal sont édifiants. Par exemple, celui de Malek Jandali, « un compositeur et pianiste qui a joué sa chanson ‘Je suis ma patrie’ lors d’un rassemblement dans un parc en face de la Maison Blanche le 23 juillet ». Quatre jours après, ses parents ont été attaqués et battus à Homs, en Syrie, affirme M. Jandali qui précise que quand les agents de sécurité syriens ont agressé ses parents, ils se référaient spécifiquement à lui, disant notamment : « Voilà ce qui arrive lorsque votre fils se moque de nous ».

« Ils veulent nous intimider, où que nous soyons », déclare pour sa part Hazem Hallak, un scientifique américano-syrien qui vit à Philadelphie. M. Hallak affirme que son frère Sakher a été torturé et tué en mai dernier par les services secrets syriens à son retour d'une conférence aux Etats-Unis. A Alep (nord-ouest de la Syrie), des agents ont cherché à obtenir une liste des militants et des responsables américains rencontrés par Sakher lors de son séjour outre-Atlantique. Selon M. Hallak, son frère a été suivi aux Etats-Unis. Il précise que ce dernier n'était pas impliqué dans des activités contre le régime syrien.

Selon le Wall Street Journal, les diplomates syriens surveillent aussi les expatriés syriens en Europe et en Amérique latine. Le quotidien rapporte ainsi l’histoire de Naima Darwish, une designer de mode vivant au Chili. Naima Darwish a été contactée par le chargé d’affaire de l’ambassade syrienne à Santiago deux jours après avoir lancé sur Facebook une invitation pour une manifestation visant à dénoncer la violence du régime syrien. Lors de sa rencontre avec le diplomate autour d’un café, celui-ci l’a menacée, lui demandant d’arrêter d’organiser des actions antigouvernementales si elle voulait pouvoir rentrer un jour en Syrie. L’ambassade syrienne au Chili n’a pas voulu commenter cette information, précise le journal.

La répression perpétrée par le régime syrien ne connaît pas de frontières. A travers une enquête réalisée par deux journalistes, le Wall Street journal met en lumière les agissements des diplomates syriens à travers le monde pour contrer les élans de soutien aux manifestants de Syrie. Selon le quotidien, qui cite six Américano-Syriens, le personnel des ambassades recherche et photographie les manifestants. Les diplomates, dont l'ambassadeur à Washington, qualifient de « traîtres » les dissidents de la diaspora syrienne.
Selon trois autres personnes entendues par le FBI ces dernières semaines et citées par le quotidien, la sûreté fédérale enquête actuellement pour savoir si l'ambassadeur syrien, Imad Mustapha, et le personnel de l'ambassade ont menacé des Américano-Syriens. Le Département d'Etat avait déjà...
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