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Nos lecteurs ont la parole

Les lecteurs ont voix au chapitre

Quel Liban voulez-vous ?

 

On se félicite chaudement de l’entrée du Franco-Libanais Amin Maalouf à l’Académie française en partant du principe qu’en siégeant aux côtés de ses pairs, les immortels, une partie de la patrie natale de Maalouf siège avec lui sous l’illustre coupole. Cela aurait été vrai ailleurs, valable pour d’autres pays. Dans ce cas précis, une question s’impose : de quel Liban s’agit-il ? Quel Liban aura le privilège d’être associé à ce temple de l’érudition et de la culture, mais aussi de la tolérance et de l’équité, qu’est l’Académie française ?
Est-ce celui auquel a rêvé Tanios ? Celui même de Gibran Khalil Gibran et de Charles Malek ? Celui des lois desquelles Beyrouth tient sa magnifique devise « Nutrix Legum » ? Le Liban de la Déclaration universelle des droits de l’homme, du savoir, de la vie, de la connaissance et de la culture ? Le Liban où l’on vient apprendre et étudier ? Où l’on vient aussi se réfugier, terre d’asile pour toutes les minorités opprimées ? Ou bien l’autre Liban, celui qui fait effrontément et sans vergogne l’apologie d’un régime qui a plus de sang sur les mains que tous les bouchers des abattoirs de Beyrouth réunis ? Un Liban qui n’hésite pas à approuver l’écrasement par les blindés d’un peuple désarmé pour lui apprendre à se révolter. Ce Liban même qui ferme ses frontières face à des réfugiés démunis et implorants, livre à une mort certaine des soldats qui ont eu le malheur de croire en l’équité de notre pays et, parallèlement, sanctifie des assassins et absout des criminels. Aujourd’hui plus que jamais, il faudra choisir entre le Liban en lequel le pape Jean-Paul II voyait un message et une mission, et ce déchaînement de forces dont le bruit des bottes qui paradent et des slogans hurlés à pleins poumons sont en train de couvrir la voix claire et pondérée de la tolérance et de la justice. Il faudra du courage, mais il faudra choisir.

Eddy TOHMÉ

Feux d’artifice

 

De nos jours, un ministre fraîchement élu a droit à des gerbes de 7 à 36 feux d’artifice multicolores avec des effets fantastiques et grandioses, pour célébrer son triomphe dans le monde de la politique. On ne sait jamais : peut-être que l’occasion ne se représentera plus...
Des gâteaux aussi en electric sparker ou des fontaines sont devenus un must pour célébrer la naissance du premier bébé, surtout si c’est un garçon. Pour un mariage, il ne faut pas oublier que les plus lumineux tiennent toujours le premier rôle, en chrysanthemum, ou en dahlia, et les choix sont divers. C’est qu’il faut à tout prix faire la fête, même si, bizarrement, certaines de ces manifestations tournent au divorce après quelques mois. Mais la question essentielle que se pose tout Libanais en cette saison chaude et devant tous ces incendies causés par des célébrations nocturnes dont certaines tournent au drame avec des blessés totalement étrangers à l’occasion.
Existe-t-il une loi qui réglemente l’utilisation des feux d’artifice ? Pourquoi, à l’ instar de tous les pays du monde, le ministre de l’Intérieur n’envoie-t-il pas une personne techniquement qualifiée pour contrôler ces explosions (c’est bien le mot...) ? Qui vend ces pétards et les vendeurs ont-ils un permis comme c’était le cas avant 1975 ? Enfin, n’y a-t-il pas une heure fixe pour célébrer la fête ? Est-il permis de secouer toute la capitale jusqu’aux premières heures de l’aube pour prouver son importance ?
De grâce messieurs les responsables, intervenez, mais vite !

Nazira A. SABBAGHA

L’étude de Hassan Rifaï

 

« Quand le Hezbollah achetait le Liban » est une remarquable étude, qui révèle avec beaucoup de sérénité et d’objectivité un grand bouleversement géopolitique national en cours susceptible de se répercuter sur le plan régional.
Cet excellent exposé est à la fois descriptif de l’évolution du panorama de la realpolitik libanaise, mais aussi anticipatif des actions à mettre en place, pour qu’au-delà des changements démographiques inéluctables qui s’y opèrent, le respect fondamental de la sigha continue à être scrupuleusement et également respecté par toutes les composantes de son tissu social. République message et berceau elle aussi des religions monothéistes qui peuplent cet Orient qui ploie souvent sous le poids de la complexité des relations intercommunautaires, le Liban doit perdurer contre vents et marées pour perpétuer à travers l’histoire ses traditions de cohabitation multicommunautaire, de tolérance et de respect des spécificités de tous ses habitants.
Bravo et merci M. Rifaï pour votre sens de la citoyenneté et de la solidarité nationale !

Salim F. DAHDAH

Quel Liban voulez-vous ?
 
On se félicite chaudement de l’entrée du Franco-Libanais Amin Maalouf à l’Académie française en partant du principe qu’en siégeant aux côtés de ses pairs, les immortels, une partie de la patrie natale de Maalouf siège avec lui sous l’illustre coupole. Cela aurait été vrai ailleurs, valable pour d’autres pays. Dans ce cas précis, une question s’impose : de quel Liban s’agit-il ? Quel Liban aura le privilège d’être associé à ce temple de l’érudition et de la culture, mais aussi de la tolérance et de l’équité, qu’est l’Académie française ? Est-ce celui auquel a rêvé Tanios ? Celui même de Gibran Khalil Gibran et de Charles Malek ? Celui des lois desquelles Beyrouth tient sa magnifique devise « Nutrix Legum » ? Le Liban de la Déclaration universelle des...
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