Le milliardaire américain Warren Buffett, à la tête d'une fortune de 50 milliards de dollars. Anthony Bolante/
« Douze membres du Congrès vont bientôt commencer le travail crucial de réorganisation des finances de notre pays, écrit M. Buffett. On leur a demandé de mettre en place un plan qui réduit le déficit de dix ans d’au moins 1 500 milliards de dollars ». Pour atteindre ce résultat, voici ce que le gourou de la finance propose : augmenter le taux d'imposition sur les revenus pour « ceux qui gagnent plus d’un million de dollars par an – soit 236 883 ménages en 2009 ». Et augmenter plus encore ce taux d'imposition pour « ceux qui gagnent dix millions de dollars et plus –soit 8 274 ménages en 2009 ».
« Nos dirigeants ont demandé le partage des sacrifices », continue Warren Buffett. « Mais quand ils ont fait cette demande, ils m’ont épargné. J’ai vérifié auprès de mes amis méga-riches pour savoir à quels sacrifices ils s’attendaient. Eux non plus n’avaient pas été touchés », affirme M. Buffett, 81 ans, dont la fortune est estimée, selon le classement du magazine Forbes en 2011, à 50 milliards de dollars. « Pendant que les classes pauvre et moyenne se battent pour nous en Afghanistan, et alors que la plupart des Américains luttent pour joindre les deux bouts, nous méga-riches continuons de bénéficier de réductions d’impôts extraordinaires », s'indigne M. Buffett. L’année passée, son taux d’imposition représentait uniquement 17,4% de ses revenus imposables, affirme-t-il, « ce qui est inférieur au pourcentage payé par les vingt autres personnes travaillant dans mon bureau ». Des personnes imposées, elles, à des taux variant de 33 à 41%. « Il est temps que notre gouvernement devienne sérieux en ce qui concerne les sacrifices partagés, souligne-t-il encore. Nous avons longtemps été gâtés par le Congrès ».
« Je connais bien beaucoup de méga-riches, poursuit M. Buffett. Ils aiment l’Amérique et apprécient les opportunités que ce pays leur a donné. La plupart d'entre eux ne s’opposeraient pas à la demande de payer plus de taxes, surtout quand tant de leurs concitoyens souffrent vraiment ».
De plus, poursuit le financier, une hausse des impôts pour les riches n’aura pas de conséquences négatives sur l’économie, puisqu’elle ne nuira ni à l’emploi, ni à l’investissement. « Pendant les années 80 et 90, les taux d’imposition étaient bien plus élevés, conclut M. Buffett. Je n’ai pas refusé cela, les autres non plus. Les gens investissent pour gagner de l'argent, et une imposition potentielle ne les a jamais fait fuir ».
Le Congrès américain est parvenu à un accord de dernière minute, le 2 août dernier, sur le relèvement du plafond de la dette, alors que le pays était à deux doigts du défaut de paiement et après des semaines de bras de fer entre républicains et démocrates. Le texte prévoit des coupes budgétaires mais aucune hausse d'impôts.
Il y a quelques mois, Warren Buffett et Bill Gates avaient appelé leurs homologues « méga-riches » à donner au moins la moitié de leur fortune à des œuvres caritatives.
« Douze membres du Congrès vont bientôt commencer le travail crucial de réorganisation des finances de notre pays, écrit M. Buffett. On leur a demandé de mettre en place un plan qui réduit le déficit de dix ans d’au moins 1 500 milliards de dollars ». Pour atteindre ce résultat, voici ce que le gourou de la finance propose : augmenter le taux d'imposition sur les revenus pour « ceux qui gagnent plus d’un million de dollars par an – soit 236 883 ménages en 2009 ». Et augmenter plus encore ce taux d'imposition pour « ceux qui...


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M Buffett s'était révolté contre la suppression des droits de succession par l'administration ultra conservatrice de GW Bush. Avec M Gates ils ont décidé de transférer l'essentiel de leur patrimoine aux oeuvres caritatives. Ils s'attaquent désormais aux impôts sur le revenue des mieux nantis. Il a compris qu'on n'emporte rien avec soi mais surtout qu'il doit au système l'essentiel de sa fortune. Facile à comprendre non? Eh bien non... Roy ALLAM
13 h 18, le 16 août 2011