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À La Une - Exposition

Femmes, femmes, femmes...

L’espace Art Lounge a installé sa grande exposition d’été dans une ancienne magnanerie à Maasser Beiteddine*. Dans ces murs qui ont abrité des générations d’ouvrières – la main-d’œuvre des filatures de soie était essentiellement féminine –, les femmes sont de retour. À travers une variété d’œuvres artistiques cette fois !

Marlène Dietrich et Liz Taylor, éternelles icônes, éternelles inspiratrices des artistes à travers les époques.

Des femmes, rien que des femmes déclinées sous toutes leurs formes. Artistiques. Une soixantaine d’œuvres, entre peintures, sculptures, photographies, installations et vidéos de quarante artistes libanais et étrangers, décrivant l’éternel féminin. Voilà ce que présente le Art Lounge dans sa grande exposition d’été. Un sujet « attrayant » qui incitera les amateurs d’art – et de femmes – à faire le chemin jusqu’à Beiteddine. Et une balade qui vaut le détour, non seulement du point de vue artistique, la pléthore d’œuvres exposées de différents styles et factures réservant quelques belles surprises, mais également recommandée pour la découverte d’un patrimoine spécifique à la montagne libanaise : ces magnaneries de soie à l’architecture typique qui étaient largement répandues dans les villages libanais aux XIXe
siècle.
On est bien là fidèle à l’esprit Art Lounge. Cet espace d’expositions et de performances, dirigé par Nino Azzi et Hala Khattar, déjà installé dans une ancienne usine, corniche du Fleuve à Beyrouth, a pour marque de fabrique (si l’on peut dire !) une volonté délibérée de toujours investir des bâtiments désaffectés pour leur insuffler, au moyen de l’art, une vie nouvelle.
Pour en revenir au contenu de l’exposition tout simplement intitulée « Women in Arts » ou « Femmes à travers les arts », il y a là, on s’en doute, toutes les représentations possibles et imaginables de la féminité.
De la femme fatale à la figure maternelle, en passant par l’icône glamour, l’amoureuse, la femme enfant, la femme réinventée ou encore la femme emprisonnée. Cette dernière pouvant tout aussi bien être prisonnière de son voile que du glamour imposé par les médias. C’est ce que semble dénoncer Tala Saadé, nouvelle venue sur la scène artistique libanaise, dans un duo sculpture et installation en mixed-médias aux accents subversifs composé d’une poupée iranienne et d’une paire de jambes en talons – douloureusement – aiguilles !
Parmi les diverses visions de la femme présentées au cours de cette exposition, certaines sont d’une provocation inattendue de la part d’artistes arabes (le virulent mixed-média du Jordanien Omar el-Zoghbi, par exemple, ou dans le style « écorché », la violente anatomie féminine de Youssef Shawki ou le portrait de femme à cœur ouvert et sanguinolent de Benoît Debanné), d’autres sont plus traditionnellement imprégnées de fascination et de fantasmes. À l’instar des nus (collages réimprimés sur toiles) de Marwan Nahlé, ou en photo de Georges Zouein qui s’est amusé à revisiter la célèbre pose sur tapis rouge de Marilyn Monroe.
Dans la catégorie glamour, pop art, pin-up et starlettes, on retrouve, aux côtés des œuvres d’artistes libanais, des pièces d’artistes internationaux dont : l’une des célèbres sérigraphies de Liz Taylor pop art d’Andy Warhol (certifiée par le marchand d’art new-yorkais Léo Castelli ) ; un tirage des années 40 d’un époustouflant avant-gardisme du photographe allemand Erwin Blumenfeld ; des œuvres typiquement pop art des Américains Marc Ferrero et Mel Ramos, ou encore une épreuve d’artiste (édition 7 sur 15) de Rupert Smith, l’assistant de Warhol...
Plus contemporaines, les sérigraphies sur métal du fameux artiste urbain américain Shepard Fairey, dit Obay, ainsi qu’une hyperréaliste peinture sur toile de Philippe Huard représentant le sigle de la Croix-Rouge, aux couleurs inversées, couvrant le visage de Marlène Dietrich.
Un peu plus loin, une représentation en digital art de la diva arabe de Jihad Ramadan côtoie les starlettes de la Croisette captées par la caméra de Jean-Daniel Lorieux, et les silhouettes en tôle peintes de Gulène Der Boghossian ondulent devant l’œil impavide de La Javanaise, une belle sculpture en bois grandeur nature d’une femme des îles réalisée par un artiste indonésien. Entre femmes et poupées, les peintures et collages de tissus sur toile de Rima Chahrour font face aux portraits féminins de Mario Saba, imprégnés de sa vision chaotique du monde et des êtres...
Il est impossible d’énumérer l’ensemble des œuvres présentées, il faut signaler néanmoins une intéressante sélection de photos dans cet accrochage. Qui décline des travaux aussi différents que ceux de Lara Zankoul, Leila Ghandi et Joumana Medlej. La première place ses sujets – féminins, bien sûr – dans des univers d’un onirisme poétique et délicat, tandis que les deux autres privilégient les portraits rapprochés exotiques, mais réalistes et de grand format. Ou encore, pour Joumana Medlej, la calligraphie symbolique. Celle qui trace la définition même de l’univers féminin à partir du simple mot « hya » (elle, en arabe).
À découvrir. Jusqu’au 30 septembre.

* Aux flèches routières Barouk-Beiteddine, prendre la direction Beiteddine, puis la descente 100 mètres plus loin. Horaires d’ouverture : du mercredi au samedi, de 15h00 à 21h00.
Des femmes, rien que des femmes déclinées sous toutes leurs formes. Artistiques. Une soixantaine d’œuvres, entre peintures, sculptures, photographies, installations et vidéos de quarante artistes libanais et étrangers, décrivant l’éternel féminin. Voilà ce que présente le Art Lounge dans sa grande exposition d’été. Un sujet « attrayant » qui incitera les amateurs d’art – et de femmes – à faire le chemin jusqu’à Beiteddine. Et une balade qui vaut le détour, non seulement du point de vue artistique, la pléthore d’œuvres exposées de différents styles et factures réservant quelques belles surprises, mais également recommandée pour la découverte d’un patrimoine spécifique à la montagne libanaise : ces magnaneries de soie à l’architecture typique qui étaient largement répandues dans les...
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